Neda, icône la révolte iranienne, un an après

6 06 2010

Article publié le 4 juin par 24 Heures :

Un an après la révolution avortée, des documentaires s’intéressent à Neda, dont l’agonie filmée a fait le tour du monde en juin 2009.

Un an après la répression des manifestations de contestation à la réélection du président iranien Ahmadinejad, le visage d’ange de Neda reste le symbole de l’espoir en un Iran libre. L’agonie de la jeune femme de 26 ans, à Téhéran, le 20 juin 2009 – filmée par des téléphones portables et diffusée dans le monde entier via internet – a fait d’elle l’héroïne et la martyre d’une révolution avortée. Cette image est vite devenue aussi emblématique que celle du Chinois planté devant un tank sur la place Tian’anmen, vingt ans plus tôt.

A l’occasion d’un anniversaire qui devrait susciter de nouvelles protestations de rue à Téhéran, des documentaires sont diffusés par des télévisions pour dire qui était Neda Agha-Soltan, quel était son combat et qui l’a tuée. Le premier film de 52 minutes, réalisé par la Britannique Monica Garnsey pour BBC 2, en novembre dernier, sera diffusé par TSR2 dimanche, à 20 h 30, dans l’émission Histoire vivante. Il revient sur les circonstances de la mort de Neda avec les témoignages de son petit ami, Caspian, et de celui qui a comprimé le flot de sang s’échappant de la poitrine de la jeune femme, Arash Hejazi, tous deux contraints à quitter l’Iran depuis.

Démenti du régime
Car le régime a tout tenté pour effacer les traces de cette mort qui mettait en danger la république islamique. Démentant toute responsabilité dans cet assassinat, le pouvoir a successivement affirmé que Neda n’était pas morte et vivait en Grèce. Puis il a accusé la CIA et enfin le correspondant de la BBC à Téhéran de l’avoir tuée.

Dans le documentaire, la carte d’un bassidji, pris à partie par la foule et soupçonné d’avoir tiré sur Neda, est produite. Victime de la violence d’Etat, Neda aspirait au changement, à vivre librement. Tout simplement. Peu politisée, elle a pourtant participé à toutes les manifestations post-électorales, sans avoir d’autres champions que ses rêves d’émancipation. Dans un autre film réalisé cette année par l’Américain HBO, elle apparaît enfant à l’école, refusant de porter le tchador. Sa mère, qui n’a pas été autorisée à organiser la cérémonie de deuil après sa mort, y parle du courage de sa fille, avec peine et amour. On y voit aussi Neda danser et rire dans des films de famille. L’icône glacée devient une Neda vivante qui rayonne. Le visage de l’Iran, demain?


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