Témoignage d’un garçon victime de viols en détention

23 08 2009

Dans son édition du 22 août, The Times a publié un article signé Homa Homayoun, « Iranian boy who defied Tehran hardliners tells of prison rape ordeal« , basé sur l’histoire d’un adolescent de 15 ans victime de viols  dans les prisons de la République Islamique. Traduction de larges extraits :

Le garçon de 15 ans est assis dans un foyer au centre de l’Iran, son corps et son esprit brisés. Reza ne sortira pas, il est terrifié d’être seul. Il dit qu’il veut en finir avec la vie et ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi : pour avoir osé porter le bracelet vert de l’opposition iranienne, il a été enfermé pendant 20 jours, battu, violé de façon répétée et subi des humiliations et des abus sexuels dans le style de ceux pratiqués à Abu Ghraib pour lesquels le régime iranien avait dénoncé les Etats-Unis.

« Ma vie est finie. Je ne crois pas que je pourrais jamais guérir » dit-il, lorsqu’il relate ce qu’il a vécu au Times, à la condition que son identité ne soit pas relevée. Un médecin qui le soigne, en prenant des risques, confirme qu’il est suicidaire et qu’il porte des effroyables blessures compatibles avec son histoire. La famille est désespérée et cherche à trouver un moyen de fuir l’Iran. (…)

Ce qu’a subi ce garçon montre jusqu’où peut aller un régime qui proclame être le champion des valeurs islamiques lorsqu’il s’agit de réprimer des millions de ces propres citoyens qui considèrent que la réélection d’Ahmadinejad était frauduleuse.

Le calvaire de Reza a commencé mi-juillet lorsqu’il a été arrêté avec une quarantaine d’adolescents lors d’une manifestation de l’opposition dans une grande ville de province. La plupart d’entre eux étaient trop jeunes pour avoir voté. Ils ont été emmenés dans ce qu’ils pensent avoir été un poste des bassidjis où on leur a bandé les yeux, déshabillés, fouettés avec des câbles puis enfermés dans un container en acier. Cette première nuit, Reza a été choisi par trois hommes en civil (…). Alors que les autres garçons regardaient, ils l’ont poussé à terre. Un tenait sa tête contre le sol, l’autre était assis sur son dos et le troisième lui a uriné dessus avant de le violer.

« Ils nous disaient qu’ils faisaient cela pour Dieu (…) » raconte Reza. Les hommes ont dit aux autres garçons qu’ils subiraient le même traitement s’ils ne coopéraient pas lorsqu’ils seraient interrogés le lendemain.

Reza fut emmené à l’extérieur, attaché à un poteau de métal et laissé là toute la nuit. Le lendemain matin, les hommes sont revenus. Ils ont demandé à Reza s’il avait appris la leçon. « J’étais en colère. Je lui ai craché au visage et j’ai commencé à l’insulter. Il m’a cogné plusieurs fois au visage et giflé. » Vingt minutes plus tard, dit-il, l’homme est revenu avec un sac plein d’excrément, l’a mis devant le visage de Reza et l’a menacé de lui faire manger.

Reza fut plus tard emmené en salle d’interrogatoire où il a dit à son interrogateur qu’il avait été violé. « J’ai fait une erreur, sa voix sonnait gentille, mais mes yeux étaient bandés. Il disait qu’il ferait une enquête et j’avais de l’espoir » dit-il.

A l’inverse, l’interrogateur ordonna que Reza soit attaché et le viola une fois encore. « Cette fois, je vais le faire, comme ça tu apprendras à ne pas raconter ces histoires ailleurs. Tu mérites ce qui va t’arriver. Les types comme toi devraient être violé jusqu’à la mort. »

Il a subi d’autres abus sexuels, puis fut enfermé trois jours en cellule d’isolement.

Reza fut ensuite forcé de signer une « confession » dans laquelle il dit que des puissances étrangères lui ont à dit ainsi qu’à ses amis de brûler des banques et des bâtiments des médias de l’Etat. On lui a dit d’identifier comme chef de file un ami de 16 ans qui avait été tellement battu qu’il était hospitalisé.

« Je tremblais tellement que je ne pouvais même plus entendre ce qu’ils disaient » dit Reza. « Je signais simplement tout ce qu’ils mettaient devant moi sans regarder. J’étais terrifié qu’ils me violent encore. »

Le jour suivant, Reza et d’autres détenus furent transférés dans un centre de détention de la police, où ils sont restés enfermés une semaine.

Le troisième jour, des fonctionnaires de police sont entrés dans la cellule au milieu de la nuit, lui ont bandé les yeux et emmené dans les toilettes où il a été encore violé. « Mes mains commençaient à trembler, mes jambes étaient faibles et je ne pouvais plus rester correctement debout Je suis tombé et j’ai cogné violemment ma tête contre le sol pour essayer de me tuer. Je commençais à hurler et à leur crier de me tuer. Je ne pouvais plus le supporter. Je me haïssais », dit-il en larmes.

Le lendemain matin, il fut convoqué par un commandant de la police qui lui demanda pourquoi il avait hurlé la nuit précédente. Lorsqu’il expliqua, on lui demanda d’identifier le violeur. Le garçon répondit qu’il avait les yeux bandés, et le commandant le cogna et l’accusa de mentir. Il fut forcé de signer une lettre affirmant qu’il avait fait de fausses accusations contre les forces de sécurité.

Le calvaire de Reza était loin d’être fini. Il fut emmené avec environ 130 autres prisonniers au Tribunal Révolutionnaire de la ville où ils furent rassemblés dans une cour. Le juge leur a dit qu’il pendrait ceux qui avait résisté avec violence à la révolution islamique et lu les noms de dizaines d’adolescents, dont celui de Reza. Le message était clair : s’ils continuaient de dire qu’ils avaient été violés, ils seraient exécutés.

Le juge les a envoyé à la prison centrale de la ville, où Reza fut menotté et enfermé dans une petite cellule avec six autres garçons pour dix jours. Le soir, les fonctionnaires battaient les garçons et leur criaient « vous voulez provoquer une révolution ? »

Régulièrement, le plus âgé des fonctionnaires venait prendre des garçons, trois à la fois. « Lorsqu’ils revenaient, ils étaient très calmes et gênés », dit Reza. Lorsque son tour est venu, on l’a avec les autres emmené dans une petite pièce où on leura ordonné de se déshabiller et d’avoir des rapports sexuels entre eux. « Il nous disait avec ça vous serez lavé, vous serez tellement gênés que vous ne serez même plus capable de vous regarder les uns les autres. Cela vous aidera à vous tenir calmes ».

Après 20 jours, la famille de Reza réussit finalement à le faire libérer avec une caution d’environ 45.000 £, et après une dernière mise en garde qu’il ne devrait rien dire sur ce qu’il a subi. Son frère dit « un de mes amis qui est gardien dans la prison où était Reza détenu, m’a dit qu’il était malade. La nuit où il a été libéré, il pleurait sans pouvoir se contrôler, puis il s’est effondré et a tout raconté à ma mère. »

Sa famille a persuadé une docteur de l’hôpital qu’elle connait de le soigner, malgré le risque pour elle-même. Elle a traité ses blessures physiques et lui a donné des antibiotiques et des sédatifs, mais ne peut pas faire d’examen interne. Reza est profondément traumatisé, terrifié de retourné en prison et dort peu.

La docteur dit au Times que d’autres prisonniers ont souffert de faits similaires. « Nous avons de nombreux cas à l’hôpital, mais nous ne pouvons pas faire de rapport sur eux. Ils ne nous laisserons pas ouvrir un dossier. Ils veulent que rien ne soit écrit » dit-elle.

Drewery Dyke,un enquêteur d’Amnesty International pour l’Iran, dit que le cas de Reza est « conforme aux autres rapports que nous avons reçu à propos de la gravité du non-respect de la dignité humaine, des abus sans limite et sans aucun recours possible à la justice, l’implication même de personnels judiciaires et du déni aux droits fondamentaux à des soins ».

Reza, au moins, a survécu pour raconter son histoire au monde. L’ami de 16 ans qu’il a dû désigner comme chef de file est depuis mort de ses blessures à l’hôpital.

Les identités de toutes les personnes citées ont été modifiées.


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6 responses

25 09 2010
déstruction

oh mon dieu, ce sont des monstres,
jusqu’ou notre monde va-t-il pourrir encore , ou allons-nous
ce sont des betes, des brutes sans aucun scrupule, ils me donnent la nausée je ne sais comment reza et toutes les victimes ont pu survivre a ça, c’est inconcevable, ce genre de personnes mériterait de bruler en enfer, et comme cerise sur le gateau ils disent faire tout ça pour « DIEU »
que dieu les brule en enfer à jamais,
que dieu nous en preserve, je suis tellement désolée pour tout ça; ne pouvoir rien y faire me déchire, que peut-t-on faire contre le gouvernement hein!
rien du tout.
c’est trop cruel!!! T__T

4 05 2011
ph008

Si je le pourrais je leurs priserait le cou 1 par 1. Je mesure 2 m 24 et pese 530 lb alors il vont se tenir tranquille.

27 04 2012
CONTRE TOUS

C’est vraiMENT HORRIBLE ! Et ph008 , tu as raison ^^

9 05 2012
Killshimy

Putain, ces salopards de couilles molles de mes deux >:-(
Si je le pouvais, je m’en irais leur péter la gueule! Et si c’était eux, hein? Ils ne feront plus les malins après avoir été torturé de la même façon que ce pauvre adolescent que j’ai maintenant envie de serrer dans mes bras tellement j’ai de la peine pour lui T^T.
En tout cas, j’espère vraiment, mais alors là vraiment qu’il se remette.

21 06 2012
Mehdi22

je suis éffondré de lire sa c monstrueux de faire subir tout sa a un jeune adolescent c HONTEUX

12 07 2012
Coco ringo

nous sommes des monstres entre nous quand nous ne sommes pas d’accord. Quand pour la majorité une chose est bien et que pour vous non , et que les gens le savaient… On vous detruit jusqu’au la mort parfois. Je dis ça car je suis bi, mais j’ai tres peur de le dire autour de moi justenemt a cause de ce gerne de compotenemt… Le pauvre n’a pas de chance. Et apres avoir lire ces horreus fait a un ado de nom age comme etre social avec des gens qui peut vous detruir comme lui! P’tin j’ai la haine pour lui et pour tout Qui on des problems ( viol , totures …ect) le monde est déja à l’envers. Alors je ne veut même pas imagine ce que ca donnerai a l’endroit…..

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