Sakineh libérée de sa cellule quelques heures

2 01 2011

Elle, 2 janvier 2011 :

C’est une mise en scène dont l’Iran a le secret. Et ce n’est pas la première. Hier, Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée à la lapidation pour adultère a été libérée quelques heures. Le temps de faire de nouvelles confessions devant la presse pendant dix minutes, sans que les journalistes ne soient autorisés à lui poser de questions. « Je veux m’exprimer car beaucoup ont exploité (l’affaire) et dit que j’avais été torturée, ce qui est un mensonge », a-t-elle affirmé, vêtue d’un manteau noir et coiffée d’un foulard marron. « Laissez tomber mon affaire. Pourquoi me déshonorez-vous? ». Cette Iranienne, mère de deux enfants, a annoncé une série de plaintes qu’elle comptait déposer. Contre Mina Ahadi tout d’abord qui dirige le Comité international anti-lapidation dont le siège est à Cologne, Me Mohammad Mostafaie, son ancien avocat, son complice dans le meurtre de son époux, Issa Taheri et les deux Allemands arrêtés alors qu’ils interviewaient son fils Sajjad.

Son fils demande la clémence

Ce dernier a été libéré sous caution et s’est également exprimé devant la presse. « Je considère ma mère et Issa Taheri comme les meurtriers de mon père et les deux sont coupables. J’ai cru qu’elle serait libérée s’il y avait une polémique à propos de son dossier, mais cela ne s’est pas produit », a-t-il déclaré tout en réclamant la clémence pour sa mère et que sa peine soit donc commuée.

« Pour nous qui avons, pendant plusieurs semaines, été en contact avec Sajjad, ces “aveux” ne signifient rien. Lui comme sa mère ont dû être soumis, pour tenir pareils propos, à d’insoutenables pressions et, peut-être à des tortures », écrit sur le site de La Règle du jeu Bernard-Henri Lévy, très engagé dans le combat pour la libération de Sakineh. « Ces séances d’autocritique à répétition, cette façon de la tirer régulièrement de sa cellule pour lui faire avouer des crimes imaginaires, cette manière de lui faire dire que la campagne en sa faveur la déshonore en même temps qu’elle déshonore son pays, tout cela pourrait bien être annonciateur du pire. Le pouvoir iranien a décidé de faire de Sakineh un symbole. Plus que jamais, nous devons l’empêcher de gagner cette bataille du symbole », conclue le philosophe.

Rappel des faits

Le mari de Sakineh Mohammadi Ashtiani a été tué en 2005. L’année suivante, Sakineh a été reconnue coupable d’adultère et condamnée à mourir par lapidation. Face aux protestations internationales, la peine a été suspendue et est actuellement réexaminée par la Cour suprême. Sakineh a également été reconnue coupable de complicité du meurtre de son mari et risque la mort par pendaison.


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2 01 2011
Mohamed Chaari

Et voici ce que la torture psychologique produit quotidiennement. Il n’y a rien d’étrange dans ces déclarations illogiques qui sont le résultat de la solitude carcérale et de l’angoisse de mort. Ce n’est pas une victoire exceptionnelle pour les bourreaux et geôliers. C’est tout à fait quotidien dans les affaires psycho-politiques.

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