Sauvons Sakineh

24 07 2010

Article publié par « Elle » le 23 juillet 2010 :

Enserrée des pieds à la tête dans un drap blanc. Enterrée dans le sable jusqu’aux épaules. Lapidée à mort à l’aide de larges pierres lancées par les bourreaux – tous des hommes. Comment, au XXIe siècle, peut-on encore accepter ça ? C’est pourtant le sort auquel était promise il y a peu Sakineh Mohammadi Ashtiani, une jeune veuve iranienne de 43 ans, convaincue par les tribunaux islamiques d’adultère, avant et après la mort de son époux survenue il y a quelques années. Ce dont elle se défend toujours. Ses aveux, dit-elle, lui ont été arrachés sous la torture.

En 2006, après avoir « avoué son crime », elle avait été condamnée à recevoir 99 coups de fouet. Mais cela n’était sans doute pas suffisant pour une faute aussi grave. Elle méritait la mort. Depuis quatre longues années passées dans les sinistres geôles iraniennes, entrecoupées de cauchemars, elle attendait sa lapidation. Une mobilisation internationale sans précédent a fait surseoir in extremis ce châtiment barbare. Face aux mouvements d’opinion partis du Canada, des Etats-Unis, du Brésil, d’Europe, face aux manifestations d’associations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International, aux mouvements féministes, aux pétitions adressées aux dirigeants iraniens (plus de 90 000 noms à ce jour) signées par des politiques, des personnalités et des intellectuels de tous pays demandant que cette mère de deux enfants – qui font eux aussi entendre leur voix, au péril de leur vie – soit libérée, le gouvernement iranien a accepté de différer la sentence.

Sakineh Mohammadi Ashtiani reste cependant condamnée à mort. Elle le sera sans doute par pendaison, une exécution apparemment moins ignoble mais tout aussi injuste. D’abord il n’existe aucune preuve de sa culpabilité, et quand bien même. Ce qui devrait être tout au plus une affaire privée devient un crime en Iran, où les droits en général et les droits des femmes en particulier sont plus que jamais bafoués, où l’adultère est le seul délit puni de lapidation. De nombreux autres prisonniers – en majorité des prisonnières – attendent dans les couloirs de la mort. Parmi eux, Azar Bagheri, mariée à 14 ans, accusée d’adultère à 15 par son époux. Elle attend depuis quatre ans que soit exécutée la sentence… Voilà pourquoi il faut continuer à protester urgemment, bruyamment, toujours plus nombreux, pour sauver Sakineh et les autres.


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