Le secrétaire général du Conseil supérieur des droits de l’homme défend la lapidation

11 07 2010

Article du blog « Dentelles et Tchador« , 11 juillet 2010 :

La lapidation en Iran c’est bien. Voici en substance, ce qu’a annoncé vendredi le Secrétaire général du Conseil supérieur des droits de l’homme en Iran, Mohammad Javad Larijani, et frère du chef du système judiciaire iranien, selon l’agence officielle de la République islamique IRNA , une information reprise par le LA Times et la radio iranienne Zamaneh .

Fustigeant la vague de protestations occidentales contre la peine de lapidation prononcée à l’encontre de l’Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani, Larijani a insisté sur le fait que cette peine existait dans la Constitution iranienne et qu’elle était donc « légale ».

« Notre système judiciaire ne peut changer sa décision en raison d’attaques occidentales et de la pression des médias », a-t-il ainsi annoncé à l’Agence de presse IRNA. « L’attaque des médias occidentaux contre la République islamique d’Iran intervient à chaque fois sous un prétexte différent, et durant ces dernières années ce sont les organes appliquant la loi religieuse islamique qui ont été la cible de ces attaques ».

Mais l’information principale, c’est que cette annonce contredit celle faite vendredi matin par l’Ambassade d’Iran à Londres , affirmant que la sentence prononcée à l’encontre de Sakineh Mohammadi Ashtiani allait être « révisée ».

Et les déclarations suivantes du Secrétaire général du Conseil supérieur des droits de l’homme en Iran vont dans le même sens:

Vendredi, il a appuyé la peine prononcée à l’encontre de l’Iranienne, estimant que son dossier suivait son cours « naturel » et qu’il ne contenait aucun « point de doute ». Il a notamment révélé qu’elle avait été condamnée à 90 coups de fouet dans un procès, peine qu’elle a déjà subie, et à la « lapidation » dans un autre.

Larijiani a affirmé à l’agence de presse officielle de la République islamique que durant ces dernières années, « les sentences sacrées de l’Islam » avaient été la cible « d’attaques occidentales », mais que les juges iraniens continuaient à prononcer leurs décisions selon la « loi », malgré toutes ces pressions.

Alors, tout comme le dossier nucléaire, les exécutions d’opposant politiques ou le cas Clothilde Reiss, les autorités iraniennes se servent-elles désormais du sort de Sakineh Mohammadi Ashtiani comme monnaie d’échange dans le tumultueux jeu politique qu’elles mènent avec la Communauté internationale?

Le 15 mai 2006, l’Iranienne de 43 ans a été condamnée à 99 coups de fouet pour avoir entretenu « une relation illégale » avec deux hommes après la mort de son mari. Or en septembre de la même année, durant le procès d’un homme accusé d’avoir tué son conjoint, une autre court à réouvert son dossier, et en se basant sur des événements s’étant produits avant la mort du mari, l’a condamnée à être lapidée, malgré les protestations de Sakineh qui a expliqué que ses aveux lui avaient été soutirées par la force durant sa détention.

Selon Mohammad Mostafaei , son avocat, elle connaissait l’homme “qui a abattu son mari, et comme elle était présente au domicile lorsque le meurtre a eu lieu, elle a été accusé d’être complice“. Puis il ajoute: “Mais après que ses enfants l’aient pardonnée dans l’affaire du meurtre, elle est désormais accusée d’avoir entretenu une relation adultère avec cet homme“.

En vertu du code pénal iranien, les relations sexuelles avant le mariage sont punies de 100 coups de fouet. Mais la donne change quand l’auteur est marié. Dans ce cas, c’est aux jets de pierre qu’il a droit. Le « coupable » est donc publiquement enterré, jusqu’à la taille s’il s’agit d’un homme, jusqu’aux épaules s’il s’agit d’une femme, qui ne peut donc rien face aux pierres lancées dans sa direction. Celles-ci doivent être suffisamment grosses pour la blesser. Mais elles ne doivent pas non plus être trop grandes, afin de faire expier la faute par la souffrance. En effet, une pierre trop imposante tuerait la femme sur le champ.

Selon Amnesty International, au moins huit autres femmes et trois hommes courent le risque d’être lapidés en Iran.

Petit rappel, c’est ce même Mohammad Javad Larijani, Secrétaire général (donc chef) du Conseil supérieur des Droits de l’homme en Iran, qui avait affirmé en février à Euronews que les Britanniques étaient responsables de l’accueil du « personnage clé » de la mort de la jeune Neda Agha-Soltan, tuée en pleine rue le 20 juin 2009.

Larijani désignait en fait Arash Hejazi, médecin présent sur la vidéo (en T-Shirt blanc) qui a tout tenté pour sauver la vie de la jeune Iranienne, avant de fuir le pays et de trouver asile au Royaume-Uni.

Peu après l’agonie de Neda, un milicien bassidji, du nom de Abbas Kargar Javid, est assailli par la foule, et ne cesse de répéter, pour sa défense : « Je ne voulais pas la tuer ! Je ne voulais pas la tuer ! ».

La foule le déshabille, lui confisque sa carte d’identité, avant de le laisser fuir, car la police l’aurait relâché.

Il n’a toujours pas été inculpé par la justice iranienne.

Pour sauver Sakineh Mohammadi Ashtiani, addressez-vous directement aux autorités iraniennes en charge du dossier et demandez leur:

a) de surseoir à toute forme d’exécution ;

b) de clarifier le statut légal de la prévenue et d’en informer, dans les plus brefs délais, son avocat ;

c) d’accélérer la réflexion et donc la décision visant à retirer du Code Pénal la peine de lapidation qui fait honte à la culture millénaire persane

Cet appel doit être adressé par mail à :

1) l’Ayatollah Sayed Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique d’Iran

Email: info_leader@leader.ir
Par le biais de son site internet : http://www.leader.ir/langs/fr/index.php?p=letter (en français)

http://www.leader.ir/langs/en/index.php?p=letter (en anglais)

http://www.leader.ir/langs/fa/index.php?p=letter (en persan)

Salutation: Votre Excellence

2) Le Chef de la justice iranienne: l’Ayatollah Sadeqh Larijani:

http://www.dadiran.ir/tabid/75/Default.aspx

Première case : votre prénom
Deuxième case : votre nom de famille
Troisième case : votre adresse e-mail

Salutation : Votre Excellence

P.S. : il est intéressant de noter que la fameuse dépêche de l’agence de presse officielle de la République islamique(IRNA) , n’est désormais plus disponible, et qu’elle a été remplacée par une autre du même Secrétaire du Bureau des droits de l’homme en Iran affirmant que la peine de lapidation allait être révisée. Or si le doute quant à la lapidation prochaine de Sakineh Mohammadi Ashtiani est plus que jamais présent, rien n’indique aujourd’hui que l’Iranienne, en cas de révision de sa peine, ne va pas tout de même être pendue. D’ailleurs, son avocat a annoncé hier à l’AFP qu’il n’avait reçu aucune confirmation officielle que la peine de lapidation contre sa cliente avait été levée.

Des messages de protestation peuvent toujours être envoyés aux autorités iraniennes depuis cette adresse. Voir aussi le texte de Mina Ahadi du 8 juillet 2010.


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2 responses

13 07 2010
vincnt

Pire que la cruauté des SS car : au nom de Dieu !!!!
Donc ils agissent au nom du Diable !!!

17 11 2012
ahmad ali ataollahi

persian;.man az chnd khodkoshi saghtegi jan b dar bordam b man komak konid (man dar aman nistam) help me(ahmad ataollahi)(ahmad.ataie@hotmail.fr)

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