Intervention au Parlement Européen contre les exécutions en Iran

16 02 2011

Le 15 février, le Comité International Contre les Exécutions était invité à une conférence de presse organisée par le groupe de la Gauche Européenne / Gauche Verte Nordique au Parlement Européen à Strasbourg. Cette conférence était présidée par Marie-Christine Vergiat (Parti de Gauche, France) et Cornelia Ernst (Die Linke, Allemagne).

Intervention de notre camarade Pascal faite au nom du Comité International Contre les Exécutions :

Depuis le début de l’année 2011, les exécutions et la répression s’intensifient en Iran. Amnesty International a comptabilisé un minimum de 80 exécutions en janvier, soit une exécution toutes les huit heures. Il faut ajouter qu’en plus des exécutions annoncées officiellement par la presse du régime, il manque parfois d’informations pour certaines catégories de prisonniers comme par exemple pour les réfugiés afghans.

Si, pour nous la peine de mort est une barbarie et doit être abolie sans condition et pour tous les délits, on se doit de préciser que parmi les victimes de ces dernières semaines on compte plusieurs prisonniers politiques. Le 26 décembre 2010, la mobilisation de la population de Sanandaj, capitale du Kurdistan d’Iran, avait réussi à sauver Habibollah Latifi, prisonnier politique kurde. Mais, le 28 décembre, ce sont Ali Saremi et Ali Akbar Siadat, deux prisonniers politiques, qui ont été pendus à Téhéran. Le 15 janvier, c’est Hossein Kehzri, prisonnier kurde, qui a été exécuté, le 24 Jafar Kazemi et Mohammad Ali Hajaghaei et le 29 janvier, c’est Zahra Bahrami, citoyenne irano-néerlandaise, arrêtée suite aux manifestations insurrectionnelles du 27 décembre 2009, qui a été assassinée par le régime.

Ces exécutions, qu’elles touchent des prisonniers politiques ou de droit commun, ont, avec la répression qui s’abat contre des militant(e)s politiques, des droits humains, des droits des femmes, des militants ouvriers et autres opposant(e)s, un but : celui de terroriser la population pour permettre la survie du régime. De nombreux prisonniers politiques sont toujours dans les couloirs de la mort comme Zeinab Jallalian par exemple. Car, hier encore, 14 février, encouragé par les succès populaires récents contre les dictatures en Tunisie et en Egypte, le peuple d’Iran est à nouveau descendu dans les rues, que ce soit à Téhéran, à Chiraz, à Kermanshah ou à Ispahan.

Depuis le soulèvement de 2009, la population a clairement dit qu’elle ne voulait plus de ce régime de terreur, de répression et d’apartheid sexiste. Et c’est pour cette raison que la République Islamique multiplie et intensifie les exécutions et les massacres. Aujourd’hui, 15 février, des dignitaires du régime parlent même d’exécuter les leaders de l’opposition officielle qui n’est pourtant pas opposée à la République Islamique en tant que telle.

Il est pourtant possible de mettre fin à ce bain de sang en renforçant la pression sur la République Islamique. Récemment, la campagne internationale et les pressions concernant Sakineh ont stoppé, au moins pour le moment, son exécution.

La première des solidarité c’est le droit d’asile. La question des réfugiés est importante. Les restrictions contre le droit d’asile dans tous les pays d’Europe touchent également des iraniennes et des iraniens qui fuient la dictature. Récemment, en Grèce, des réfugiés d’Iran avait mené une grève de la faim et de la soif pour éviter d’être expulsé et pour ce qui est de la France, un opposant iranien en exil est actuellement sous le coup d’une obligation de quitter le territoire.

Enfin, si nous nous opposons bien sûr, non seulement à toute intervention militaire contre l’Iran, mais aussi aux sanctions économiques qui ne font que faire souffrir la population, la communauté internationale peut retirer la légitimité du régime islamique en lui refusant de siéger à l’ONU, à l’OIT ou ailleurs, en fermant ses ambassades à l’étranger, pour montrer que non, des assassins comme Khamenei ou Ahmadinejad et autres responsables des tueries actuelles et passées, ont leurs places devant des tribunaux pour y être jugés pour crimes contre l’humanité, mais ne représentent en rien le peuple d’Iran.

La solidarité internationale a, par le passé, aidé le peuple d’Afrique du Sud à se libérer de l’apartheid raciste, et de la même façon, la solidarité internationale peut aider le peuple d’Iran à en finir avec plus de 30 ans de crimes, de répression et d’apartheid sexiste.


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One response

17 02 2011
bahareiran

Bravo!
Merci pour défendre les droits des prisonniers politiques.
Si vous voulez, vous pouvez ajouter le lien de mon blogue http://www.bahareiran.wordpress.com et http://www.bahareiranfr.wordpress.com (en français)
Soraya

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