Interview de la mère de Madjid Tavakoli

12 01 2011

HNS Infos, 12 janvier 2011 :

Vendredi 7 janvier 2011 – Il y a deux jours, des agents de sécurité du ministère du renseignement de Shiraz ont envahi la résidence de la famille Tavakoli, détruisant le mobilier, confisquant tous les livres, papiers, ordinateurs et CD de la maison. Ali Tavakoli, le frère de Madjid, a également été convoqué au bureau d’enquête du ministère du renseignement et relâché après cinq heures d’interrogatoire.

Il faut noter que Madjid Tavakoli, Bahareh Hedayat et Mahdyeh Golrou viennent d’être convoqués au bureau du procureur pour un nouveau procès entre autres pour avoir publié des mensonges contre le régime. On dit que Madjid Tavakoli est soumis à de grandes pressions pour faire une déclaration contre le mouvement Vert et renier les lettres qui lui sont attribuées soutenant le mouvement Vert.

Dans une interview récente donnée à Jaras, Madame Tavakoli parle de l’attaque des agents du ministère du renseignement, de la convocation de son fils Ali Tavakoli au ministère du renseignement et des dernières nouvelles de Madjid.

Madame Tavakoli, pouvez-vous nous parler de l’attaque récente de votre maison ?

Ils venaient du ministère du renseignement. Ils ont mis la maison à sac et enlevé beaucoup d’effets personnels de mes fils.

Ont-ils expliqué le pourquoi de cette attaque et de ce type de conduite ?

Non. Nous ne comprenons pas pourquoi ils sont venus chez nous ou pourquoi ils ont détruit notre maison. C’est une sorte de torture psychologique. Je ne comprends pas pourquoi ils se conduisent comme ça.

Votre fils Ali a également été convoqué au ministère du renseignement ?

Oui. Ils l’ont relâché après un interrogatoire de cinq heures.

Sur quoi a-t-on interrogé votre fils ?

Ils ont demandé à mon fils pourquoi il avait rendu visite à Monsieur Mehdi Karroubi et Abdollah Nouri et d’autres questions du même genre.

Quelles sont les dernières nouvelles de votre fils Madjid toujours incarcéré ?

Madjid est actuellement à la prison de Radjaï Shshar à Karadj. Comme c’est très loin de Shiraz et que son père et moi sommes malades, nous ne pouvons malheureusement pas aller le voir. Son frère Ali a bénéficié de deux droits de visite. Cela fait treize mois que je n’ai pas vu le visage de mon Madjid.

Pouvez-vous parler à Madjid au téléphone ?

Oui, enfin s’ils nous y autorisent. Habituellement, c’est Madjid qui appelle, mais ce n’est pas comme le voir pour me rendre compte de son état physique. Et puis il n’en dit pas trop au téléphone pour ne pas m’inquiéter. Je peux cependant dire qu’il a un bon moral au son de sa voix, et j’en remercie Dieu.

La libération provisoire de prison est un droit pour chaque prisonnier. Votre fils a-t-il pu en bénéficier ?

Chaque prisonnier a des droits et Madjid devrait aussi pouvoir bénéficier d’une libération provisoire, et pourtant, à ce jour, il n’a pas eu le droit d’en bénéficier.

Madame Tavakoli, vous avez l’air très triste et vous semblez ne pas avoir le moral. Pouvez-vous parlez de vos désirs en tant que mère ?

Je n’ai pas pu voir mon Madjid depuis qu’il est en prison. J’ai été privée de la vue de mon fils depuis 13 mois. Son père, qui souffre de ses disques intervertébraux, l’a vu une fois et son frère Ali a eu le droit de le voir deux fois. Malheureusement, à cause de notre maladie et de la longue distance (un voyage de 16 heures) nous ne pouvons pas aller le voir.

J’espère qu’ils comprennent ce que c’est pour une mère de ne pas voir son fils pendant treize mois. Plutôt que de nous traiter ainsi et de nous soumettre à toute cette torture psychologique, j’attends des autorités qu’elles se mettent à ma place en tant que mère et qu’elles relâchent mon fils. Ils m’ont dit de ne pas donner d’interview et j’ai obéi par respect pour eux. Je n’ai rien dit de ma souffrance et pourtant, voilà comment ils me répondent avec toute cette cruauté.

Vous a-t-on demandé ne n’informer personne sur votre fils incarcéré ?

Oui. Ils m’ont dit de ne pas donner d’interview. Quand nous nous plions à leur demande et appelons pour avoir des nouvelles de mon fils, ils refusent de nous en donner et nous raccrochent même au nez. Alors comment nous faire entendre ? Comment informer sur ce qu’ils nous font endurer ? Des tactiques comme l’attaque de la résidence d’une mère dont le fils est derrière les barreaux est en elle-même une forme de torture.

Combien y avait-il d’agents durant l’attaque de votre résidence ? Qu’avez-vous ressenti ?

Quatre individus sont arrivés à notre maison. J’étais en état de choc quand ils ont attaqué notre résidence. J’ai prié l’Imam Hossein et Fatemeh Zahra. Ca me rappelait le désert de Kerbala. Je ne savais pas quoi dire. Je ne pensais à ce moment qu’à l’Imam Hossein et à Zeynab Kobra. Je me souvenais de leur innocence et de leur sens de l’exil.

Quelle a été leur réaction à votre état de détresse ?

Rien. Ils ont continué à mettre à sac notre domicile puis ont dit à mon fils d’aller au ministère du renseignement. J’étais sans nouvelles de lui et je continuais à prier Dieu. Je ne pouvais rien faire. Je continuais à demander à Dieu de nous sauver. Quand mon fils Ali a appelé pour dire qu’il rentrait à la maison, je me suis sentie un peu mieux.

Madame Tavakoli, nous voudrions profiter de l’occasion pour faire entendre la voix d’une mère à notre nation et aux responsables de notre pays. Nous vous demandons de nous faire partager vos pensées.

J’espère que tous les prisonniers seront libérés. J’espère que mon Madjid soit libre et puisse nous revenir. Mon Madjid n’a rien à se reprocher. Il n’a commis aucun crime. Il ne devrait pas être derrière les barreaux. Madjid n’a fait que prononcer un discours. Ces messieurs disent avec insistance que Madjid n’est pas en prison pour ce discours, mais c’est exactement pour ça que mon Madjid est en prison.

A une mère malade, sans défense, il ne reste rien d’autre que de compter les moments qui la sépare de la vue de son enfant. Je demande aux autorités de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour permettre à cette mère de voir son fils une fois de plus alors qu’elle est encore en vie. Je suis malade, je souffre et même si je supporte tout ça, je n’arrive pas à supporter mon éloignement de mon Madjid. Que puis-je y faire, si je suis incapable de supporter les souffrances de mon fils ? Si quelqu’un m’entend, s’il vous plaît, faites tout ce qui est en votre pouvoir pour me permettre de voir le visage de mon fils une fois encore avant qu’il ne soit trop tard.

Merci de nous avoir accordé de votre temps.

Source : Jaras

http://www.rahesabz.net/story/30481/


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