Article publié par “L’illustré” le 14 septembre 2010 :
Torturée comme Sakineh, sa compagne de cellule pendant deux ans, la journaliste Shanhaz Ghomani vient de trouver asile à Paris. Elle raconte leur amitié et l’horreur vécue dans la prison de Tabriz, en Iran.

Année 2007, prison de Tabriz, cellule 4. C’est dans cette chambre, juste à côté du local de chaufferie où ont lieu les pendaisons, que Shanhaz Ghomani et Sakineh font connaissance. Trentecinq condamnées à mort, presque un quart des prisonnières de Tabriz, y vivent entassées. Il n’y a que quatre lits superposés, réservés aux anciennes. Celles de ces femmes qui ont donné le jour à des enfants en prison partagent avec eux leur quotidien: privations de nourriture, humiliations, dénonciations, menaces et punitions.
Shahnaz Ghomani, 39 ans à l’époque, est la seule détenue politique du lot. C’est la deuxième fois qu’elle purge une peine de huit ans de réclusion, pour avoir simplement milité pour ses idéaux, justice, solidarité, liberté d’expression.
La première fois que cette journaliste a été arrêtée, elle avait 19 ans. Torturée pendant six mois, fouettée, brûlée sous la plante des pieds pour limiter les risques d’évasion, attachée les yeux bandés à un mur pendant des jours interminables, soumise aux gardiens qui arrivaient par surprise à n’importe quel moment pour la battre jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse, elle n’a jamais renoncé à ses convictions.
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