Interview de Shadi Sadr

21 10 2009

Shadi Sadr est une avocate et militante iranienne pour le droit des femmes née en 1974. Elle est connue pour avoir défendu des personnes menacées de la peine de mort et pour son action pour l’abolition de la lapidation, avec la campagne « Stop stoning for ever » (stop à la lapidation pour toujours) et pour les droits des femmes. Elle a été arrêtée une première fois en mars 2007 avec 32 autres femmes pour avoir participé à un rassemblement dénonçant le procès de cinq femmes accusées de « propagande contre le système », « action contre la sécurité nationale » et « participation à une manifestation illégale » pour avoir manifesté pour l’égalité hommes/femmes le 12 juin 2006. Elle avait alors été libérée sous caution après 15 jours de détention. Lors des manifestations post-électorales, Shadi Sadr a été arrêtée et battue par des agents en civil le 17 juillet 2009 et libérée le 28 juillet.

Dans cet interview à la télévision allemande (en farsi, sous-titré en allemand), elle revient sur les conditions de son arrestation mais aussi et surtout sur le mouvement populaire de protestation en Iran. Revenant sur les accusations qu’elle serait « un agent de l’Occident », elle déclare : « Je suis convaincue que ce système de gouvernement basé sur la discrimination des femmes doit être changé. Je pense aussi que les lois doivent être changées et je me suis battue pour cela. Mais personne ne m’a donné l’ordre de le faire. (…) Les USA ne m’ont donnée ni ordre ni argent pour cela. » Elle explique que cette volonté de présenter tous ceux et toutes celles qui sont pour la transformation de la société comme des agents de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis ne vient pas d’une « paranoïa » de ceux qui sont au pouvoir, qu’elle existe depuis les débuts de la République Islamique et qu’elle est la marque « d’un système typiquement dictatorial et despotique ». Cette mise en avant d’un « ennemi extérieur » est ainsi « un moyen pour opprimer et faire taire celles et ceux qui luttent pour la transformation de l’Iran ».

Dans la deuxième partie, elle explique que sa génération a « une colère collective », ne « peut plus supporter ce système » et qu’un « nombre de plus en plus important de citoyens sont aujourd’hui convaincus de l’illégitimité du système. » A propos du mouvement de protestations populaires, elle indique : « Nous voulions que Moussavi soit président et pas Ahmadinejad. Mais avec le temps nous avons définis d’autres buts, indépendants de la personne de Moussavi. Aujourd’hui, les protestations se dirigent plus contre l’ensemble du système politique, contre les structures de la dictature. »


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