Un rapport sur la situation des travailleurs : textile à Bookan, entreprise plasturgique Dena, Parris, fermes et industrie sucrière d’Haft Tappe, Iralkoo, ect.
Dimanche (16 août), les travailleurs du textile de Bookan ont noté que le propriétaire, après une longue absence, est venu à l’usine avec quelques experts de la Banque Nationale. Apparement, ils faisaient une liste des machines et d’autres propriétés de l’usine dans le but de les expédier ailleurs. Un groupe d’ouvriers, entendant cette nouvelle, est allé immédiatement à l’usine et a dit au propriétaire de ne pas déplacer les machines et que s’ils voulaient sortir des biens de l’usine, ils devraient traverser une ligne d’ouvriers.
Dans son édition du 22 août, The Times a publié un article signé Homa Homayoun, “Iranian boy who defied Tehran hardliners tells of prison rape ordeal“, basé sur l’histoire d’un adolescent de 15 ans victime de viols dans les prisons de la République Islamique. Traduction de larges extraits :
Le garçon de 15 ans est assis dans un foyer au centre de l’Iran, son corps et son esprit brisés. Reza ne sortira pas, il est terrifié d’être seul. Il dit qu’il veut en finir avec la vie et ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi : pour avoir osé porter le bracelet vert de l’opposition iranienne, il a été enfermé pendant 20 jours, battu, violé de façon répétée et subi des humiliations et des abus sexuels dans le style de ceux pratiqués à Abu Ghraib pour lesquels le régime iranien avait dénoncé les Etats-Unis.
“Ma vie est finie. Je ne crois pas que je pourrais jamais guérir” dit-il, lorsqu’il relate ce qu’il a vécu au Times, à la condition que son identité ne soit pas relevée. Un médecin qui le soigne, en prenant des risques, confirme qu’il est suicidaire et qu’il porte des effroyables blessures compatibles avec son histoire. La famille est désespérée et cherche à trouver un moyen de fuir l’Iran. (…)
Intervention de Drewery Dyke (Amnesty International) sur CNN le 22 août à propos du témoignage sur le viol d’un adolescent dans les prisons du régime islamique. Il explique la souffrance psychologique de ce jeune, le fait qu’il est sous surveillance permanente pour éviter qu’il se suicide et il ajoute “il y en a certainement beaucoup d’autres comme lui dont on n’a jamais entendu parler” (en anglais).
Lors des protestations populaires contre les résultats électoraux du samedi 20 juin dans le quartier d’Amirabad (nord de la rue Kargar, intersection des rues Salehi et de l’allée Khosravi), elle est tuée par balle. Neda devient un symbole en Iran et en dehors de l’Iran, symbole de la voix de ces protestations.
Enterrée à Beheshte Zahra, section n°257 rangée 41
Déclaration du fils d’un prisonnier politique exécuté (en farsi, traduction en anglais sur le blog Revolutionary Road) :
Traduction de l’intervention en français :
Salut, mon nom est Iman Shirlali, j’ai 27 ans. Je suis né en 1361 (1982). Je suis le fils d’une personne exécutée, d’un prisonnier politique qui a été exécuté en public en 1361 (1982) à Amol (une ville au nord de l’Iran) avec 22 autres personnes. Leur seul crime avait été d’être contre le régime en Iran. Lorsque nous parlons des années 1360 (1980), beaucoup se souviennent de Khomeini et du massacre de ceux qui s’opposaient au régime. Il ya peut-être un petit nombre de gens qui veulent revenir à cette époque et qui pensent peut-être que c’était une bonne période.
Je ne suis jamais sorti pour crier “rendez-moi mon vote”. Vous savez pourquoi, parce que j’ai toujours pensé que si je chantais un slogan ce serait “rendez-moi mon père, mon enfance, ma jeunesse”. La première fois que j’ai dis mes premiers mots, mon père n’était pas là. Lorsque je suis allé à l’école maternelle, à l’école, lorsque j’ai été diplômé d’une école supérieure, lorsque j’ai été amoureux la première fois, mon père n’était pas là. Je n’ai pas pu parler avec lui, jouer au foot avec lui… Ce sont les choses que je pense ma génération voudrait qu’on lui rende. Je ne veux pas être comme ceux qui votent et sur ma carte d’identité, derrière mon nom, Iman Shirani fils d’Iraj, le tampon du régime derrière le nom de mon père, le tampon d’un régime qui l’a exécuté par un froid hivers de Bahman 1361 (janvier 1982). Le nom de mon père et d’autres comme lui ne peuvent être avec le tampon et le nom de ce régime. J’étais âgé de quelques mois quand la majorité des membres de ma famille ont été emmenés à la prison Evin, après que leur maison fut attaqué pour avoir commis le crime d’être contre le régime.
Article publié le 22 août par Romandie News et qui montre à quel point seul le renversement de la République Islamique permettra d’offrir la liberté et l’égalité aux femmes :
Nouveaux déboires pour le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Des religieux iraniens sont opposés à sa proposition de nommer trois femmes ministre dans son prochain gouvernement. Son directeur de cabinet a pour sa part été suspendu pour un mois en raison d’un abus de pouvoir.
“Il y a des doutes religieux sur la capacité des femmes à diriger. Cela devrait être pris en compte par le gouvernement”, a dit Mohammad Taghi Rahbar, qui mène la faction des religieux au sein du Parlement. Ce groupe devrait prochainement demander l’avis sur le sujet du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
S’il se prononce, les religieux se rangeront à son avis. S’il garde le “silence”, le Parlement “écoutera le point de vue des religieux lors du vote de confiance”, a ajouté le député.
Reportage de ZDF (télévision allemande) de l’été 2008 sur les conditions de détention dans les prisons iraniennes, en particulier à Evin, et les crimes contre l’humanité commis pendant trente ans par la République Islamique d’Iran (en allemand, sous titré en anglais).
Quelques unes des informations publiées par Revolutionary Road dans la nuit du 21 au 22 août.
Enterrement secret de douzaines de corps au cimetière Beheshte Zahra
Des douzaines de corps de personnes décédées lors des récents événements ont été enterrés en secret les 12 et 13 juillet, sans aucune identification sur les tombes, à la section 302 du cimetière Beheste Zahra de Téhéran alors que des douzaines de familles cherchent toujours leurs proches, qu’elles n’ont aucune nouvelle d’où ils pourraient être et que personne ne se dit responsable de leurs disparitions.
Un membre du personnel de l’organisation de Beheste Zahra a dit que les 12 et 13 juillet, des corps ont été amenés sous forte surveillance des services de sécurité au cimetière avec ordre de les enterrer à la section 302 de Beheshte Zahra. Sur la liste des personnes enterrées à ces dates, on a une liste de 44 personnes anonymes.
Le site Rowzane rapporte des protestations dans les rues de Téhéran dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 août à Téhéran alors qu’Ahmadinejad présentait ses ministres à la télévision.
Dans le quartier d’Apanada (Téhéran), la population a spontanément manifesté. Parmi les slogans, on peut noter “mort au dictateur”, “mort à Ahmadinejad” ou “cette souffrance est notre souffrance, nous nous joignons au peuple”. Des cris “Allah Akbar” et la chanson “mon camarade de classe” ont pu être entendus jusque vers minuit dans le quartier.
Le mouvement de révolte populaire qui secoue l'Iran depuis les résultats de la mascarade électorale ne porte pas la question de qui doit gérer le régime des mollahs. Moussavi, ancien dirigeant de la république islamiste, responsable du massacre de milliers de prisonniers politiques dans les années 80, n'est en rien une alternative. Le mouvement de masse commencé le 12 juin ne s'en prend d'ailleurs pas qu'à Ahmadinejad mais au régime islamiste lui-même.
Ce blog a pour but de diffuser des informations sur la lutte en Iran et sur les courants révolutionnaires qui y participent.
A bas la république islamiste ! En Iran comme ailleurs, vive la révolution socialiste !