« Nous, les ouvriers de Parsilon, avons faim »

4 03 2011

Extraits de Dentelles et Tchador, 4 mars 2011 :

C’est le genre de banderole qui n’aurait jamais dû exister. Qui plus est en plein discours présidentiel de Mahmoud Ahmadinejad, prononcé devant une foule triée sur le volet, parfois même “encouragée” à se déplacer.

Mais mardi dernier, dans la ville de Khoramabad, (région du Lorestan, ouest du pays), au milieu des innombrables drapeaux de la République islamique et des femmes en tchador noir, immortalisés par une photographie de l’agence de presse officielle ISNA, censée venter l’accueil triomphant réservé au président iranien, une subtile banderole a défrayé la chronique.

Brandie à quelques mètres à droite de Mahmoud Ahmadinejad, en lettres rouges sur fond blanc, on peut y lire :

« Nous, les ouvriers de (l’usine) Parsilon, avons faim », une bannière signalée par l’excellent blog anglais « Persian Letters ».

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Au nord comme au sud de la Méditerranée : Qu’ils dégagent tous !

4 03 2011

Editorial du numéro de mars de « Communisme-Ouvrier« , bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Après Ben Ali le 14 janvier, c’est Moubarak qui a, sous la pression de la rue, des grèves ouvrières et des manifestations, du quitter le pouvoir. Le formidable mouvement révolutionnaire commencé en Tunisie n’en finit pas de s’étendre : malgré la répression sanglante, avec des armes vendus par l’Etat et les capitalistes français, les jours de Kadhafi sont comptés, et les manifestations, grèves et protestations touchent désormais toute l’Afrique du Nord et tout le Moyen-Orient. Du Maroc à l’Iran, partout, la classe ouvrière et la population se lèvent pour le pain, la liberté et la dignité humaine. La même colère, la même révolte et les mêmes slogans apparaissent dans toute la région, que les régimes soient désignés « pro-occidentaux » ou « anti-occidentaux ». A la propagande du régime islamique qui affirmait que le peuple d’Egypte voulait l’application de la Charria, la population iranienne a répondu par de puissantes protestations les 14 et 20 février, criant « Moubarak, Ben Ali, et maintenant au tour de Said Ali » (c’est-à-dire Khamenei, le « leader suprême » du régime). En Irak, après des années d’occupation et de guerres sectaires entre réactionnaires religieux et nationalistes, chiites et sunnites, kurdes et arabes s’unissent dans une même lutte pour exiger une vie meilleure. Des manifestations sont déjà prévues le 20 mars dans cette monarchie ultra réactionnaire qu’est l’Arabie Saoudite, et, à des milliers de kilomètres des protestations se préparent en Chine alors que, pour la première fois depuis des décennies on a manifesté en Corée du Nord.

A l’inverse de l’espoir qui monte dans le coeur de celles et ceux qui souffrent de l’ordre capitaliste actuel, tous les régimes, Etats et gouvernements réagissent effrayés, devant la montée des protestations. Monarchistes, nationalistes kurdes ou arabes, islamistes ou démocrates occidentaux, tous les partis et toutes les fractions de la bourgeoisie locale comme internationale cherchent, par tous les moyens, à éteindre l’incendie. Sans parler du bain de sang en Libye, commis avec des armes françaises, les exécutions s’intensifient en Iran pour terroriser la population et les 14 et 20 février, les forces du régime ont assassiné à Téhéran et à Chiraz alors que la répression des manifestations du 26 février au Maroc ont fait un mort à Fez et des dizaines de blessés à Agadir dont trente camarades du groupe « Marxistes Révolutionnaires ». En Palestine, les deux factions rivales de la bourgeoisie, le Hamas qui contrôle la Bande de Gaza et le Fatah au pouvoir au Cisjordanie, ont toutes les deux réprimé les manifestations de soutien à la révolution en Egypte, alors que le gouvernement israélien faisait part de son soutien à Moubarak, démontrant une fois encore que bourgeois et politiciens peuvent se faire des guerres, que les populations paient par le sang et la mort, mais qu’ils se retrouvent bien unis face à la révolte des exploité(e)s. En Egypte, la junte militaire au pouvoir tente, après le départ de Moubarak, de mettre fin aux grèves ouvrières, et les Etats-Unis ont cherché toutes les possibilités de nouveau gouvernement pour remplacer Moubarak, allant jusqu’à discuter avec les Frères Musulmans qui ont oublié leur rhétorique anti-impérialiste pour répondre présents.

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