Le 22 janvier 2010, le site “Bondy Blog” publiait plusieurs brèves sur l’actualité de la semaine en Iran. Si ce site semble plus proche des réformateurs que des révolutionnaires, nous publions ici quelques unes de ces brèves les plus intéressantes :
Épuration universitaire :
- Sur twitter, on apprend qu’au moins six professeurs de la grande université Allameh Tabatabai ont été suspendus de leurs fonctions. Cette université compte 15 000 étudiants, elle est considérée comme la meilleure dans les matières suivantes : économie, commerce, droit et psychologie.
Prison de Gohardasht
- Émeutes dans les prisons :
- Selon des militants iraniens des droits de l’homme, les révoltes continuent dans les prisons et notamment à Gohardasht, dans la banlieue de Karaj, ville périphérique de Téhéran. Deux détenus ont réussi à désarmer leurs gardiens pendant qu’ils étaient torturés avec des matraques électriques. Ils les ont enfermés, ont libéré d’autres détenus et pris temporairement le contrôle d’une partie de cet établissement, qui a sinistre réputation. Les autres gardiens les ont arrosés de gaz lacrymogènes pour reprendre le contrôle de la situation mais les détenus ont mis le feu à leurs couvertures pour atténuer l’effet des gaz. Les combats ont duré plusieurs heures.
Débilité du régime théocratique et misogyne
- Le journal Tehran Emrouz (Téhéran aujourd’hui) pourrait bien avoir de nouveaux problèmes, parce qu’un de ses concurrents plus conservateur estime que son nouveau logo fait penser à une femme qui danse. Tehran Emrouz appartient au maire de la capitale, Mohsen Qalibaf, ancien chef de la police nationale, un conservateur qui est toutefois opposé au président Mahmoud Ahmadinejad. Son journal avait été fermé en juin 2008 pour six mois à la suite d’un dossier jugé « insultant » sur le bilan des trois ans du président. Le logo est reproduit ci-contre et je laisse les lecteurs juger de son niveau pornographique.
Tousser pour protester
- Tousser pour protester. Le site de l’opposition Rahe-Sabz (voie verte) rapporte qu’une récente allocution d’Ali Khamenei devant des soldats a dû être interrompue, en raison des toussotements dans la salle lorsque le Guide a critiqué l’ayatollah Montazeri. La police est à la recherche des tousseurs.
Le spectre de 1979 hante le régime
- Le calendrier joue un rôle essentiel dans les mouvements de protestation en Iran. La journée des étudiants, le 7 décembre, a vu les plus importantes manifestations et la plus violente répression depuis des mois. La mort de l’ayatollah dissident Montazeri le 19 décembre a étendu la contestation dans la ville sainte de Qom et les cérémonies annuelles de l’Achoura (commémoration du massacre des chiites par les Sunnites en 860 après JC) ont poussé le régime à tirer sur la foule.
Le 28 janvier, ce sera les quarante jours après le décès de Montazeri, un anniversaire très importants dans les rituels iraniens. La semaine suivante commencent les célébrations du 31e anniversaire de la Révolution, pendant lesquelles de nouvelles confrontations sont attendues. Le régime a d’ores et déjà demandé à la télévision de ne pas montrer les images habituelles de manifestants contre le Shah qui s’en prennent aux forces de l’ordre, afin d’éviter le parallèle avec ce qui se passe aujourd’hui.



