La répression contre les militants syndicaux continue

23 08 2010

Article publié par HNS-Infos le 23 août 2010 :

La répression massive sur les militants syndicaux indépendants se poursuit en Iran. Plusieurs dirigeants et militants du mouvement syndical demeurent dans les prisons ; d’autres ont fait l’objet d’assignations judiciaires et de licenciements arbitraire et se sont fait virer pour leur activisme syndical. Voici un récit de la répression de l’activisme syndical indépendant dans l’Iran d’aujourd’hui, sous la dictature du tandem Khamenei – Ahmadinejad.

Mansour Osanloo, est le porte parole du syndicat Vahed, celui des travailleurs et chauffeurs de bus de Téhéran et de sa banlieue. Il devait être libéré sous conditionnelle sous peu, le 1er août 2010, mais une cour de justice a prétexté, pour lui coller une année de prison de plus, qu’il aurait des connexions avec les groupes d’opposition illégaux. Cette parodie de procès a duré une heure et dix minutes devant la cour de la branche du tribunal « révolutionnaire » la ville de Karaj. Lors du procès, Mansour Osanloo n’a même pas pu voir ses avocats, qui n’avaient pas été informés de la date de l’audience.

Bien que le ministre du Travail iranien avait fait une promesse de libération lors de sa dernière visite au siège de l’OIT à Genève, Mansour reste en prison à cause de cet appel que le parquet iranien a déposé contre lui. Lors de cette audience, il avait purgé une peine de cinq ans dans la prison de Gohardacht de Karaj. Ses avocats ont tenté de déposer une requête contre la décision des juges.

Ebrahim Maddadi, administrateur général du Syndicat des travailleurs de bus Vahed, reste également en prison. Maddadi purge une peine de 3,5 années avec Mansour Osanloo.

Reza Shahabi, est le secrétaire-trésorier du Syndicat. Dans une brève conversation téléphonique avec sa famille, il a appris qu’il aurait une extension supplémentaire de deux mois de plus de son incarcération. Reza Shahabi avait été kidnappé et arrêté le Juin 12 juin 2009 par des agents du ministère des Renseignements de la Vevak (les RG iraniens) puis mis au secret dans la section 209 de la prison d’Evin. Il a été privé de toute visite familiale depuis et n’a pu avoir que quelques brèves conversations téléphoniques surveillées et contrôlées par les matons avec sa famille. [1]

Saeed Torabian est le mandaté des relations publiques du syndicat Vahed. Il a été libéré contre une caution importante le 19 Juillet ; il est depuis confronté à diverses pressions illégales et à des menaces quotidiennes faites par les fonctionnaires du ministère des Renseignements de la Vevak contre lui et les membres de sa famille. [2]

Le 17 août 2010 Homayoun Jaberi, un militant du Syndicat Vahed a pris un an avec sursis en plus suite à son arrestation lors la manifestions du 1er mai 2009 dans le parc Laleh de Téhéran. Date où plein d’autres camarades syndicalistes iraniens furent arrêtés.

Le 22 Juillet 2010, Gholamreza Gholamhosseini, un militant du Syndicat des travailleurs de bus Vahed, a vu son salaire et ses avantages sociaux suspendus et mis en attente « indéterminée ». Agé de 44 ans, il avait été arrêté suite à une grève des travailleurs de bus Vahed en 2005 et a passé plusieurs semaines en prison. Il avait été suspendu disciplinairement pendant quatre ans avant d’être réintégré il y a six mois. Il est marié et père de trois enfants.

Gholamhosseini est parmi les nombreux militants syndicaux du Vahed qui ont été confrontés à la colère et à la haine du régime en raison de leur militantisme syndical. Plusieurs militants syndicaux comme ceux de la raffinerie du sucre de la Haft Tapeh Cane company aussi attendent leur réintégration suite à des mises à pied disciplinaires en raison de leurs activités syndicales. [3]

La répression des militants syndicaux Vahed ne se limite pas à leur intimidation par des coups de téléphone « anonymes » par des basidj’is ou des « civils » du ministère de l’intérieur. Les familles de ces militants sont également sous la pression des agents de la vevak et de basidj’is en civil. On se souvient au mois de juin dernier que la Vevak et des basidj’is avaient organisé l’enlèvement et la torture de la belle fille de Mansour Osanloo. Kidnappée, détenue et battue plusieurs heures durant elle fut relâchée sous un pont à Téhéran enceinte et traumatisée ; elle a fait, par suite de ses mauvais traitement, une fausse couche et a perdu son bébé. On a signalé depuis que plusieurs autres familles de militants du syndicat Vahedl ont été soumises à de fortes pressions économiques et judiciaires accompagnées de menaces explicites des agents de la Vevak. [4]

L’Assemblée libre des travailleurs iraniens signale que Sadigh Karimi et Foad Keikhosravi, des membres actifs du syndicat et de l’assemblée libre, ont été convoqués une fois de plus devant le tribunal révolutionnaire dans la ville de Sanandaj pour le 22 Septembre. Les deux militants avaient déjà été convoqué le 20 juillet devant ce même tribunal. [5]

Cependant sept militants du Comité de coordination pour Faciliter la création d’organisations de travailleurs libres en Iran, Fattah Soleimani, Hossein Piroti, Samad Ahmadpour, Rahman Tanha, Rahman Ebrahimzadeh, Isa Ebrahimzadeh et Abbas Hashempour ont été déclarés non coupables des charges retenues contre eux lors d’une audience devant la branche du tribunal révolutionnaire de la ville d’Urumiyeh. Ils avaient été arrêtés le 16 août 2000 pour l’un d’entre eux et pour un autre le 29 février 2010. Ce dernier avait passé douze jours en prison.

Le Comité de coordination des travailleurs libres iraniens a également signalé le procès de deux militants syndicaux, Vafa Ghaderi et Sadigh Sobhani. Il a eu lieu dans la ville de Sanandaj. Khosrow Boukani, un militant de la ville de Naghadeh, a été condamné à une peine de deux ans et Kaveh Golmohammadi, de la ville de Kamyaran, est actuellement détenu dans la ville de Sanandaj.

Rasoul Bodaghi, un membre du conseil d’administration de l’Association iranienne des enseignants du commerce, a été condamné à six ans de prison et cinq ans de privation de ses activités d’enseignant le 3 août 2010. Il a été condamné à un an de prison pour « propagande contre le régime » et cinq ans de plus pour « tentative de trouble à l’ordre public et mise en danger de la sécurité nationale ». Son audience a eu lieu le 14 Juillet 2010. Rasoul Bodaghi est en prison depuis Septembre 2009. Ces nouvelles sentences ont été portées en appel par son avocat.

Ali Akbar Baghani et Mahmoud Beheshti Langarudi, qui sont le secrétaire général et le porte-parole de l’Association des enseignantes et des enseignants ont été libérés plus tôt en juillet 2010. Ils sont incarcérés pour certains depuis 63 jours. Mokhtar Assadi, Mohammad Bagheri, Esmael Abdi et Hashem Khastar sont des miltants de syndicats d’enseignants comme Abdolreza Ghanbari, un syndicaliste enseignant incarcéré depuis plusieurs mois et qui a été condamné à la peine de mort. C’est extrêmement inquiétant puisqu’on se rappelle encore de l’exécution par pendaison de Farzad Kamangar, un jeune enseignant et militant syndicaliste enseignant le 9 mai 2010 dernier. [6]

Behnam Ebrahimzadeh et Mehdi Farahi Shandiz sont deux membres de la commission pour la formation des organisations de travailleurs libres en Iran. Ils restent détenus au secret. Mehdi Farahi Shandiz est en prison depuis le 1er juillet 2010. Il est l’un des militants syndicaux arrêtés lors des manifestation du mois de mai 2009 à Téhéran. Depuis, la branche 8 du tribunal révolutionnaire lui a demandé de rassembler ses effets personnels pour le transférer ailleurs.Il avait été sévèrement passé a tabac lors de son arrestation et subit ensuite la torture dans la prison tristement célèbre de Kahrizak au sud de Téhéran, sous des accusations de « troubles a l’ordre public ». Sa famille n’arrive depuis qu’à avoir très difficilement de ses nouvelles.

Notes

[1] Voir en anglais : http://iranlaborreport.com/?p=1241
[2] Voir en anglais : http://iranlaborreport.com/?p=1187
[3] Voir en anglais : http://iranlaborreport.com/?p=1074
[4] Voir en anglais : http://iranlaborreport.com/?p=1122 http://iranlaborreport.com/?p=958
[5] Voir en anglais : http://iranlaborreport.com/?p=1094
[6] voir en anglais : http://iranlaborreport.com/?p=956

Campagne pour la libération des travailleurs emprisonnés en Iran :

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