Un regard sur la manière dont les médias présentent le mouvement de contestation par Azar Majedi,une des dirigeantes du Parti d’unité communiste-ouvrière.
L’Iran est en première des nouvelles internationales. Qu’est ce qui a conduit aux manifestations de masse ? Comment est-ce que la situation a changé si dramatiquement en une semaine ? Qu’est ce que veulent les gens ? Qu’est-ce que le mouvement de protestation va devenir ? Ces questions sont répétées de manière répétitive sur toutes les chaînes de télé et dans la presse. Différents analystes politiques et universitaires européens ou américains d’origine iranienne, avec des degrés d’allégeance variable au soi-disant camp réformiste, sont invités à faire la lumière sur la situation. Tous ces commentateurs partagent l’assomption suivante : « le peuple d’Iran ne veut pas la révolution ». Par là, ils veulent dire que la population ne veut pas jeter par-dessus bord le régime islamique. Ils disent que le peuple veut une évolution, un changement graduel. Ils insistent sur le fait que les gens veulent des changements mineurs dans le système politique, juste un peu plus de liberté. Ils expliquent qu’ils protestent contre Ahmadinejad et l’élection truquée, pas contre le régime islamique. Donc, que si Moussavi devient président, tout devient normal.
Voilà le noyau de toutes les analyses proposées par les médias internationaux. Depuis le soit disant « anti-impérialiste » de gauche Robert Fisk dans l’Independent, jusqu’aux journalistes de droite du Financial Times, ils répètent tous la même chose. Le premier proclame catégoriquement que le peuple d’Iran « est heureux du régime islamique ». Il répète incessamment le cliché « anti-impérialiste » selon lequel le peuple d’Iran « ne veut pas que l’Occident lui dise ce qu’il doit faire. Ils ne veulent pas être comme en occident » (cité d’après Aljazeera en anglais). Comme si vouloir en finir avec le régime islamique, vouloir en finir avec la tyrannie religieuse, avec l’apartheid sexuel, la répression, la pauvreté et la corruption étaient par défaut des aspirations occidentales et non des aspirations humaines universelles. Comme si, même si on les appelait occidentales, cela les discréditerait. Selon Fisk, le peuple d’Iran est loyal à la révolution « islamique ». Ils veulent seulement en finir avec Ahmadinejad.
Le reporter du Financial Times, aux new du matin sur GMTV, a exprimé son désaccord avec mon communiqué disant que « c’est le début de la fin pour le régime islamique ». Elle a maintenu que le peuple en Iran « ne voulait pas de révolution. Ils veulent une évolution et un peu de liberté. Ils veulent pouvoir mettre des T-shirts s’ils en ont envie ».
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