Ahmadinejad joue la carte de la répression tous azimuts

17 08 2010

Article publié par « L’Humanité » le 16 août 2010 :

Des gouvernements européens aux grands noms de la littérature et du cinéma, la mobilisation prenait de l’ampleur lundi pour sauver de la mort par lapidation Sakineh Mohammadi Ashtiani, après des aveux soutirés sous la torture. Depuis l’« aveu » de Sakineh Mohammadi-Ashtiani devant la télévision, l’exécution de la sentence, la lapidation, devient probable. Notre question : Comment aider les femmes et démocrates iraniens  ?

Depuis l’« aveu » de Sakineh Mohammadi-Ashtiani devant la télévision de la République islamique, l’exécution de la sentence, la lapidation, devient probable. Cette femme âgée de quarante-trois ans a déclaré mercredi à la télévision d’État avoir participé au meurtre de son mari et avoir eu une relation extraconjugale avec le cousin de ce dernier. Son avocat, Houtan Kian, affirme qu’il s’agit d’aveux soutirés sous la torture. « Elle a été frappée violemment et torturée jusqu’à ce qu’elle accepte d’apparaître face à la caméra », a affirmé Houtan Kian.

Cet été, une campagne internationale a été lancée en faveur de Sakineh. Un mouvement international s’est ainsi fait jour pour l’annulation de la sentence, émanant notamment de personnalités politiques et du monde du spectacle, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni. En France, la campagne a pris une nouvelle ampleur avec un appel d’intellectuels.

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A propos des « aveux » de Sakineh

17 08 2010

Communiqué d’Amnesty International, 16 août 2010 :

Amnesty International a critiqué la diffusion à la télévision des «aveux» de Sakineh Mohammadi Ashtiani, une Iranienne condamnée à mort par lapidation pour adultère, dans lesquels elle semble s’accuser du meurtre de son mari.

Cette vidéo a été diffusée mercredi 11 août dans l’émission 20 h 30 de Seda va Sima, la télévision nationale de la République islamique d’Iran.

Il est fréquent que les autorités recourent aux « aveux » télévisés pour incriminer des personnes maintenues en détention. Nombre d’entre elles reviennent plus tard sur leurs « aveux », affirmant qu’elles y ont été contraintes sous la torture ou d’autres mauvais traitements.

« Ces prétendus aveux s’ajoutent à une série de plus en plus longue d’autres “aveux” et autoaccusations extorqués à de nombreux détenus au cours de l’année écoulée, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Les déclarations formulées lors de ce type d’interviews télévisées ne devraient avoir aucune influence sur la justice iranienne, si ce n’est de lui donner une raison de réexaminer son cas. Cette dernière vidéo ne montre rien de plus que le manque de preuves contre Sakineh Ashtiani. »

Amnesty International croit savoir que l’avocat de Sakineh Mohammadi Ashtiani, Javid Houtan Kiyan, a présenté la semaine dernière un dossier de 35 pages pour demander une révision judiciaire. La réponse à cette requête est attendue aux alentours du 15 août.

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Nouveau rejet de la proposition d’asile du Brésil

17 08 2010

Dépêche AP du 17 août 2010 :

Le Brésil, qui entretient des relations amicales avec l’Iran, a proposé l’asile à la jeune femme condamnée à la lapidation pour adultère après des aveux obtenus sous la torture.

L’Iran n’enverra pas Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée à mort par lapidation pour adultère, vers le Brésil qui a proposé l’asile à cette femme de 43 ans, a annoncé le président Mahmoud Ahmadinejad lundi dans un entretien télévisé.

La condamnation de cette mère de deux enfants a suscité une vive condamnation à l’échelle internationale, après l’annonce par son avocat de l’imminence de l’application du châtiment.

Le Brésil, qui entretient des relations amicales avec l’Iran, a proposé l’asile à la jeune femme.

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Une iranienne attend qu’on lui jette la pierre

17 08 2010

Article publié par « Le Canard Enchaîné », 11 août 2010 :

Condamnée à la lapidation pour adultère, Sakineh Ashtiani risque la mort. Les officiels iraniens ont prononcé la suspension temporaire de sa peine, le Brésil a proposé de lui donner asile, mais elle est toujours enfermée à la prison de Tabriz. « Le jour où j’ai été fouettée en face de mon fils, Sajjad, j’ai été anéantie, ma dignité et mon coeur ont été brisés » écrit-elle dans une lettre récente, avouant être « tombée dans un trou sans fond » en apprenant que les pierres allaient succéder au fouet.

« Au fait comment la lapidation se déroule-t-elle ? » se demande State.fr (6/8). Le site explique que l’homme est « enterré jusqu’à la taille, une femme jusqu’à la poitrine ». Les projectiles doivent être soigneusement choisis. « De taille moyenne » selon le code pénal islamique. « Pas trop grand pour qu’un ou deux ne suffisent pas à tuer, mais pas trop petits pour qu’on puisse les appeler des cailloux. En d’autres termes, à peu près la taille d’une mandarine. » Qui jette les pierres ? Le juge du tribunal d’instance lance la première s’il s’agit d’un aveu. Lorsque la condamnation est fondée sur des témoignages, ce sont les témoins qui commencent, avant d’être rejoints par les juges et les flics. « Toute la procédure prend moins d’une demi-heure ».

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Azar Bagheri, une autre femme condamnée à la lapidation

17 08 2010

Un autre exemple de condamnation à la lapidation en Iran, source Freedom Messenger 12 août 2010 :

Azar Bagheri est une autre cliente de Maître Kian (NdT : nouvel avocat de Sakineh Ashtiani), emprisonnée depuis l’âge de 14 ans après que son mari ait porté plainte contre elle. Maître Kian déclare : « Madame Bagheri est incarcérée depuis 10 ans, depuis qu’elle a 14 ans. Nous avons suivi tout le processus judiciaire et ils ont prononcé et réaffirmé six fois la condamnation à mort par lapidation. Ce n’est que récemment que la peine a été commuée en coups de fouets. Le dossier a été ouvert  et transmis à la Cour Suprême. Si la Cour Suprême ne remet pas en cause la peine des coups de fouet, elle sera sauvée de la lapidation. Si la Cour Suprême l’annule, la lapidation peut avoir lieu. Cependant, avec cent coups de fouet sur son dos nus, elle risque des dommages à la colonne vertébrale comme c’est le cas de beaucoup de personnes condamnées au fouet ».

Maître Kian explique que le mari de Madame Bagheri devait de l’argent à un homme et qu’il a invité cette personne à son domicile. Puis, le mari a battu Azar Bagheri et l’homme, a appelé la police et déclaré que Madame Bagheri et l’homme avait eu une relation sexuelle dont il avait été témoin. Il avait mis en place un plan pour se débarrasser de son créancier. La peine a été commuée en coups de fouets lorsqu’il fut finalement prouvé que l’homme était en fait un créancier, que toute l’affaire n’était qu’une conspiration et que la relation entre Madame Bagheri et le créditeur était fausse.