Mouvement des femmes en Iran

La révolution de 1978-1979

Manifestation du 8 mars 1979 à Téhéran :

Les femmes iraniennes jouent un rôle important dans la révolution iranienne de 1978-1979 qui brise la dictature du Shah. En absence d’une organisation indépendante des travailleuses et des travailleurs, avec un programme clair contre l’oppression, et à cause de la politique de "Front Anti-Impérialiste" de la majorité de la gauche iranienne, ce sont les mollahs, soutenus par une fraction de la bourgeoisie, qui ont pris le pouvoir et imposé leur dictature théocratique moyen-âgeuse.

Le 8 mars 1979, les femmes manifestent contre ce nouveau régime réactionnaire, en particulier contre l’obligation de porter le hidjab et la suspension par Khomeiny de la loi sur la protection familiale. Azari se souvient de cette journée :

"Le matin du 8 mars, environ 15.000 femmes se sont rassemblées pour un meeting dans le petit bâtiment de la Faculté Technique de l’Université de Téhéran. Le nombre est bien plus élevé que ce qu’attendait les organisatrices, et d’autant plus surprenant vu les fortes chutes de neige qui tombaient ce jour-là. Parmi elles, des femmes au foyer, des ouvrières, des enseignantes, des employées de bureau, des étudiantes et surtout de nombreuses filles de l’école supérieure qui étaient venues par classes entières emmenées par leurs professeurs.(…) Une fois dans les rues, d’autres femmes se joignaient à la marche qui atteignait le nombre de 30.000 participantes."

Certains slogans des manifestantes étaient : « La liberté est notre culture, rester à la maison notre honte », « Liberté et égalité sont nos droits imprescriptibles », « La journée de l’émancipation des femmes n’est ni occidentale ni orientale, elle est internationale » et « La liberté n’a besoin ni de lois ni de réglementations ».

Dans les jours qui suivent, des affrontements ont lieu entre des militantes pour les droits des femmes et des éléments réactionnaires comme le Hezbollah ("Parti de Dieu"). Les mesures ségrégationnistes contre les droits des femmes commencent. Le 21 mai 1979, le ministère de l’éducation interdit la mixité dans les écoles et ordonne la ségrégation dans toutes les classes. Le 3 juin, il interdit aux femmes mariées de suivre les cours de l’école supérieure. Le 8 juillet 1979, plusieurs plages de la Mer Caspienne mettent en place une ségrégation sexuelle. Des femmes sont fouettées en public pour avoir nagé dans la « section des hommes ». Le 12 juillet, trois femmes sont exécutées pour prostitution et corruption. Le 2 octobre 1979, le nouveau code de la famille réserve le droit au divorce aux seuls époux ; ré-instaure le « droit » du mari d’interdire à sa femme de travailler, baisse l’âge minimum du mariage de 18 à 13 ans pour les femmes et permet aux hommes de prendre quatre épouses permanentes et un nombre illimité d’épouses temporaires.

La terreur est aussi utilisée contre les opposants et en particulier contre les opposantes. Comme exemple de terreur utilisée pour briser les organisations de femmes, Nima cite un cas de viol par les Gardes de la Révolution :

« Une famille a récemment reçu la nouvelle que leur fille a été exécutée. Les pasdaran sont retournés dans cette famille et ont donné 3 £ aux parents, expliquant qu’elle était vierge et comme on n’exécute pas de vierges selon l’islam, un des pasdar l’a mariée temporairement la nuit avant son exécution et que l’argent est le prix pour ce mariage temporaire. »

Pour plus d’informations sur la révolution de 1978-1979, voir "Iran : Révolution et contre-révolution, 1978-1979". Les pages 18 à 23 traitent en particulier du mouvement des femmes et de la réaction islamiste en 1979.

Des lois discriminatoires toujours présentes

Selon les militantes de la campagne "Un million de signature contre les lois discriminatoires" (été 2006) :

Les lois actuelles en Iran considèrent les femmes comme le deuxième sexe, et les discriminent. Ces discriminations légales pénalisent gravement les femmes, alors qu’elles sont plus de 60% à être admises à l’université. Les lois devraient devancer les normes culturelles afin de promouvoir une évolution positive de la société. Mais, en Iran, elles restent en-deçà de la réalité socioculturelle des femmes.

Selon les lois en vigueur :

• Dès 9 ans, les filles sont considérées comme juridiquement responsables. Par conséquent, si une fille de cet âge commet un délit passible de la peine de mort, cette peine peut lui être appliquée par le tribunal.

• Le dédommagement attribué à une femme victime d’un accident et paralysée à la suite de ce dernier, est deux fois moins important que celui versé à un homme dans la même situation.

• Le témoignage d’une femme témoin d’un accident n’a pas de valeur juridique, si elle est l’unique témoin, alors que celui d’un homme dans la même situation est valable.

• Une fille peut être mariée par son père avec l’autorisation du tribunal, même avant l’âge 13 ans (majorité sexuelle en vigueur).

• Une mère ne peut gérer l’argent de son enfant mineur, ni choisir son lieu de vie, ni décider pour lui d’un voyage à l’étranger, ni même prendre des décisions concernant sa santé en cas de maladie.

• Les hommes peuvent épouser plusieurs femmes et répudier leur(s) épouse(s) quand ils le veulent.

Ces exemples n’illustrent qu’une partie des situations d’inégalité et de discriminations légales dont sont victimes les femmes. Bien sûr, les femmes des couches populaires ou de minorités ethniques ou religieuses souffrent encore davantage de ces discriminations. Quant aux hommes, ces lois injustes qui favorisent et entretiennent des relations malsaines et déséquilibrées entre les sexes, ont également des conséquences néfastes sur leur vie.

La lutte des femmes en Iran

Manifestation du 8 mars 2006 à Téhéran :

Reportage (en anglais) sur le rassemblement de juin 2006 contre les discriminations faites aux femmes en Iran et de la mise en place de la campagne "Un million de signature contre les lois discriminatoires" :

Bien sûr, les militantes féministes, comme tous les progressistes et opposants dans le pays, doivent faire face à une répression féroce du régime des mollahs.

Au delà des mouvements organisés, il y a aussi des révolte spontanée contre l’ordre moral imposé, comme cette vidéo amateur d’une courageuse iranienne (mal voilée) qui remet à sa place une policière du régime :

En août 2008, les militantes et militants d’Iran ont réussi à organiser une manifestation de plus de 2000 personnes à Kani Dinar (Kurdistan) suite à un meurtre "d’honneur".

Manifestation à laquelle ont aussi participé de nombreux jeunes hommes :

Voir un article sur cette manifestation.

8 responses

6 07 2009
21 04 2010
zarmagh

Peut-être ne devrait-on plus dire "crime d’honneur" mais plutôt "crime de déshonneur"

24 06 2010
Leyla Caliskan

il faudra considère crime de humanitaire

28 08 2010
ROZMAN

courage
continuez
keep on fighting for your right to live in respect

courage courage

18 10 2010
27 10 2010
Mathèse AAndrée

Solidaire. de tout coeur. Comment faire suivre sur Facebook ?

31 01 2011
18 06 2011
pinkfish

Don’t stop fighting, no don’t ever give up. I swear some day it’s gonna stop, justice will be. As long as you keep on hoping, dreaming, and fighting for equality and freedom, then there is a chance, there is hope. DOn’t forget what you’re fighting for is right, don’t forget you’re an human being, and some day, some day it’s gonna get better.

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