Abed Tavancheh, condamné à un an de prison pour une interview

25 01 2010

« Der Spiegel« , 22 janvier 2010 :

La semaine dernière, le militant iranien Abed Tavancheh a été condamné à un an de prison pour avoir donné une interview au « Spiegel » sur les protestations étudiantes. Naser Zarafshan, son avocat, dit que son client ne regrette pas d’avoir parlé.

Spiegel : On dit qu’Abed Tavancheh, votre client, a été arrêté mardi dernier. De quoi est-il accusé par les autorités d’Iran ?

Naser Zarafshan: Abed Tavancheh lutte pour la liberté d’expression et la démocratie. Il a déjà été arrêté quatre fois et condamné à 8 mois de prison. Une partie des accusations contre lui sont liées à ces activités. La principale accusation, cependant, est en lien avec l’interview qu’il a donné au « Spiegel » en septembre sur l’atmosphère tendue dans les universités. Le procureur de l’Etat dit qu’en donnant cette interview il a diffusé « la propagande contre l’ordre sacré de la République Islamique » et qu’il a « incité à l’agitation ».

Spiegel : Comment les autorités ont pris connaissance de l’interview ?

Zarafshan :Immédiatement après la publication de l’interview, un « rapport spécial » a été publié dans un grand quotidien extrêmement conservateur. Le rapport désignait le « Spiegel » comme un « magazine sioniste » et Tavancheh était violemment attaqué comme un « allié des USA orienté à gauche ». En conséquence, le procureur l’a convoqué.

Spiegel : L’affaire est-elle allée jusqu’au procès ?

Zarafshan :L’interrogatoire a été suivi de trois audiences devant un tribunal révolutionnaire. Je n’ai même pas été convoqué lors de deux de ces audiences. On ne peut y espérer aucune justice. Nous avons cité la liberté d’expression qui est garantie par notre constitution. Cependant, le tribunal considère que l’interview est une « violation de la sécurité nationale ». Pour cela, Tavancheh a été condamné à un an de prison.

Spiegel : Votre client a-t-il accepté le verdict ?

Zarafshan :Non, nous ne reconnaissons pas le verdict, qui ne nous a même pas été transmis par écrit. Parce que mon client devait être arrêté, il a rapidement quitté la salle d’audience.

Spiegel : Les autorités recherchent maintenant Tavancheh. Regrette-t-il maintenant d’avoir donné cette interview ?

Zarafshan : Mon client savait ce qu’il risquait. Il se tenait près à toute condamnation.


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