Témoignage sur la journée du 20 octobre à Téhéran

21 10 2009

Rapport de première main d’un étudiant protestataire sur la journée du 20 octobre à la Branche Centrale de l’Université Azad de Téhéran (version anglaise et en farsi sur le blog Pensian2english).

La présence des forces de sécurité à la branche centrale de l’Université Azad de Téhéran était élevée. Le nombre de gardes disciplinaires est passé d’environ 5 ou 6 à plus de 25. Les gardes contrôlent l’identité de chaque étudiant. Ils distribuent aussi des tracts dans l’université mettant en garde les étudiants que s’ils protestent ils auront une réponse des gardes disciplinaires.

Les gardes marchent à travers l’université avec plusieurs membres des services de renseignement. De nombreux étudiants se rassemblent au centre de l’université mais aucun ne se met à chanter. Pendant tout ce moment, un jeune homme avec une caméra professionnelle tente de filmer les étudiants depuis un balcon à l’université, mais il est accueilli par de fortes protestations des étudiants. Après plusieurs minutes, il arrête puisqu’il est impossible de filmer dans ces conditions.

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Levons nous contre la machine criminelle de la République Islamique d’Iran !

21 10 2009

Communiqué du Comité International contre les exécutions pour le 30 octobre, journée internationale contre les exécutions en Iran.

La République Islamique est sur le point d’exécuter plusieurs protestataires et militants politiques suite à la récente crise. Nous devons nous lever fermement contre cette préparation du régime islamique d’assassiner des militants politiques et des protestataires.

Récemment, la République Islamique a exécuté Behnood Shojaee, accusé de meurtre lorsqu’il avait 17 ans. D’autres mineurs, condamnés avant leurs 18 ans, sont sur le point d’être exécutés ces prochains jours. Ces derniers jours, Mohammad Reza Alizamani, Hamed Roohinezhad, Arash Rahmanipoor, Naser Endolhosaini et Davood Farbache Mir Ardebiliont été condamnés à mort pour des crimes comme participation à des protestations, adhésion à des groupes d’opposition et apostasie. Les 6 et 8 octobre, six personnes ont été pendues à Ahvaz. Ce n’est qu’une partie de ce qu’a commis ce régime barbare et criminel ces derniers jours. Nous devons nous lever avec puissance contre cette machine criminelle et détruire leur monde de crimes.

Ces personnes accusées de participation aux protestations et condamnées à mort ont, selon leurs avocats et des organisations pour les droits humains, été arrêtées avant les protestations et sont déclarées « ‘coupables » d’avoir donné des informations à des radios d’opposition et d’avoir tenté de quitter l’Iran pour se réfugier dans d’autres payer. Dans cette situation, la République Islamique tente de pendre certains protestataires avec des militants politiques pour se préparer à d’autres exécutions. Les fonctionnaires de la République Islamique pensent faussement qu’ils pourront sauver leur Etat en intimidant le peuple.

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Cinq nouvelles exécutions à Téhéran ce matin

21 10 2009

Selon des sources sûres en Iran, une femme, Soheila Ghadiri, et quatre hommes ont été exécutés à la prison Evin tôt ce matin (21 octobre 2009).

Selon la même source, l’exécution du délinquant mineur Safar Angooti a été repoussée à dans un mois.

Soheila Ghadiri (30 ans)a été accusée d’avoir tué son bébé nouveau né (âgée de 5 jours). Au tribunal, elle avait déclaré : « J’ai fuit le domicile et suis allée épouser le garçon que j’aimais à l’âge de 16 ans. Il est mort accidentellement et je suis tombée ensuite dans la prostitution et la toxicomanie. J’ai attrapé le VIH et l’hépatite. Lorsque mon bébé est née, je l’ai tuée parce que je ne voulais pas qu’elle ait la même destinée que moi ».

Mahmood Amiry-Moghaddam, porte-parole de Droits Humains en Iran, a dit : « Nous sommes désolés des cinq exécutions d’aujourd’hui à Téhéran et nous condamnons ces actes inhumains ». A propos du report de l’exécution de Safat Angooti, il a déclaré : « L’attention internationale a sans aucun doute contribué à ce report. Nous devons nous souvenir que Safar et d’autres mineurs dans les prisons iraniennes restent sous la menace d’une exécution. La communauté mondiale doit continuer ses pressions sur les autorités iraniennes pour abolir définitivement la peine de mort contre les mineurs délinquants ».

Droits Humains en Iran diffusera plus de détails sur les personnes exécutées ce matin.





Ahvaz : La population manifeste avec les ouvriers

21 10 2009

Selon les informations publiées sur le site Rowzane, les protestations des travailleurs de la compagnie Ahvaz Pipe dans la ville d’Ahvaz (Khuzestan) continuent et regroupent autour d’elles la population contre le régime. Ainsi aujourd’hui, 21 octobre, des habitant(e)s de la ville ont rejoint la manifestation des ouvriers et ont lancé des slogans comme « Vivre en Iran est notre droit inaliénable », « la justice ou la mort », ou « gouvernement de coup d’Etat, démission, démission ».

Protestation des ouvriers d’Ahvaz Pipe le 20 octobre (28 Mehr) :





Interview de Shadi Sadr

21 10 2009

Shadi Sadr est une avocate et militante iranienne pour le droit des femmes née en 1974. Elle est connue pour avoir défendu des personnes menacées de la peine de mort et pour son action pour l’abolition de la lapidation, avec la campagne « Stop stoning for ever » (stop à la lapidation pour toujours) et pour les droits des femmes. Elle a été arrêtée une première fois en mars 2007 avec 32 autres femmes pour avoir participé à un rassemblement dénonçant le procès de cinq femmes accusées de « propagande contre le système », « action contre la sécurité nationale » et « participation à une manifestation illégale » pour avoir manifesté pour l’égalité hommes/femmes le 12 juin 2006. Elle avait alors été libérée sous caution après 15 jours de détention. Lors des manifestations post-électorales, Shadi Sadr a été arrêtée et battue par des agents en civil le 17 juillet 2009 et libérée le 28 juillet.

Dans cet interview à la télévision allemande (en farsi, sous-titré en allemand), elle revient sur les conditions de son arrestation mais aussi et surtout sur le mouvement populaire de protestation en Iran. Revenant sur les accusations qu’elle serait « un agent de l’Occident », elle déclare : « Je suis convaincue que ce système de gouvernement basé sur la discrimination des femmes doit être changé. Je pense aussi que les lois doivent être changées et je me suis battue pour cela. Mais personne ne m’a donné l’ordre de le faire. (…) Les USA ne m’ont donnée ni ordre ni argent pour cela. » Elle explique que cette volonté de présenter tous ceux et toutes celles qui sont pour la transformation de la société comme des agents de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis ne vient pas d’une « paranoïa » de ceux qui sont au pouvoir, qu’elle existe depuis les débuts de la République Islamique et qu’elle est la marque « d’un système typiquement dictatorial et despotique ». Cette mise en avant d’un « ennemi extérieur » est ainsi « un moyen pour opprimer et faire taire celles et ceux qui luttent pour la transformation de l’Iran ».

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