Au bout de l’enfer avec Sakineh

15 09 2010

Article publié par « L’illustré » le 14 septembre 2010 :

Torturée comme Sakineh, sa compagne de cellule pendant deux ans, la journaliste Shanhaz Ghomani vient de trouver asile à Paris. Elle raconte leur amitié et l’horreur vécue dans la prison de Tabriz, en Iran.

Année 2007, prison de Tabriz, cellule 4. C’est dans cette chambre, juste à côté du local de chaufferie où ont lieu les pendaisons, que Shanhaz Ghomani et Sakineh font connaissance. Trentecinq condamnées à mort, presque un quart des prisonnières de Tabriz, y vivent entassées. Il n’y a que quatre lits superposés, réservés aux anciennes. Celles de ces femmes qui ont donné le jour à des enfants en prison partagent avec eux leur quotidien: privations de nourriture, humiliations, dénonciations, menaces et punitions.

Shahnaz Ghomani, 39 ans à l’époque, est la seule détenue politique du lot. C’est la deuxième fois qu’elle purge une peine de huit ans de réclusion, pour avoir simplement milité pour ses idéaux, justice, solidarité, liberté d’expression.

La première fois que cette journaliste a été arrêtée, elle avait 19 ans. Torturée pendant six mois, fouettée, brûlée sous la plante des pieds pour limiter les risques d’évasion, attachée les yeux bandés à un mur pendant des jours interminables, soumise aux gardiens qui arrivaient par surprise à n’importe quel moment pour la battre jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse, elle n’a jamais renoncé à ses convictions.

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Le recteur de la mosquée d’Evry soutient Sakineh

15 09 2010

Extrait d’un article du « Parisien« , 9 septembre :

Une autre personnalité – religieuse cette fois – apporte son soutien à Sakineh Mohammadi-Ashtiani, cette Iranienne condamnée à mort par lapidation pour plusieurs adultères, selon les autorités iraniennes.

Il s’agit du recteur de la mosquée d’Evry-Courcouronnes. Jeudi, Khalil Merroun a lancé «un appel aux mollahs» afin qu’ils annulent sa condamnation à mort. Son argumentaire est strictement religieux : selon lui, le constat des faits reprochés n’est pas conforme à la jurisprudence de la charia.

Selon lui, plusieurs éléments doivent être réunis «pour constater l’adultère»: «que quatre témoins oculaires dignes de confiance constatent l’acte de « la plume dans l’encrier »», qu’ils aient essayé de passer «un fil entre les deux corps» et «que l’accusée plaide coupable», précise Khalil Merroun.

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Ambiance de fin de régime

15 09 2010

Encore un diplomate qui donne sa démission.

«Je présente mes excuses au peuple iranien. […] Les dérives atteintes par la république iranienne ne me laissent pas le choix.» C’est par ces mots, cités par le journal Libération le 15 septembre, que Farzad Farhangian, diplomate de l’ambassade d’Iran en Belgique, a annoncé sa défection. Farhangian demande à présent l’asile.

Ces démissions de diplomates sont un des indices de l’ambiance fin de régime de la République Islamique.





Les bahaïs, minorité honnie par Téhéran

15 09 2010

Article publié par « Le Temps« , 15 septembre 2010 :

Non reconnu en Iran, le bahaïsme, fondé sur des croyances syncrétiques et modernistes, est malmené depuis sa création.

Petite, Maryam se souvient qu’on la traitait d’«impure» dans la cour de l’école. C’était il y a cinquante ans, avant l’avènement de la Révolution islamique. Foad, lui, se demande où sont passés les ossements de sa sœur depuis que le cimetière Golestan Djavid a été rasé au bulldozer, en 1993. Début août, sept membres de la communauté ont été condamnés à vingt ans de prison, l’un deux a déjà 77 ans. Depuis qu’ils existent, les bahaïs sont la minorité religieuse la plus persécutée par Téhéran. Pourquoi? Contactés par Le Temps, les diplomates iraniens en Suisse ont refusé de s’expliquer.

Régulièrement en Iran, contre la présence des bahaïs, des récoltes sont saccagées, des maisons brûlées, comme ici à Ivel, au nord du pays, en juin 2010.

«L’islam se considère comme la dernière religion, celles qui viennent ensuite irritent les dirigeants musulmans. Cela remet en cause leur vision du monde», souligne Mohammad-Reza Djalili, professeur à l’Institut de hautes études internationales et du développement, à Genève. Mahomet est le dernier prophète, mort à Médine en 632; il ne peut y en avoir d’autres. Or, le bahaïsme est né en Iran au XIXe siècle, de la révélation de l’aristocrate pacifiste Bahá’u’lláh, lequel se présentait comme un prophète entendant unifier l’humanité.

«Nous croyons en un créateur unique délivrant des messages à des époques et en des lieux différents, rapporte Maryam Nicollier, bahaïe résidant à Genève. La base de toutes les religions est la même, l’amour du prochain, mais les règles diffèrent selon les siècles et les endroits. Les exigences, ainsi, n’étaient pas les mêmes du temps de Jésus ou Mahomet. Bahá’u’lláh est le prophète le plus récent, mais il y en aura d’autres.»

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