Nouvelle condamnation à la peine de mort pour sodomie

6 07 2010

Article publié le 6 juillet par Rue 89 :

D’habitude, les Iraniens condamnés à mort pour sodomie n’ont pas de nom. Depuis la révolution islamique de 1979, ils finissent simplement par centaines au bout d’une corde, dans l’anonymat. Plusieurs raisons à cela : d’abord la honte des familles, qui refusent de révéler l’identité des « délinquants sexuels » condamnés. Mais la prudence du système judiciaire iranien aussi, échaudé depuis la mise à mort de mineurs, en juillet 2005, une peine qui a réveillé les organisations internationales de défense des droits de l’homme.

D’habitude, les gays exécutés en Iran périssent donc à l’abri des regards. Mais là, c’est différent. Ebrahim Hamidi a une identité. Sa famille est riche et ne rougit pas de défendre ouvertement un fils dans le couloir de la mort. Elle a par ailleurs les moyens, ce qui est rare, de se payer un avocat. Maître Mohammad Mustafahé veut prouver que les nombreuses dénonciations de viols entre hommes en Iran cachent, en fait, des règlements de compte entre clans décidés à laver leur honneur par le sang après la découverte de l’homosexualité d’un fils, qu’elles forcent à dénoncer son « violeur ».

L’avocat a rédigé, dimanche 4 juillet, un communiqué de presse dans lequel il annonce la sentence proclamée à l’encontre de son client par le tribunal régional de Tabriz, dans l’Azerbaïdjan iranien.

Des irrégularités qui auraient dû invalider la procédure

Selon la défense, la cour n’a pas pu prouver « l’acte anal illicite » entre les deux hommes, pourtant au cœur d’un procès désormais devenu banal en République islamique. La cour suprême, saisie à deux reprises, a relevé de nombreuses irrégularité dans l’enquête, des erreurs qui auraient dû invalider la procédure. La condamnation, comme c’est désormais systématiquement le cas dans ce genre d’affaires, se base sur les seuls aveux de l’accusé. Des mots arrachés, selon maître Mustafahé, sous la torture.

L’association en exil de défense des homosexuels iraniens Irqo, seule ONG reconnue venant en aide aux minorités sexuelles persophones, souhaite faire d’Ebrahim Hamidi un symbole. Saghi Ghahraman, depuis Toronto, où est basée l’Irqo, explique :

« A ce jour, il est le seul condamné à mort pour sodomie à avoir les moyens de se payer un avocat et à pouvoir compter sur le soutien actif de ses parents. »

Ceux-ci doivent bien se demander ce que l’on reproche à leur fils, puisqu’en Iran, selon le Président Mahmoud Ahmadinejad, « il n’y a pas d’homosexuels ».

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