L’Iran doit cesser le harcèlement à l’encontre de Mohammad Mostafaei

28 07 2010

Communiqué d’Amnesty International du 28 juillet 2010 :

Amnesty International a exhorté les autorités iraniennes à mettre fin au harcèlement exercé contre les avocats spécialisés dans la défense des droits humains, alors que l’on reste sans nouvelles d’un avocat défendant une personne condamnée à mort par lapidation dans une affaire récente ayant suscité une forte controverse et alors que deux membres de la famille de cet avocat ont été arrêtés.

On ignore depuis quelques jours où se trouve Mohammad Mostafaei. Samedi dernier, il a été interrogé par des représentants des autorités judiciaires puis relâché, mais on ignore ce qu’il est peu après advenu de lui.

En fin de soirée, les autorités iraniennes ont arrêté sa femme et son beau-frère. Il est à craindre qu’ils ne soient détenus afin de pousser Mohammed Mostafaei à se rendre aux autorités s’il n’est pas déjà incarcéré.

Cet avocat de renom défend Sakineh Mohammadi Ashtiani. L’annonce de l’exécution prochaine par lapidation de cette femme a provoqué un tollé international.

Il a également défendu un grand nombre de mineurs délinquants, de prisonniers politiques et d’autres personnes condamnées à mort par lapidation. Mohammed Mostafaei a ouvertement critiqué le système judiciaire iranien.

« Mohammad Mostafaei contrarie fortement les autorités iraniennes et nous craignons qu’il ne soit persécuté pour qu’il mette fin à son activité professionnelle d’avocat défenseur des droits humains », a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Mohammad Mostafaei a été convoqué samedi dernier par les autorités judicaires pour un interrogatoire à la prison d’Evin, à Téhéran, et il a été relâché au bout de quelques heures. Il a cependant de nouveau été convoqué à la prison, par téléphone. On ignore s’il a ou non obéi à cette convocation.

L’épouse de Mohammad Mostafaei, Fereshteh Halimi, et le frère de celle-ci, Farhad Halimi, ont été arrêtés samedi en fin de journée. Ils sont toujours détenus et ils n’ont pas été autorisés à contacter un avocat.

Après l’interrogatoire qu’il a subi le 24 juillet, Mohammad Mostafaei a écrit sur son blog qu’il avait surtout été questionné au sujet de ses activités de défenseur de mineurs délinquants. Il a également indiqué sur sa page Facebook : « Ils vont peut-être m’arrêter. »

« Les autorités iraniennes ont apparemment l’intention de réduire au silence tous ceux qui s’opposent à la lapidation ou à d’autres pratiques clairement contraires aux obligations internationales de l’Iran en matière de droits humains », a poursuivi Malcolm Smart.

« Mohammad Mostafaei devrait pouvoir continuer d’exercer son métier d’avocat, au lieu de risquer d’être arrêté parce qu’il tente de défendre des personnes victimes d’atteintes aux droits humains.

« Si Fereshteh et Farhad Halimi sont détenus uniquement en raison de leurs liens de parenté avec Mohammad Mostafaei ou dans le but de faire pression sur ce dernier, ils sont alors des prisonniers d’opinion et doivent donc être libérés immédiatement. »

Fereshteh Halimi et Mohammad Mostafaei ont une petite fille qui aurait été confiée à la mère de Fereshteh Halimi.

On observe de longue date en Iran de nombreux cas d’avocats défenseurs des droits humains harcelés et emprisonnés. En 2002, Nasser Zarafshan a été condamné à une peine de cinq ans d’emprisonnement, en partie sur la base d’accusations de détention d’arme à feu et d’alcool forgées de toutes pièces.

En 2005, Abdolfattah Soltani a été condamné à un total de cinq ans d’emprisonnement pour diffusion de documents confidentiels et « propagande contre le régime ». Cette peine a été annulée en appel en 2007, mais il a de nouveau été arrêté en 2009 et détenu pendant deux mois avant d’être remis en liberté sous caution.

Parmi les autres avocats actuellement détenus à cause de leur travail de défense des droits humains figure Mohammad Olyaeifard, qui purge une peine d’une année d’emprisonnement pour avoir critiqué le système judiciaire après l’exécution d’un de ses clients mineur délinquant, Behnoud Shojaee.

D’autres avocats iraniens spécialisés dans la défense des droits humains – tels que Shirin Ebadi, lauréate du prix Nobel, et Shadi Sadr, lauréate de plusieurs prix internationaux récompensant ceux qui œuvrent en faveur des droits humains – travaillent à présent à l’étranger car ils ne veulent pas retourner dans leur pays pour des raisons de sécurité.

Mohammad Mostafaei a été brièvement détenu, puis remis en liberté sous caution, en 2009 après l’élection présidentielle contestée.


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