Vive la révolution pour le pain et la liberté !

24 02 2011

Intervention de Yadi Kohi, militant du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran (PCOI) lors du meeting du 24 février à Lyon en solidarité avec les révolutions au Maghreb et au Moyen-Orient :

Cher(e)s camarades

J’interviens au nom du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran. Et au nom du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran, je salue le peuple Tunisien, Egyptien, Libyen, Algérien et tous les autres qui sont entrés dans ce formidable mouvement révolutionnaire contre les dictatures et pour le pain et la liberté.

Comme vous le savez, nous avons déjà connu en Iran une révolution contre la monarchie. Je voudrais revenir sur cette révolution pour montrer comment une révolution avance mais aussi comment elle peut-être brisée par la bourgeoisie.

En 1964, la monarchie déclare la révolution blanche. A ce moment le peuple d’Iran va vers les grandes villes, Tabriz, Mashhad, Téhéran, etc pour aller travailler dans les usines. Beaucoup restent dans les banlieues des grandes villes et ont besoin de logements. Les gens se construisent des cabanes et la police, la gendarmerie et les bulldozers viennent les détruire.

En 1978, ces gens commencent à résister à la police, d’abord avec des portraits du Shah. Ils crient « vive le Shah » et manifestent contre les gendarmes et la police. Puis, les gens ont commencé à jeter les posters du Shah et à crier « marg bar Shah » (mort au Shah). Ce mouvement a existé partout, dans toutes les grandes villes. Quand ce mouvement s’est encore développé, le Shah a réprimé, fait tirer sur les manifestations. Mais les gens n’ont pas reculé et les manifestations se sont développés encore plus. Puis le Shah est intervenu à la télévision pour dire « j’ai entendu votre révolution, je fais quelque chose pour vous » et il a changé de premier ministre, qui était au pouvoir depuis 13 ans. Le lendemain, les manifestations ont continué et les gens disaient que le Shah devait dégager. Le Shah a encore changé le gouvernement, pour remplacer le gouvernement civil par un gouvernement militaire. Les manifestations ont continué et les gens continuaient à dire que le Shah devait dégager. Le Shah a encore changé le gouvernement et a mis Bakhtiar, ancien opposant, premier ministre. Mais les protestations ont continué. Les pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, l’Italie, la France et d’autres, ont alors décidé de laisser tomber le Shah et de soutenir Khomeini. C’est ainsi que les Etats occidentaux, avec la BBC, CCN, etc. ont mis les projecteurs sur Khomeini et ont fait sa publicité. La bourgeoisie mondiale n’a pas trouvé quelqu’un de mieux de Khomeini, quelqu’un « made in Iran », pour écraser la révolution.

De 1979 à 1981, Khomeini a permis de reconstruire l’appareil d’Etat et le système de la bourgeoisie en Iran qui avait été attaqués par la révolution. La révolution de 1978-1979 était une révolution pour la liberté et l’égalité qui a été écrasée par Khomeini et son mouvement islamiste politique. Il a fallu deux ans pour que Khomeini, par la répression, les meurtres, la terreur et les exécutions brise la révolution de 1979. C’est en 1981 que la contre-révolution, dirigée par Khomeini et les islamistes gagne contre la population.

Cela fait maintenant 32 ans que nous vivons en Iran sous la République Islamique. 32 ans de meurtres, de répression, d’apartheid sexiste et d’humilation contre les femmes, 32 d’exécutions et de lapidation, et 32 ans de misère pour les ouvriers alors que les mollahs se partagent des milliards de dollars. En juin 2009, le peuple d’Iran est descendu par millions dans les rues pour dire qu’il ne voulait plus de ce régime. Encore une fois le régime a répondu par des condamnations à mort, la terreur, la torture et les viols dans les prisons. Pourtant, malgré la répression, la classe ouvrière n’a jamais cessé de protester et de faire grève, essentiellement ces derniers mois pour obtenir le paiement des salaires. Avec le souffle des révolutions en Tunisie et en Egypte, les protestations de masse dans les rues ont recommencé le 14 février 2011 où le slogan le plus populaire était « mort à Khamenei ». De nouvelles protestations ont éclaté dans toutes les villes le 20 février malgré les importantes forces de répression.

La population d’Iran veut en finir avec le régime islamique, elle veut que Khamenei dégage comme ont dégagé Ben Ali et Moubarak. Mais le départ du dictateur ne suffit pas, les exigences minimales les plus claires du peuple d’Iran pour sa révolution sont la séparation complète de l’Etat et de la religion, c’est-à-dire la laïcité, l’égalité totale entre les femmes et les hommes, l’abolition de la peine de mort, et des salaires qui offrent une vie décente à chaque travailleur et à chaque être humain.

Comme tous les êtres humains de ce monde, nous voulons une vie meilleure.

Vive la révolution pour le pain et la liberté !

Vive le socialisme !

Yadi Kohi, Parti Communiste-Ouvrier d’Iran, Lyon 24 février


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25 02 2011
Lyon : Succès du meeting internationaliste du 24 février « Révolution en Iran

[…] Lire l’intervention faite par Yadi Kohi au nom du PCOI. […]

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