Déclaration de familles de prisonniers politiques exécutés dans les années 80

26 08 2009

Un groupe de familles de prisonniers politiques exécutés dans les années 1980 a appelé à un grand rassemblement à Kharavan (Téhéran) le vendredi 28 août. Elles ont mis en avant 11 revendications dans leur appel dont le jugement de tous ceux qui sont responsables des massacres de prisonniers politiques dans les années 1980, l’abolition de la peine de mort et la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques.

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Organisons une cérémonie en mémoire de ceux qui ont été assassinés depuis 30 ans par le régime islamique au cimetière Khavaran.

Trente-et-un ans sont passés depuis que notre révolution a été volée. Pendant tout ce temps le régime islamique a, sans interruption, réprimé, emprisonné, torturé et exécuté, et il continue de le faire. Ce système de répression anti-révolutionnaire du régime, a,  sans différence soit la sensibilité au pouvoir, cette fois bruyamment, simplement continué sa politique anti-révolutionnaire et anti-démocratique en tant que faction pour protéger le régime et réprimer ses opposants.

Mais ses 31 dernières années et deux périodes précises d’assassinats d’opposants et de torture ont montré que ce régime est pire que les précédents en Iran. La première période c’est dans les années 1980, quand, sous prétexte de la guerre, le gouvernement a pu massacrer et élimiter, pendant une attaque de dix années, avec un pic en 1988 avec le massacre de 4.500 prisonniers politiques. Et l’autre, ces deux derniers mois, où après 30 ans et un approfondissement de l’écart entre factions gouvernementales, le peuple a pu apporter ses cris dans les rues et sur les toits et demander la reconquête de sa révolution.

Après 30 ans de gouvernement islamique et malgré la profondeur des disparités entre factions, il a encore fait ce qu’il fait contre ses opposants depuis 30 ans : la répression, la prison, la torture, les viols, les exécutions, la mise en scène de confession, et des procès contre ses opposants… mais cette fois, parce que le  régime était plus effrayé, l’application de la brutalité et des tortures médiévales ont été pires que tous les précédents régimes fascistes.

Si les nouvelles des massacres des années 1980, en particulier les assassinats en masse de prisonniers en 1988, ont été moins entendues dans le monde et par les organisation de « défense des droits humains » et que les gouvernements « défendant la démocratie » ont gardé leurs bouches fermées, cette fois, à cause des forts cris du peuple, la cuverture médiatique, la pression de l’opinion public et des forces progressistes dans le monde, il n’y a aucun pouvoir qui peut ignorer les cris du peuple, y compris même ceux de quelques éléments du régime islamique. Mais au-delà de qui soutient ces cris, les modalités de ces cris ne sont pas différents des cris brisés des années 1980 : chacun de ces cris est une revendication de liberté et de justice. Mais, malgré ces cris et les pressions de l’opinion publique, la machine de répression du régime islamique fait la même chose contre ses opposants que dans les années 1980. Ainsi, le régime islamique et sa machine de répression est debout contre nous tous, et nous sommes tous de la même famille. Ns souffrances et nos désirs ne forme qu’un et nous avons hurlé le même cri.

Nous, familles des personnes tuées dans les années 1980, nous avons vécu toutes ces années dans la plus difficile des situation et nous savons que si cette routine continue, ce qui nous est arrivé arrivera aux familles de ceux qui ont récemment été tués.

Ils ont enlevé, torturé et exécuté ceux et celles que nous aimons. Nous ne savions rien de l’heure et de la date des procès et n’avons pas vu les gens qui ont jugé ceux que nous aimons et n’avions pas compris les accusations retenues contre eux.  Leurs testaments ne nous ont pas été donnés, ni leurs corps et on nous disait pas où ils étaient enterrés. Après de longs moments de recherches, on nous a dit que ceux que nous aimons ont été enterrés individuellement ou dans des charniers à Khavaran ou dans des cimetières d’autres villes.

Aujourd’hui, les opposants au régime sont tués dans les rues à coups de matraque ou par balles. Ils subissent les tortures les plus brutales et les viols dans les prisons officielles ou non-officielles et, si nous avons de la chance, leurs corps nous sont rendus. Ils nous harcèlent, nous les familles de prisonniers, comme ils le font avec ceux que nous aimons. Nous avons été privés d’études et licenciés de nos lieux de travail et ils ont fermé devant nous toutes les portes vers le progrès et le développement.

Nos familles sont déchirées. Dans l’attente, des membres des familles sont devenus fous ou ont souffert de sérieuses maladies. Certains ont été forcés de quitter leur pays et souffrent de dépression et de pauvreté.

Les rescapés des récents assassinats ne sont autorisés de porter le deuil de ceux qu’ils aiment ou de parler d’eux. Ils ont été menacés et on leur a interdit l’accès au cimetière, tout comme cela avait été imposé aux rescapés des assassinats des années 80.

Ils ferment les tombes, les endroits qu’ils nous avaient eux-mêmes indiqués. Il avait un temps où ils ont fermé les portes du cimetière Khavaran, un autre où sous d’autres pretextes, ils ont labouré la terre et planté des arbres là où devait se trouver les tombes.

Nous aussi avions eu l’interdiction d’organiser les cérémonies de funérailles chez nous. Nous et nos enfants avons été menacés et arrêtés. Ils ont attaqué les cérémonies que nous tenions dans nos foyers et nos familles étaient sous pression pour ne tenir aucune cérémonie chez elles.

Et n’est-ce pas la même chose qui se produit aujourd’hui ? Aussi nous, familles de ceux qui ont été assassinés dans les années 1980, invitons ceux qui cherchent la liberté à se rassembler à Khavaran le vendredi 28 août à 9 heures pour le 21ème anniversaire du massacre des prisonniers et en compassion avec les rescapés de ces meurtres et des meurtres plus récents.

Les revendications de notre rassemblement sont les suivantes :

1. Le jugement de ceux qui ont autrorisé les meurtres des années 1980 et en particulier les exécutions de masse de 1988, et qui continuent d’autoriser la répression systématique, les meurtres, la torture et les viols lors des récents événements.

2. L’annonce des noms de ceux qui ont été enterrés au cimetière Khavaran dans les années 1980 et les noms de ceux qui ont été tués et arrêtés lors des récents événements, de juin 2009 à aujourd’hui.

3. La libération sans condition de tous les prisonniers politiques et idéologique.

4. L’abolition de la peine de mort quelque soit le crime et de la torture en toute circonstance.

5. Fournir l’acte d’accusation de tous les prisonniers politiques et personnes exécutées ces 30 dernières années et mise à jour des raisons de leurs exécutions.

6. Recevoir les testaments des personnes exécutées.

7. Reconnaissance des lieux où ont été enterrés ceux qui ont exécutés ces 30 dernières années par le gouvernement islamique à Téhéran et dans les autres villes et la remise inconditionnelle des corps de ceux qui ont été récemment tués à leur famille avec droit de tenir des cérémonies chez elles ou au cimetière.

8. Permission de mettre des pierres tombales sur les tombes.

9. Jugement des gens qui ont ordonné la destruction de Kharavan et de cimetières dans d’autres villes et le harcèlement des rescapés pendant toutes ces années.

10. Rendre les droits de citoyenneté aux familles et mettre fin à tout type de discrimination sociale, politique, culturelle et économique et à toute limitation de l’application de ces droits.

11. Considérer et maintenir Kharavan et les cimetières similaires dans d’autres villes comme des preuves historiques par les organisations locales et internationales.

Groupe de familles de prisonniers politiques exécutés dans les années 1980, 17 août 2009


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