Les bahaïs, minorité honnie par Téhéran

15 09 2010

Article publié par “Le Temps“, 15 septembre 2010 :

Non reconnu en Iran, le bahaïsme, fondé sur des croyances syncrétiques et modernistes, est malmené depuis sa création.

Petite, Maryam se souvient qu’on la traitait d’«impure» dans la cour de l’école. C’était il y a cinquante ans, avant l’avènement de la Révolution islamique. Foad, lui, se demande où sont passés les ossements de sa sœur depuis que le cimetière Golestan Djavid a été rasé au bulldozer, en 1993. Début août, sept membres de la communauté ont été condamnés à vingt ans de prison, l’un deux a déjà 77 ans. Depuis qu’ils existent, les bahaïs sont la minorité religieuse la plus persécutée par Téhéran. Pourquoi? Contactés par Le Temps, les diplomates iraniens en Suisse ont refusé de s’expliquer.

Régulièrement en Iran, contre la présence des bahaïs, des récoltes sont saccagées, des maisons brûlées, comme ici à Ivel, au nord du pays, en juin 2010.

«L’islam se considère comme la dernière religion, celles qui viennent ensuite irritent les dirigeants musulmans. Cela remet en cause leur vision du monde», souligne Mohammad-Reza Djalili, professeur à l’Institut de hautes études internationales et du développement, à Genève. Mahomet est le dernier prophète, mort à Médine en 632; il ne peut y en avoir d’autres. Or, le bahaïsme est né en Iran au XIXe siècle, de la révélation de l’aristocrate pacifiste Bahá’u’lláh, lequel se présentait comme un prophète entendant unifier l’humanité.

«Nous croyons en un créateur unique délivrant des messages à des époques et en des lieux différents, rapporte Maryam Nicollier, bahaïe résidant à Genève. La base de toutes les religions est la même, l’amour du prochain, mais les règles diffèrent selon les siècles et les endroits. Les exigences, ainsi, n’étaient pas les mêmes du temps de Jésus ou Mahomet. Bahá’u’lláh est le prophète le plus récent, mais il y en aura d’autres.»

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Premiers rendez-vous du 18 septembre

14 09 2010

Le Comité International Contre la Lapidation a appelé à une nouvelle journée de mobilisation internationale contre la lapidation, les flagellations et la peine de mort le 18 septembre 2010.

Voilà les premiers rendez-vous confirmés :

  • Belgique

Bruxelles
10 heures 30
Place Luxembourg jusqu’au Rond Point Schuman

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Shiva Nazar Ahari échappe à la peine de mort

14 09 2010

Article publié par Paris Match le 14 septembre 2010 :

Shiva Nazar Ahari a été libérée dimanche sous caution, rapporte le quotidien iranien Arman. Cette militante des droits de l’Homme, âgée de 26 ans, encourait la peine de mort.

«Ennemie de Dieu». Shiva Nazar Ahari était accusée d’être «mohareb», selon l’article 186 du Code pénal iranien, pour avoir manifesté son opposition au régime de Mahmoud Ahmadinejad. La journaliste de 26 ans, qui purgeait une peine de prison depuis décembre dernier, encourait la peine de mort pour «inimité envers Dieu». Elle a finalement été libérée dimanche sous caution, rapporte le quotidien iranien Arman. «Elle a été remise en liberté contre le paiement d’une caution de 500 000 dollars», dévoilent les colonnes du journal.

Cette militante des droits de l’Homme avait été arrêtée le 21 décembre 2009, alors qu’elle se rendait dans la ville sainte chiite de Qom pour assister aux funérailles du grand ayatollah Hossein Ali Montazeri. Son avocat, Mohammad Sharifi, a précisé que les autorités lui reprochaient des contacts avec l’Organisation Iranienne des Moudjahidine du Peuple (OIMP), un mouvement d’opposition en exil, considéré comme groupe terroriste par les Etats-Unis. «Nazar Ahari a démenti avoir quelque lien que ce soit avec ces activistes», a affirmé le Comité des reporters des droits de l’Homme (CHRR), dont la militante est membre.

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Besançon : Nouveau rassemblement le 18 septembre contre la lapidation

13 09 2010

Iran Solidarité, 13 septembre :

Tract d’appel à un rassemblement le 18 septembre, 15 heures Place du 8 septembre à Besançon contre la lapidation.

Iran : Halte au régime de lapidation et d’exécutions !

Sakineh Mohammadi Ashtiani est emprisonnée depuis 2006 à Tabriz (Iran), condamnée à mort par lapidation après avoir été accusée d’adultère. La campagne internationale de protestation a finalement forcé les autorités de la République Islamique à suspendre cette peine de lapidation. Mais, les campagnes de la télévision du régime contre Sakineh, laissent craindre que si elle n’est pas lapidée, Sakineh peut être à n’importe quel moment exécutée. La République Islamique a, en plus, une nouvelle fois condamné Sakineh à 99 coups de fouets sous prétexte d’une photo d’une femme publiée par le London Times, supposée être d’Ashtiani, sans voile. Après le succès de la journée du 28 août 2010, “100 villes contre la lapidation”, où des actions de solidarité ont eu lieu dans plus de 111 villes, dont Rasht en Iran, le régime a une nouvelle fois montré son sadisme et sa barbarie en laissant croire à Sakineh qu’elle serait exécutée le 29 août. Aussi, tant la condamnation à mort que la peine de lapidation restent une menace constante pour Sakineh.

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Sakineh Mohammadi Ashtiani : Y a-t-il des lapidations progressistes ?

13 09 2010

Article de Tom Goldschmidt avec une introduction de C-A Udry publié le 10 septembre par Europe Solidaire Sans Frontière :

Introduction de C-A Udry

Dimanche 12 septembre 2010, dans diverses villes d’Europe, auront lieu des manifestations pour la libération de Sakineh Mohammadi Ashtiani, 43 ans.

La suspension de sa lapidation est loin d’être suffisante. Javid Houstan Kian, l’avocat de Sakineh Mohammadi Ashtiani, le 8 septembre 2010, affirme d’ailleurs : « Je n’ai reçu à ce jour aucun document officiel écrit indiquant la suspension de la peine de ma cliente (…) J’ai moi-même effectué cette demande de suspension à dix reprises, sans jamais obtenir aucune réponse. »

C’est sa libération qui doit être exigée. Une « simple grâce » émise le Guide suprême de la révolution conduirait d’ailleurs à sa libération immédiate, selon des juristes iraniens.

En Iran, le pouvoir a islamisé le Code pénal. Cela depuis les règles vestimentaires (symbole quotidien de la légitimité et de la « force » de ce régime) jusqu’aux droits syndicaux, plus exactement aux non-droits syndicaux.

Le pouvoir actuel de Téhéran – ce mixte de l’institution militarisée des Gardiens de la révolution et de secteurs du « haut clergé » – est en difficulté face à la campagne internationale en faveur de la libération de Sakineh Mohammadi Ashtiani. Y compris, joue un rôle la pression de pays qui ont de bonnes relations diplomatiques avec l’Iran, tel, par exemple, le Brésil. Lula a offert un « refuge » au Brésil à Sakineh Mohammadi Ashtiani.

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Nouvelle lettre de Sajjad et Sayideh, enfants de Sakineh, au monde entier

13 09 2010

Nouvelle lettre de Sajjad et Sayideh, enfants de Sakineh, adressée au monde entier, 12 septembre 2010, publiée par le  Comité International Contre les Exécutions.

Peinture réalisée par Delara Darabi, exécutée le 1 mai 2009 par la République Islamique

Ces jours-ci, encore,
Nous sommes perdus dans notre quête.

Le temps passe et,
Nous devenons plus compliqués,
Nous sommes de moins en moins capables de donner un sens à cette vie.
Comment pouvons nous donner un sens à cette vie ?

Bien sûr, comme le font tous les enfants,
Nous aussi avons connu les secrets de l’univers.
Nous aussi nous avons entendu les histoires racontées par les fleurs…
Oh, n’oubliez pas les papillons !
Hélas, notre enfance s’est perdue dans notre quête !

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Libération sous caution de Shiva Nazar-Ahari

13 09 2010

Dépêche AFP du 13 septembre 2010 :

Une journaliste et militante des droits de l’Homme iranienne risquant la peine de mort pour avoir été accusée d’être «ennemie de Dieu» a été libérée sous caution dimanche après neuf mois de détention, selon un site de l’opposition.

«Shiva Nazar-Ahari a été libérée de la prison d’Evine après avoir versé une caution de cinq milliards de rials» (environ 500.000 USD), a rapporté le site Kaleme.com.

Agée de 26 ans, Shiva Nazar-Ahari a été accusée début septembre par la justice d’être «moharebeh» (ennemie de Dieu) pour des liens supposés – qu’elle a vigoureusement démentis – avec l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), principal mouvement de lutte armée contre le régime de Téhéran.





Partout dans le monde, une seule classe ouvrière

12 09 2010

Des camarades exilés du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran (PCOI) lors des manifestations du 11 septembre à Salonique (Grèce) contre la politique anti-ouvrière du gouvernement :

Sur la banderole : “Nous demandons l’asile politique”.

Dépêche d’Euronews, 12 septembre, sur cette manifestation :

Près de 20 000 personnes ont défilé contre la politique d’austérité du gouvernement dans les rues de Salonique, la deuxième ville du pays. C’est traditionnellement là que le gouvernement grec fait sa rentrée politique, lors de la foire internationale qui s’y tient chaque année.

Dans son discours, le Premier ministre Georges Papandréou a donné le ton: les Grecs doivent continuer à faire des “efforts” et des “sacrifices”, selon lui, pour désendetter le pays. En plus des baisses de salaire et de la hausse des taxes déjà annoncées, le Premier ministre veut ouvrir certains secteurs à la concurrence et privatiser celui de l‘électricité.

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Ahmadinejad n’a aucun droit de parler de la Palestine

12 09 2010

Bien sûr, les actuels dirigeants de l’Autorité Palestinienne ou de l’OLP n’ont que peu avoir avec la lutte des travailleuses et des travailleurs pour en finir avec toute forme d’oppression. Mais ceux qui, se réclamant de la gauche au nom d’un pseudo “anti-impérialisme”, se servent de la lutte des palestinien(ne)s contre l’occupation pour justifier leur soutien au régime dictatorial, anti-ouvrier et misogyne de Téhéran, feraient bien de méditer cette déclaration : ”Celui qui ne représente pas le peuple iranien, qui a falsifié les résultats des élections, qui a oppressé son peuple et qui a confisqué l’autorité n’a aucun droit de parler de la Palestine, de son président, ou de ses représentants” (Nabil Abu Rudaineh, porte parole de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne, à propos d’Ahmadinejad).





Le marxisme et le monde actuel

12 09 2010

Première partie de l’interview de Mansoor Hekmat, fondateur du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran, “Le marxisme et le monde actuel” traduite par l’Initiative Communiste-Ouvrière. Cette interview a été publiée pour la première fois en anglais dans « International », le journal du Parti communiste-ouvrier d’Iran, n°1, février 1992.

  • International : Les commentateurs bourgeois ont qualifié l’écroulement du bloc soviétique de « défaite du socialisme » et de « fin du communisme ». Y a-t-il une quelconque vérité dans une telle formulation ? Jusqu‘à quel point cet écroulement, voire l’expérience soviétique dans son ensemble, représentent-ils un échec pour le socialisme ?

Mansoor HEKMAT : En ce qui concerne le communisme-ouvrier et le marxisme, ces changements ne montrent ni la défaite du socialisme, ni la fin du communisme. Ce dont nous sommes témoins aujourd’hui est la défaite d’un type particulier du socialisme bourgeois et du modèle capitaliste d’État sur lequel il était fondé.

Pour nombre de ceux qui se disent communistes – en fait, la majorité –, il a toujours été clair que l’Union Soviétique n’était pas un pays socialiste, qu’elle était absolument étrangère à l’interprétation marxiste du communisme. Même certains penseurs bourgeois, certains soviétologues l’ont admis. Aujourd’hui, l’idéologie officielle bourgeoise insiste pour identifier de nouveau l’Union soviétique au marxisme et au communisme, sans prendre en compte ces études contradictoires. C’est une arme de propagande dans le combat contre le marxisme et le véritable communisme ouvrier. Les tenants de cette idéologie bourgeoise officielle disent que le socialisme a été vaincu pour pouvoir le mettre en échec, ils disent que le communisme est fini pour qu’ils puissent y mettre fin. Ce sont les cris de guerre de la bourgeoisie ; plus ils sont violents, plus ils confirment la vitalité du communisme comme une menace ouvrière potentielle pour la société bourgeoise.

L’écroulement du bloc de l’Est, en lui-même, n’est pas un argument contre le communisme. L’Union soviétique et le bloc de l’Est ne représentent, sous aucun critère économique, politique, administratif ou idéologique, le communisme et le socialisme. Mais il est vrai que l’expérience de l’Union Soviétique, dans son ensemble, a été une expérience échouée pour la révolution prolétarienne d’Octobre. Nous avons déjà parlé de cette question dans plusieurs numéros du bulletin « le marxisme et la question de l’Union Soviétique ». Je crois que la révolution ouvrière de 1917 a réussi à arracher le pouvoir politique des mains de la bourgeoisie. Elle a su vaincre les tentatives politiques et militaires des anciennes classes dominantes de restaurer l’ancien ordre politique. Mais à partir de cette étape, le destin de la révolution ouvrière est relié directement à sa capacité à transformer les rapports économiques et à réaliser le programme économique socialiste de la classe ouvrière. C’est sur ce point que la révolution soviétique a échoué à aller au-delà. Au lieu de la propriété collective des moyens de production, c’est l’étatisation du capital et la propriété étatique des moyens de production qui ont été adoptés. Le salariat, la monnaie, la valeur d’échange, et la séparation de la classe productrice des moyens de production, tout cela a subsisté. Dans la deuxième moitié des années 1920, le modèle économique adopté fut la construction d’une économie nationale sur les bases d’un modèle capitaliste d’État. En fait, après une révolution prolétarienne, c’était pour la bourgeoisie la seule alternative historique possible pour maintenir les rapports capitalistes en Russie. Avec la consolidation économique du capital, la victoire politique de la classe ouvrière russe était renversée. Un État bourgeois bureaucratique centralisé a remplacé l’État ouvrier révolutionnaire de l’époque de Lénine. Le nationalisme bourgeois, basé sur un modèle déformé du capitalisme, a vaincu le communisme. Ce n’est pas l’écroulement de l’Est, mais l’apparition de ce phénomène qui témoigne de la défaite subie par le communisme ouvrier. Et cela n’a pas commencé aujourd’hui, ni avec ces événements.

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