Sakineh condamnée à 99 coups de fouet supplémentaires

4 09 2010

Article publié par le blog Dentelles et Tchador le 4 septembre 2010 :

Je viens d’apprendre par Sajjad Mohammadi Ashtiani, fils de Sakineh Mohammadi Ashtiani, Iranienne de 43 ans condamnée à la lapidation pour adultère, que sa mère venait d’être condamnée par les autorités iraniennes à 99 coups de fouet supplémentaires pour avoir propagé la « corruption et l’indécence » en raison de la publication d’une photo d’elle sans foulard dans le quotidien Times de Londres du 28 août dernier.

« C’est l’avocat de ma mère, Houtan Kian, qui l’a appris hier de détenues de la prison qui venaient d’être libérées », explique depuis la ville de Tabriz (Nord-ouest de l’Iran), Sajjad Mohammadi Ashtiani. « Il a ensuite pris contact avec le juge indépendant de la prison, qui a confirmé la peine ».

Le quotidien britannique Times a publié le 28 août dernier la photo d’une femme sans foulard qu’il a affirmé être Mme Ashtiani.

« Cette photo était en fait celle d’une autre femme, Susan Hejrat, activiste politique iranienne vivant en Suède », explique depuis Cologne (Allemagne) Mina Ahadi, présidente du Comité international contre la lapidation et les exécutions. « Dès que nous avons été mis au courant de la publication de cette photo par le London Times, puis par la suite par le quotidien suédois Aftonbladet, nous avons informé les quotidiens en question que la photo n’était pas celle de Sakineh Mohammadi Ashtiani ».

Le 3 septembre dernier, le London Times s’est excusé auprès de ses lecteurs dans un communiqué, et a expliqué que cette photo leur avait été fournie par Mohammad Mostafaei, ex-avocat de Sakineh. Le Times a également révélé que M. Mostafaei leur avait déclaré que cette photo lui avait été envoyée par Sajjad, le fils de Sakineh.

« Ce n’est pas moi qui ai donné à M. Mostafaei cette photo, qui n’est sûrement pas celle de ma mère », explique Sajjad Mohammadi Ashtiani. « De toute façon, nous avons congédié cet avocat dont le nom a été supprimé du dossier de défense de ma mère ».

Mohammad Mostafaei a été forcé de fuir la République islamique début août en raison d’un mandant d’arrêt gouvernemental à son encontre suite à sa révélation à la presse internationale du sort de sa cliente Sakineh. Sa femme, Fereshteh Halimi, a été emprisonnée pendant une semaine dans la prison d’Evin de Téhéran pour le faire revenir.

Jeudi, Fereshteh Halimi et sa fille Parmida, ont été autorisées à quitter la République islamique d’Iran et à rejoindre Mohammad Mostafaei à Oslo en Norvège.

Manifestement, malgré les affirmations du Times selon laquelle la photo publiée n’était pas celle de Sakineh Mohammadi Ashtiani, les autorités iraniennes semblent tout de même avoir décidé de la condamner à 99 coups de fouet supplémentaires, qui s’ajoutent à sa condamnation à mort par lapidation.

Sakineh Mohammadi Ashtiani, Iranienne de 43 ans, a été condamnée le 15 mai 2006 à 99 coups de fouet pour « relation illégale ». En septembre 2006, le dossier du meurtre de son mari a été rouvert et l’Iranienne a été condamnée à 10 ans de prison pour « complicité de meurtre », et à la lapidation pour adultère.

Même si après la vague de protestation internationale, la peine de lapidation a pour l’instant été suspendue, rien n’indique que l’Iranienne ne va tout de même être lapidée ou pendue dès la fin du mois de Ramadan, le 10 septembre prochain.


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One response

4 09 2010
André Sivrissarian

Quand on veut noyer son chien on dit qu’il a la rage…Mais Sakineh n’a que la rage de vivre.

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