La terreur comme outil de répression

24 07 2009

Reporters sans frontière dénonce le caractère illégal et contraire aux normes juridiques internationales des arrestations et détentions de journalistes iraniens. Les autorités multiplient convocations et menaces afin que les reporters iraniens cessent leur collaboration avec les médias étrangers et la presse d’information.

« Nous exigeons la libération inconditionnelle des journalistes emprisonnés sans aucun motif légal. Nous rappelons qu’avec quarante-deux incarcérés, l’Iran est la plus grande prison du monde pour les journalistes et les blogueurs. La majorité de ceux détenus dans la section 209 de la prison d’Evin subissent de fortes pressions psychologiques et font l’objet de mauvais traitements. Ils sont illégalement privés du droit de visite de leur famille et de leur avocat. La logique de la terreur est au centre du dispositif mis en place », a déclaré l’organisation.

L’organisation a appris l’arrestation, le 26 juin 2009, à Téhéran, du journaliste freelance Reza Rafiee Foroshani, notamment collaborateur des médias locaux et internationaux dont Time Magazine. La détention du journaliste n’ont été révélée que tardivement. Le journaliste est sous la pression des agents du ministère des Renseignements pour faire des aveux forcés. Reporters sans frontières rappelle que le ministre des Renseignements, Golamhossin Mohsseniejehi, a reconnu à plusieurs reprises « l’arrestation de journalistes collaborant avec des médias étrangers », les accusant d’être responsables des « émeutes ».

Le 18 juillet 2009, le célèbre chroniqueur et caricaturiste kurde Hassan Shikh Aghai a été arrêté dans la ville Mahabad (Kurdistan iranien). Son domicile a été par la suite perquisitionné. Le motif de cette arrestation et le lieu de détention du journaliste sont toujours inconnus.

De son côté, Mehdi Zaboli, photographe du journal Hamshahri, arrêté le 20 juin, a été libéré le 5 juillet, après versement d’une caution.

Par ailleurs, plusieurs journalistes, comme Mashalah Shamassolvaezin, porte-parole de l’Association des journalistes iraniens, ont été convoqués par la « police sécuritaire », organe récemment créé et dirigé par un comité commun du ministère des Renseignements et des Gardiens de la Révolution.

L’organisation a été informée du transfert de certains journalistes dans des prisons en province. Mohammad Sadegh Kabodvand, directeur de publication de l’hebdomadaire Payam-e mardom-e Kurdestan, détenu à la prison d’Evin depuis juillet 2007, a été emmené à Mahabad pour y être jugé. Son épouse, Parnaz Hassni, a déclaré à Reporters sans frontières ignorer les raisons de ce transfert et être inquiète de l’état de santé de son mari. Le journaliste, malade, n’a en effet toujours pas bénéficié d’une permission de sortie pour se soigner, sous prétexte qu' »il n’a pas purgé trois ans de sa peine ». Enfin, le 23 octobre 2008, la cour d’appel de Téhéran a confirmé la condamnation de Mohammad Sadegh Kabodvand à onze ans de prison, pour avoir créé une association de défense des droits de l’homme au Kurdistan. Le 31 mars, lors de la cérémonie des British Press Awards, il a reçu le prix du journaliste étranger de l’année 2009, pour son action en faveur des droits de l’homme.

Reporters Sans Frontières, 22 juillet 2009

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