Article paru dans L’Émancipation syndicale et pédagogique d’octobre 2010, et sur le site Solidarité Irak le 7 novembre.
Un entretien de Stéphane Julien, Émancipation, avec Nicolas Dessaux.

(Bagdad 1er août 2010. Manifestation des syndicats de l’électricité pour l’annulation des décrets bannissant les syndicats dans ce secteur)
S.J., L’Émancipation : Nicolas Dessaux, tu es engagé depuis plusieurs années dans la solidarité avec la gauche syndicale, féministe et socialiste du Moyen-Orient, notamment avec « Solidarité Irak ». Depuis les manifestations de rues à Téhéran l’année dernière, l’attention générale se porte sur l’Iran. Le 9 mai dernier, le syndicaliste enseignant Farzad Kamangar, pour qui une campagne de solidarité internationale avait eu un réel écho en 2008, y a été pendu. Faut-il comprendre que le régime islamique se fiche complètement de l’opinion publique internationale ?
Nicolas Dessaux : Au cours des années, le régime iranien a accordé une attention variable aux campagnes internationales et à l’opinion publique, qui ont parfois obtenu des succès dans la défense de certaine prisonniers ou condamnés. Mais aujourd’hui, c’est un régime sur la défensive, qui fait face à une crise grave avec un potentiel révolutionnaire important. Il a mobilisé des centaines de milliers de Bassidjis, c’est-à-dire de chômeurs payés pour casser du manifestant, en plus de ses forces policières et militaires, pour briser les émeutes. Il a fait des centaines de prisonniers, de condamnation à mort ou à la prison, mis la pression sur les militants politiques ou syndicaux identifiés, voire sur les familles des militants en exil. Il dépense des millions pour brouiller les émissions télé des partis d’opposition, ou les empêcher d’émettre : c’est ce qui est arrivé à la télévision du Parti communiste-ouvrier d’Iran, qui a mené campagne pour Farzad Kamangar.


Selon les nouvelle reçues pars nos camarades de l’ITF l’attaque a eu lieue le mercredi3 novembre 2010 de la semaine dernière dans un café internet de la ville de Karaj.







