L’hypocrisie du régime : vidéo d’un mollah se frottant à une femme dans un bus

11 07 2012

France 24, 10 juillet 2012 :

Sur cette vidéo amateur, un membre du clergé islamique iranien est filmé en train de tripoter avec insistance une femme dans un bus. Selon notre Observatrice, une étudiante iranienne, ce genre de comportement lubrique est fréquent en Iran de la part des religieux. Elle-même en a fait les frais.

Filmée en gros plan par un passager du bus, la vidéo n’est pas claire pendant la première minute. Pourtant, à 0’54 seconde, on comprend que le religieux frotte ses doigts à travers sa robe contre le bas ventre d’une passagère du bus qui se trouve à côté de lui. Le visage de la femme n’apparaît pas et à aucun moment on entend sa voix, il est donc difficile de dire si ces derniers se connaissaient, ou encore si la femme était ou non consentante. Selon la description de la vidéo sur YouTube, la scène a été filmée dans un bus de la ville de Masshad, au nord-est du pays. Nos Observateurs iraniens confirment que l’accent des passagers du bus est bien celui des habitants de la région.

La vidéo originale a été supprimée d’Internet, mais des internautes l’ont repostée sur les réseaux sociaux ainsi que sur des sites, en langue persane. La scène a provoqué une vague de commentaires, la plupart accusant les membres du clergé d’abuser de l’autorité due à leur fonction. Une mauvaise réputation qui ne date pas d’hier et qui a valu au mot "mollah", désignant les membres du clergé chiite, de devenir un terme péjoratif en Iran.

"À l’université, l’un d’entre eux m’a convoquée dans son bureau pour m’expliquer que si je ne couchais pas avec lui, il ne me donnerait pas la moyenne"
Shila (pseudonyme) est une étudiante iranienne.

Ce n’est pas la première fois que des mollahs, qui sont censés être les représentants de Dieu et des exemples de contrôle de soi, se retrouvent empétrés dans des scandales en Iran. [En 2008, la vidéo d’un religieux marié, en plein ébat avec une maîtresse, avait fait le tour du Net.]

Les membres du clergé sont aujourd’hui perçus comme des pervers lubriques qui font ce que bon leur semble. Souvent, ils s’organisent des mariages temporaires qui ne durent parfois pas plus d’une heure [En Iran, les membres du clergé sont autorisés à avoir des relations sexuelles dans le cadre du mariage]. Pour moi, cette pratique des mariages temporaires n’est rien d’autre qu’une prostitution avalisée par la loi islamique. Les religieux sont aussi connus pour harceler les femmes en public, dans les bus ou dans le métro. Ils s’attaquent notamment aux plus jeunes qui n’osent pas toujours se plaindre. Et même si elles se plaignaient, la police prendrait la défense des mollahs. C’est pour cela qu’aujourd’hui les jeunes femmes font tout pour les éviter.

Quand je passais ma licence à Téhéran, la plupart de nos enseignants étaient des membres du clergé islamique. L’un d’entre eux m’a convoquée dans son bureau pour m’expliquer que si je ne couchais pas avec lui, il ne me donnerait pas la moyenne. J’ai refusé et il m’a effectivement mis un 9.5/20. Je suis retournée dans son bureau pour lui demander ce que je devais faire pour valider la matière. Il m’a proposé un mariage temporaire pour pouvoir coucher avec moi, ce que j’ai refusé. Il m’a proposé un autre acte sexuel, j’ai essayé de négocier. Il a fini par accepter pour un baiser et la possibilité de toucher une partie de mon corps. Il a touché ma hanche d’une façon particulièrement obscène. Je lui ai dit que je ne me sentais pas à l’aise pour l’embrasser dans son bureau et lui ai proposé que nous nous retrouvions dans sa voiture ou la mienne un peu plus tard. Je suis partie et ne suis jamais revenue. Un mois plus tard, il m’a appelé pour me dire que j’avais commis un pêché. J’étais folle de rage, je l’ai menacé en lui disant que ma famille ferait tout pour me protéger. Il n’a jamais rappelé et j’ai finalement eu mon examen. Et mon histoire n’est qu’une parmi beaucoup d’autres vécues par mes camarades étudiantes.

Les mollahs, dont la plupart sont issus de milieux ruraux et pauvres, intègrent les écoles religieuses à l’adolescence au moment où les jeunes garçons commencent à s’intéresser au sexe. Ils passent leur journée à entendre parler des règles islamiques qui régentent la vie sexuelle des Iraniens, tout en n’ayant quasiment aucun contact avec la gente féminine. Alors, quand ils accèdent au rang de mollah, même s’ils ont la possibilité de se marier, certains d’entre eux abusent de leur nouvelle autorité pour soulager leurs frustrations. "

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