Campagne de désinformation du régime islamique

3 07 2009

Extraits de l’interview de Fariborz Pooya par TV International, retranscrits sur le blog du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran :

Patty Debonitas: Il y a eut des manifestations de masse en Iran ces dernières semaines. De nombreux manifestants ont été blessés ou tués et le rôle des forces de sécurité du régime, en particulier des brutales milices du Bassidj, a été de plus en plus observé et dénoncé. Le régime islamique d’Iran, pourtant, a déclaré que les violences aveugles ne viennent pas de ses forces mais “d’imposteurs armés qui se sont présentés comme des forces de sécurité”. Hossein Taeb, commandant du Bassidj d’Iran, a dit que “les forces du Bassidj ne sont pas autorisées à porter des armes”. Azizallah Rajabzadeh, Chef de la Police de Téhéran, a lui-aussi insisté que son département n’avait aucune responsabilité dans les meurtres. “Les policiers ne sont pas autorisés à utiliser des armes contre la population”, a-t-il dit, “ils sont entrainés à n’utiliser que les outils anti-émeutes pour protéger les gens des dangers”.

Fariborz Pooya: Ces déclarations ridicules seraient amusantes si la réalité n’était pas aussi scandaleuse. Le bilan du régime islamique d’Iran est marqué par la répression violente et le meurtre de ses opposants et de quiquonque transgresse ses lois depuis trois décennies. Le régime est né de la répression de la révolution iranienne. Une centaine de millier de personnes ont été exécutées par ce régime, beaucoup sans aucun procès, et pendus aux places des villes ou enterrer dans des charniers.

La différence c’est que maintenant le peuple du monde entier est capable de suivre de très près ce qui se passe en Iran, grâce à la technologie qui est désormais accessible à de larges parts de la population. C’est pourquoi malgré la censure du régime, le monde a pu suivre des informations actualisées sur les protestations et les revendications populaires et a pu voir de façon directe la brutalité et la violence aveugle du régime. Malgré les nombreuses preuves, le régime continue de fabriquer des mensonges. C’est une partie intégrante et un aspect de sa machine de propagande et de désinformation. Les gens en Iran sont conscients de ces mensonges et n’en croient pas un mot. Nous savons par exemple que souvent des gens arrêtés sont accusés de déviances sexuelles, d’être des ennemis de Dieu, des apostolats ou des agents de puissances étrangères.

Ainsi, malgré les nombreuses preuves et rapports qui font état de plus de 250 tués, ils ont l’audace de dire le contraire. C’est un aspect de leur pratique normale, mais ce qui est un changement, c’est qu’ils ont été pris en flagrant délit. Le monde ne les a pas vu pendre la jeune Delara Darabi alors que le tribunal avait accordé une suspension de peine pour deux mois, lapider Maryam Ayoubi jusqu’à la mort, ou fouetter les militants ouvriers du Premier Mai, mais le monde a vu les derniers événements sans la manipulation habituelle des médias contrôlés par l’Etat.

Patty Debonitas: Ahmadinejad a ditque la mort de Neda Agha-Soltan, agée de 27 ans, était suspecte ! Il a demandé à Shahroudi, Chef Judiciaire du régime, d’enquêter sur son meurtre.

Fariborz Pooya: Évidemment Ahmadinedjad a été secoué par la colère internationale et la sympathie pour les protestataires et pour Neda. Elle est devenue un symbole de ce mouvement de protestation et de la brutalité du régime contre le peuple d’Iran. Ces derniers jours, il y a eut une augmentation de ce type de désinformation par le régime islamique et ses réseaux contrôlés par l’Etat, dont Press TV, sa chaîne de télé en anglais. Ils prétendent que Neda n’a pas été assassinée par la milice du régime islamique et nient que les Bassidjis étaient dans les rues de Téhéran. Et cela malgré le témoignaged’un docteur présent sur les lieux et qui a tenté de la sauver ; il était le premier a diffuser la nouvelle de son assassinat et il n’est pas surprenant qu’il soit maintenant sous mandat d’arrêt. Il y a aussi les témoignages visuels qu’elle a été abbatue par des snipers bassidjis, le fait que des gens aient tenté de les attrapper, etc. Bien sûr, tout cela est nié par le régime.

Qu’Ahmadinejad, après dix jours, décide d’aller à la tête de la Justice Islamique et demande une enquête est la conséquence de la colère et pas parce que, prétend-t-il, ce serait “une conspiration contre les règles de Dieu” ! En ce qui nous concerne (et pour un nombre incalculable de personnes dans le monde), les responsables du meurtre sont au gouvernement ! Si vous vous souvenez, lors d’une récente prière du vendredi, Khamenei, le leader suprême du régime islamique, appelait à la répression des manifestations et faisait des menaces directes à quiquonque descendrait dans la rue. Il ordonnait le meurtre des gens, dont Neda, depuis sa tribune. Nous savons que ceux qui sont directement responsables pour ce crime et de nombreux autres sont à la direction du régime. Ils seront jugés quand ce gouvernement sera renversé.

Patty Debonitas: Tu as mentionné Press TV ; il y a des publicités pour Press TV dans les bus et métros de Londres proclamant que cette chaîne est “la voix des sans-voix”. George Galloway, député de Respect, a un show sur cette chaîne et a aussi défendu le régime depuis cette tribune.

Fariborz Pooya: Press TVest la chaîne satellite officielle du régime en anglais et propage chaque jour la version du régime sur les faits. George Galloway est maintenant à la solde du régime islamique. S’il soutenait politiquement le régime dans le passé, aujourd’hui ils le paient pour le faire. Il soutient Ahmadinejad et par association la politique du régime islamique et les atrocités actuelles, dont les meurtres. Un téléspectateur a appelé pendant son show depuis l’Afrique du Sud pour dire que les élections en Iran ressemblaient aux élections pendant la période de l’apartheid où seul un certain groupe de personnes était autorisé à se présenter. Galloway a répondu que l’Iran était un pays islamique et que c’est sa nature ; selon lui chaque pays a une nature qui leur est propre. Gaklloway justifie un régime islamique brutal et fascisant en Iran. Le point de vue de cette soi-disant gauche anti-coloniale, anti-impérialiste et tiers-mondiste a conduit Galloway a choisir le régime islamique et l’Islam politique contre le peuple d’Iran.

Avec la chute du régime islamique, ces gens vont disparaître et on ne s’en souviendra que comme des supporters de la dictature. George Galloway est une extension de l’inhumaine machine de propagande du régime islamique et il convient de s’en souvenir.

Voir l’interview complète sur TV International (en anglais)


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