Un an de soulèvement populaire en Iran

1 08 2010

Article de Julien Badaud publié par « L’Autre Ment » N°10 (Août-septembre 2010) à propos de l’anniversaire du soulèvement de juin 2009 :

Samedi 19 juin, des militants d’une quinzaine d’associations iraniennes de toute l’Europe, sont venues arpenter la place Saint-Michel à Paris pour célébrer le premier anniversaire du soulèvement iranien.

« À bas la République islamique en Iran ! ». C’est suivant ce mot d’ordre que les banderoles ont été déployées par plus d’une centaine d’opposants au régime iranien, sur la place Saint-Michel à Paris, le 19 juin 2010. La date n’est pas choisie au hasard. Tous ont en mémoire les événements du 20 juin 2009, quand l’Iran se soulevait, depuis sept jours déjà, contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, accusé de fraude électorale. Les millions d’Iraniens qui s’étaient mobilisés dans tout le pays ont fait de ce mouvement de contestation le plus important du pays depuis la révolution de 1979.

Au micro, un militant de l’Association pour la Défense des Prisonniers Politiques et d’Opinion en Iran (ADPOI) donne le ton : « Depuis 30 ans, la République islamique d’Iran n’a de cesse d’utiliser la torture et la peine de mort face à ses opposants de tous bords. » Il rappelle ensuite la répression du régime, l’impossibilité pour toute voix
dissidente de s’exprimer, l’interdiction d’organiser des meetings politiques, et la censure exercée sur les médias. Prennent alors la parole d’autres associations iraniennes, qui ont fait le déplacement de toute l’Europe. Parmi elles, on retrouve le Collectif de soutien aux luttes du peuple iranien (Allemagne), le Comité de défense des luttes du peuple iranien (Suisse et Belgique), l’Association culturelle des Iraniens (Pays-Bas), ou encore le Conseil de solidarité avec les luttes du peuple iranien (Royaume-Uni).

Des organisations françaises sont aussi présentes. Catherine Margaté, maire PCF de Malakoff, « mandatée par le congrès du Parti », vient rappeler que « le Parti Communiste Français a toujours soutenu les luttes en Iran ». Lui succèdent pour le même discours un membre du NPA, puis des militants syndicaux de SUD, CNT, et enfin de la CGT, qui « a condamné à plusieurs reprises la répression exercée sur les syndicalistes en Iran. »

C’est finalement au milieu de la foule, que l’on retrouve les témoignages les plus intéressants. Pascal, membre du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran (PCOI) explique : « le 20 juin 2009 est une date charnière. Les manifestations de masse se sont radicalisées. Elles marquent l’expression d’un mouvement de fond révolutionnaire pour en finir avec la République islamique. » Il tient à préciser : « Contrairement à ce que prétendent certaines analyses, les manifestations ne sont pas appelées par l’aile réformatrice du régime [représentée par Mir Hossein Mossavi, principal opposant d’Ahmadinejad lors des présidentielles, ndlr]. Elles sont bien plus offensives face aux forces de répression ». Ces forces de répression qui avaient d’ailleurs tristement marqué le 20 juin 2009. Les mouvements de contestation s’étaient soldés par la mort, entre autres, de Neda Agha-Soltan, abattue d’une balle en plein coeur. Son assassinat, filmé par une caméra amateur, avait été largement diffusé à travers le monde par le biais d’internet.

Depuis, les images de sa mort ont fait d’elle un symbole international de la protestation iranienne. Symbole d’autant plus fort, quand on connaît « l’apartheid sexiste » auquel sont soumises les femmes en Iran.

Pour le camarade du PCOI, une seule solution au régime islamique iranien : « Les protestations qui existent aujourd’hui dans les usines et les constitutions d’organisations ouvrières clandestines joueront un rôle clef dans l’avenir ». Il rajoute « une intervention militaire occidentale serait par contre une catastrophe pour le mouvement révolutionnaire en Iran. Non seulement, c’est la population civile qui paierait le prix, mais elle aiderait en plus le régime à constituer une “unio nationale” autour de lui. » Il conclut alors : « À l’inverse, un renversement de la République islamique par une révolution ouvrirait d’immenses perspectives au Moyen-Orient et ailleurs ».

Autrement dit : toujours garder la foi en un peuple qui lutte plutôt qu’en un régime religieux qui gouverne contre son peuple !


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