La mobilisation continue pour Sakineh et contre la lapidation

3 09 2010

Article publié le 3 septembre par HNS-Infos :

Appel de l’union internationale des avocats pour sauver Sakineh Mohammadi Ashtiani :

L’Union Internationale des Avocats (UIA) a co-signé le 27 août 2010 l’appel des principales organisations internationales d’avocats en faveur de Madame Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée à mort par lapidation en Iran.

Constatant que les droits élémentaires de Madame Sakineh Mohammadi Ashtiani à un procès juste et équitable ont été violés, l’UIA, aux côtés de l’Association Internationale des Jeunes Avocats (AIJA), du Conseil des Barreaux Européens (CCBE) et de la Fédération des Barreaux d’Europe (FBE), demande, dans cet appel aux autorités iraniennes, que Madame Sakineh Mohammadi Ashtiani soit remise en liberté jusqu’à la tenue d’un nouveau procès respectant ses droits et conforme aux normes de l’équité et de la Justice. Les quatre organisations insistent également pour que ce nouveau procès ait lieu en présence d’observateurs internationaux et que Madame Sakineh Mohammadi Ashtiani y comparaisse libre et soit défendue par les avocats de son choix : « […] L’honneur d’un pays et son aptitude à la reconnaissance internationale dépendent aussi du respect du Droit, de la Justice et de la possibilité pour chacun de ses ressortissants d’avoir un procès équitable, juste, conforme au Droit et de bénéficier d’une défense indépendante […] » C’est pourquoi, l’AIJA, le CCBE, la FBE et l’UIA en appellent donc aux autorités iraniennes pour qu’elles renoncent à toute forme d’exécution et de traitements inhumains bafouant les droits de l’Homme les plus fondamentaux. Dans ce combat, les associations signataires ont réitéré leur soutien aux avocats iraniens qui luttent pour faire respecter les droits de la femme et agissent pour que soient abolies les peines de fouet, de lapidation ou tout autres traitements inhumains

Voici aussi les derniers rapports sur les cas de lapidations qui nous sont parvenus par différents collectifs iraniens. On y apprend qu’au moins sept sentences de morts et exécutions sommaires par lapidation ont été faites par les autorités de la dictature, au cours de ces quatre dernière années.

Voici le cas d’au moins 14 personnes qui risquent elles aussi la peine de mort par lapidation ; alors que la sentence de mort par lapidation de Mme Sakineh Mohammadi Ashtiani reçoit une attention internationale croissante, Iran Human Rightsa publié un court rapport sur les sentences de mort par lapidation en Iran.

Pour commenter ce rapport, Mahmood Amiry-Moghaddam, le porte-parole d’Iran Human Rights, a déclaré : « Ce rapport est basé sur des informations fiables fournies par des associations de droits de l’homme ainsi que par les autorités judiciaires iraniennes. Notre propos est de faire la lumière sur les faits concernant les cas de lapidation en Iran ».

Il a ajouté : « Contrairement à ce que les autorités iraniennes ainsi que certains médias déclarent sur les rares cas de lapidation en Iran, ce rapport démontre que le châtiment par lapidation a été pratiqué par les autorités iraniennes chaque année depuis quatre ans. Nous publions également les noms de 13 personnes, en plus de Mme Ashtiani, 10 femmes et 3 hommes qui attendent actuellement dans les prisons iraniennes d’être exécutés par lapidation ».

Amiry-Moghaddam conclut : « Nous espérons que l’attention internationale portée au dossier de Mme Ashtiani se portera également sur tous ceux qui sont condamnés à mort par lapidation et que ce mouvement continuera jusqu’à ce que ce châtiment barbare soit retiré du code pénal ».

Les informations que nous a transmises le site Iran Human Rights soulignent que les chiffres mentionnés dans ce rapport sont probablement plus bas que la réalité car la plupart des sentences de mort par lapidation prononcées par les autorités iraniennes sont décidées en secret et à cause également du manque d’information sur la plupart des prisons iraniennes. Néanmoins, tous les cas de lapidation ces quatre dernières années ont été soit confirmés officiellement (cinq cas) ou officieusement (deux cas) par les autorités iraniennes. La liste des personnes condamnées à mort par lapidation détenues dans les prisons iraniennes est basée sur des informations réunies par des membres de la campagne « Stop Stoning Forever » qui a débuté en Iran en 2006, ou de sources fiables via des avocats et des défenseurs des droits de l’homme en Iran.

Sept nouveaux cas de lapidation appliqués par les autorités iraniennes depuis mai 2006

  • Deux cas en mai 2006 :

Mahboubeh Mohammadi, qui aurait avoué sous la pression avoir commis un adultère, lapidé à mort avec Abbas Hajzadeh en mai 2006 à Mashad.

Abbas Hajizadeh, lapidé à mort en mai 2006 à Mashad.

  • Un cas en juillet 2007 :

Jafar Kiani, lapidé à mort en juillet 2007 dans le village de Aghche Qand près de Qazvin. Sa lapidation avait été reportée grâce à la pression internationale. Lapidation confirmée par les autorités iraniennes.

  • Trois cas en décembre 2008 :

Houshang Khodadadeh, lapidé à mort en décembre 2008 au cimetière de Mashad, avec deux autres hommes (voir ci-après). Mahmood Gh., citoyen afghan, a été lapidé avec Hoshang

Khodadadeh et un autre homme en décembre 2008. Mahmood a réussi à se dégager du sol et la lapidation a été interrompue comme le prévoit le code pénal iranien.

Un autre homme non-identifié a été lapidé à mort en même temps que Houshang Khodadadeh et Mahmood Gh (cas 4 et 5). Les autorités iraniennes ont confirmé l’information quelques semaines plus tard.

  • Un cas en mars 2009 :

Vali Azad, lapidé à mort en mars 2009 à Rasht. Il avait été condamné à mort par lapidation pour cause d’adultère. Sa mise à mort a été confirmée plus tard par le porte-parole des autorités judiciaires.

Voici donc la liste des codétenues de Sakineh qui attendent des exécutions sommaires et barbares par lapidation

  • Sakineh Mohammadi Ashtiani (43 ans) : actuellement détenue à la prison de Tabriz. Déjà condamnée à recevoir 99 coups de fouets pour avoir eu une relation immorale et à 10 ans de prison pour complicité dans le meurtre d son mari. Un tribunal l’a condamnée à mort par lapidation pour adultère. Grâce à une pression internationale massive, la sentence de lapidation a été suspendue, mais elle est en danger d’être exécutée par pendaison.
  • Kobra Babaei : actuellement détenue à la prison de Tabriz, mère d’une fille de 13 ans. Son mari Rahim Mohammadi, également condamné à mort par lapidation, a été pendu en 2009.
  • Azar Bagheri (19 ans) : actuellement détenue à la prison de Tabriz, condamnée à mort pour adultère à l’âge de 15 ans.
  • Iran Eskandari (31 ans) : actuellement détenue à la prison d’Ahvaz, mère d’un garçon de 13 ans, condamnée à cinq ans de prison pour complicité dans le meurtre de son mari et condamnée à mort par lapidation pour adultère en 2005. La sentence a été confirmée par la Cour Suprême en 2006.
  • Fatemeh : actuellement détenue dans une prison de Téhéran (probablement Evin), condamnée à une peine de rétribution pour sa participation au meurtre de son mari et condamnée à mort par lapidation pour adultère en 2005.
  • Maryam Ghorbanzadeh (25 ans) : actuellement détenue à la prison de Tabriz.
  • Hashemi-Nasab : actuellement détenue à la prison de Vakilabad à Mashad.
  • Ashraf Kalhori (41 ans) : actuellement détenue à la prison d’Evin à Téhéran. L’application de sa sentence de mort par lapidation a été suspendue en 2006 après un arrêt pris par le procureur général.
  • Une femme identifiée comme M. Kh. : actuellement détenue à la prison de Vakilabad à Mashad.
  • Sarimeh Sajjadi (31 ans) : actuellement détenue à la prison d’Oroumieh, mère de deux enfants, condamnée à mort par lapidation pour le même cas d’adultère que Boali Janfashani. La sentence a été confirmée par la Cour Suprême en 2009.
  • Kheyrieh Valania (42 ans) : actuellement détenue à la prison d’Ahvaz, condamnée à mort par lapidation en 2002. Elle a également été condamnée à une peine de prison pour complicité dans le meurtre de son mari, une accusation qu’elle a toujours niée.

Des hommes aussi doivent êtres exécutés de la même manière barbare par lapidation

  • Seyed Naghi Ahmadi : actuellement détenu à la prison de Sari, condamné à mort par lapidation pour adultère en 2008.
  • Boali Janfashani (33 ans) : actuellement détenu à la prison d’Oroumieh, père d’un enfant, condamné à mort par lapidation pour la même affaire que Sarimeh Sajjadi. La sentence a été confirmée par la Cour Suprême en décembre 2009.
  • Mohammad Ali Navid Khamami : actuellement détenu à la prison de Rasht, condamné à mort par lapidation en 2008. D’autre part, la fédération internationale des droits de l’homme vient de publier un nouveau rapport tout autant inquiétant sur de nouvelles exécutions à venir et des exécutions secrétes qui auraient eu lieu en Iran dans l’enceinte de la prison de Vakil Abad, à Mashad. [1]

D’autres informations en anglais sur la répression et les menaces d’exécutions de prisonniers politiques sur le site de la CFPPI :

http://www.iranpoliticalprisoners.com/

Vous pouvez également consulter la brochure en francais de la CFPPI.

Ebrahim Hamidi, 18 ans, attend d’être exécuté à cause de fausses accusations de sodomie. Son défenseur a dû fuir le pays.

Ce jeune Iranien, raconte le journal britannique « The Observer », a été arrêté en 2008 dans la banlieue de Tabriz, à l’ouest du pays. A la suite d’une rixe entre deux familles, le garçon a été accusé d’avoir tenté de violer un des membres du clan rival. En fait, le seul élément concret à charge est le fait que le pantalon du plaignant avait glissé « d’environ 20cm sous la taille » pendant la bagarre, rapporte le site Gay Middle East.

Hamidi aurait alors avoué son « crime » sous la torture, avant de se rétracter, tout comme son accusateur. Mais les juges sont restés sourds à ces revirements. La condamnation à mort a été maintenue sur la seule « intime conviction » du juge de la province d’Azerbaïdjan oriental, comme le permet la loi iranienne, ceci en dépit de deux avis de la Cour suprême.

L’affaire fait penser au cauchemar que vit actuellement Sakineh Ashtiani, une mère de famille de 43 ans qui a été condamnée à mort par lapidation sur de fausses dénonciations pour adultère et complicité de meurtre. De fait, Hamidi et Ashitani ont le même avocat : Mohammed Mostafei. Or ce dernier est arrivé ce weekend en Norvège, où il a obtenu le statut de réfugié, après avoir fui en Turquie. L’avocat, qui s’était spécialisé dans la défense des femmes et des jeunes, craignait pour sa vie et était visé par un mandat d’arrêt. Le mois dernier, sa femme a été arrêtée, et détenue dans une prison de Téhéran pendant près de deux semaines.

Manifestement, les autorités de la République islamique ont fort peu apprécié l’écho et la mobilisation internationale qu’avaient engendré la condamnation de Sakineh Ashtiani. Celle-ci n’est pas fixée sur son sort. Sa lapidation a toutefois été « suspendue temporairement », après l’intervention du président brésilien Lula Da Silva auprès de son homologue Mahmoud Ahmadinedjad. Reste à savoir si Hamidi pourra bénéficier d’une telle intervention de la part des rares alliés du régime iranien au sein du camp occidental.


Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :