Déclarations contradictoires concernant Sakineh

17 01 2011

Elle, 17 janvier 2011 :

La peine de mort par pendaison infligée à l’Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani aurait été suspendue. Une information émise par la présidente du Comité des droits de l’Homme du Parlement iranien, Zohre Elahian, dans une lettre envoyée à la présidente brésilienne Dilma Roussef. De prime abord, la nouvelle sonne comme un soulagement. Pourtant, c’est bien la méfiance qui prévaut. Parce que cette information provient des autorités iraniennes, coutumières des déclarations contradictoires (on se souvient de la diffusion de plusieurs clichés de cette mère de deux enfants, dans sa maison, en Iran, laissant penser qu’elle avait été libérée : un leurre orchestré de toutes pièces par les dirigeants iraniens).

Mais aussi, parce qu’elle vient d’être démentie par un autre responsable iranien de l’administration judiciaire qui assure qu’« aucun changement ou développement n’est intervenu dans la procédure concernant l’affaire Sakineh Mohammadi Ashtiani et diffuser des informations à cet égard est erroné ».
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La condamnation à mort de Sakineh bientôt commuée ?

2 01 2011

Après son fils, Sajjad, hier, c’est aujourd’hui Sakineh elle-même qui est interviewée, sous contrôle des agents de la République Islamique, par la presse internationale à Tabriz. Lors de cette interview, Sakineh déclare, entre autre, vouloir porter plainte contre les deux journalistes allemands, son ancien avocat  Mohammad Mostafaie et contre Mina Ahadi, porte-parole du Comité International Contre la Lapidation, à l’origine de la campagne internationale pour la sauver et la faire libérer. Ces déclarations n’ont rien de surprenantes, Sakineh est toujours emprisonnée et sous pression des agents du régime islamique, et les shows télévisés où les victimes du régime joue un rôle mis en scène par les agents du même régime est une pratique courante en Iran. Le 10 décembre déjà, Press TV, la télévision officielle du régime en langue anglaise, avait fait une émission d’une heure sur Sakineh. Confronté à une vague de solidarité internationale avec Sakineh, la République Islamique cherche, avec ces shows médiatiques, à se refaire une image sur la scène internationale, mais ne montre que le visage d’un régime agonisant.


Dépêche AFP du 2 janvier 2011 :

La peine de mort par lapidation de l’Iranienne Sakineh Mohammadi-Ashtiani, condamnée pour adultères, pourrait encore être annulée, a estimé dimanche un haut responsable de la Justice iranienne, « des ambiguïtés » demeurant dans les preuves apportées dans cette affaire.

Interrogé sur la possibilité d’annuler cette peine prononcée contre Mme Mohammadi-Ashtiani, le chef de la Justice de la province d’Azerbaïdjan oriental, Malek Ajdar Sharifi, a estimé que « tout est possible ».

Selon ce responsable, cité par l’agence Fars, certains « doutes » demeurent encore quant aux « preuves » dans l’affaire de Sakineh, ce qui a retardé la prise d’une décision finale.

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Liberté pour Sakineh, Houtan et les deux journalistes

2 01 2011

Communiqué de presse du Comité International Contre la Lapidation et du Comité International Contre les Exécution, 1 janvier 2011 :

Sajjad est libre et implore la clémence dans l’affaire de sa mère
Sakineh, Houtan et les deux journalistes doivent être immédiatement libérés

Selon les nouvelles diffusés par différents médias, le fils de Sakineh Mohammadi Ashtiani, Sajjad Ghaderzadeh, qui a été libéré sous caution de la prison de Tabriz, a déclaré aujourd’hui, 1er janvier, aux médias étrangers qu’il espère la clémence à propos de la peine de lapidation et d’exécution de sa mère. Sajjad, sous pression depuis trois mois en cellule d’isolement, de tortures et de menaces, privé du droit d’avoir un avocat ou tout lien avec le monde extérieur, était forcé de parler contre sa mère et a déclaré aux médias étrangers que sa mère était impliquée dans la mort de son père. Ces aveux forcés est le moyen par lequel la République Islamique traite les prisonniers depuis des décennies, et aujourd’hui, les gens, non seulement en Iran mais dans le monde entier, se sont familiarisés avec cette pratique inhumaine de la République Islamique.

La République Islamique, confrontée à une puissante campagne internationale pour sauver Sakineh, a suspendu indéfiniment la peine de lapidation de Sakineh, mais recherche toujours une occasion pour l’exécuter. Le danger d’exécution menace toujours Sakieh, particulièrement dans la situation actuelle où la République Islamique met en oeuvre un nombre croissant d’exécutions, le danger que Sakineh soit exécutée est plus aigüe que jamais.

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Sakineh libérée de sa cellule quelques heures

2 01 2011

Elle, 2 janvier 2011 :

C’est une mise en scène dont l’Iran a le secret. Et ce n’est pas la première. Hier, Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée à la lapidation pour adultère a été libérée quelques heures. Le temps de faire de nouvelles confessions devant la presse pendant dix minutes, sans que les journalistes ne soient autorisés à lui poser de questions. « Je veux m’exprimer car beaucoup ont exploité (l’affaire) et dit que j’avais été torturée, ce qui est un mensonge », a-t-elle affirmé, vêtue d’un manteau noir et coiffée d’un foulard marron. « Laissez tomber mon affaire. Pourquoi me déshonorez-vous? ». Cette Iranienne, mère de deux enfants, a annoncé une série de plaintes qu’elle comptait déposer. Contre Mina Ahadi tout d’abord qui dirige le Comité international anti-lapidation dont le siège est à Cologne, Me Mohammad Mostafaie, son ancien avocat, son complice dans le meurtre de son époux, Issa Taheri et les deux Allemands arrêtés alors qu’ils interviewaient son fils Sajjad.

Son fils demande la clémence

Ce dernier a été libéré sous caution et s’est également exprimé devant la presse. « Je considère ma mère et Issa Taheri comme les meurtriers de mon père et les deux sont coupables. J’ai cru qu’elle serait libérée s’il y avait une polémique à propos de son dossier, mais cela ne s’est pas produit », a-t-il déclaré tout en réclamant la clémence pour sa mère et que sa peine soit donc commuée.

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L’étrange conférence de presse de Sakineh

2 01 2011

RTL, 2 janvier 2011 :

Sakineh Mohamadi Ashtiani a vécu une soirée de liberté. Cette iranienne de 43 ans, condamnée à la lapidation pour adultère a été autorisée, samedi, à quitter sa cellule, le temps d’un dîner en famille. Elle en a profité pour tenir une curieuse conférence de presse devant les médias étrangers. Elle y a expliqué vouloir porter plainte contre deux journalistes allemands venus interviewer son fils et emprisonnés depuis en Iran. Les autorités iraniennes reprochent aux deux Allemands d’être entrés en Iran en tant que touristes et non en tant que journalistes. Elle a également demandé aux journalistes de cesser de plaider sa cause. Les circonstances dans lesquelles cette conférence de presse a été organisée font évidemment polémique.





Plus de 80 célébrités appellent à libérer Sakineh

13 12 2010

Dépêche AP, 13 décembre 2010 :

Plus de 80 célébrités, parmi lesquelles Cate Blanchett, Robert Redford, Robert de Niro et Sting, ont publié lundi une lettre ouverte au régime iranien pour demander la libération de Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée à la mort par lapidation.

« Sakineh Mohammadi Ashtiani a assez souffert », écrivent les signataires, dont font aussi partie l’acteur Colin Firth, l’artiste plasticien Damien Hirst, les Nobel de littérature Wole Soyinka et V.S. Naipaul, l’ancien ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner et le dirigeant de l’opposition travailliste britannique Ed Miliband. Agée de 43 ans, Sakineh a passé cinq ans en prison et 99 coups de fouet, ajoutent-ils.

La lettre ouverte, publiée en « Une » du « Times » de Londres, appelle le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei et le président ultra-radical Mahmoud Ahmadinejad à remettre en liberté Sakineh, son fils et son avocat, également détenus.

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Amnesty International dénonce les « aveux » télévisés de Sakineh

12 12 2010

Communiqué d’Amnesty International, 10 décembre 2010 :

Amnesty International condamne vendredi 10 décembre les informations selon lesquelles la chaîne de télévision Press TV, contrôlée par l’État iranien, a prévu de diffuser ce soir de nouveaux « aveux » d’une femme iranienne qui risque d’être exécutée par lapidation ou pendaison.

« S’il s’avère exact que l’émission programmée le 10 décembre présente de nouveaux  » aveux  » télévisés de Sakineh Mohammadi Ashtiani, il importe de ne pas sous-estimer ses possibles conséquences sur cette affaire, a indiqué Philip Luther, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Si les autorités cherchent à utiliser ces  » aveux  » en vue de forger un nouveau dossier contre elle, pour un crime pour lequel elle a déjà été jugée et condamnée, nous dénoncerons cette manœuvre dans les termes les plus vifs. »

Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée à une peine de 10 ans d’emprisonnement en 2006 pour le meurtre de son époux. D’après son avocat, sa peine a par la suite été réduite à cinq ans pour « complicité » de meurtre.

Sakineh Mohammadi Ashtiani a également été condamnée à être exécutée par lapidation pour « adultère en étant mariée ». Elle est incarcérée à la prison de Tabriz, dans la province de l’Azerbaïdjan oriental, dans l’attente des conclusions de la révision judiciaire de cette condamnation.

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Sakineh victime des conflits entre Téhéran et les provinces iraniennes

12 12 2010

Le Monde, 11 décembre 2010 :

Fariba Adelkhah, anthropologue et spécialiste de l’Iran au Centre d’études et de recherches internationales (CERI – Sciences Po), estime que le cas de Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée à mort pour adultère et complicité d’assassinat de son mari, illustre les relations complexes en Iran entre le pouvoir central et les provinces « autonomistes ».

Qu’en est-il aujourd’hui de la procédure judiciaire concernant Sakineh Mohammadi Ashtiani ?

Fariba Adelkhah : La procédure judiciaire relève d’un tribunal de première instance de la province d’Azerbaïdjan de l’Est [dans le nord-ouest de l’Iran], la décision a donc été prise de manière autonome par rapport à Téhéran. La position du pouvoir central n’a pas été respectée car selon la demande du ministre de la justice iranienne, depuis 2007, toute peine de lapidation doit être commuée en peine de pendaison. Et cela dans un pays où la peine de mort existe, ce que naturellement je déplore.

Cette affaire nous apprend donc que Téhéran ne peut pas toujours imposer son autorité et ses vues sur les décisions prises dans les provinces.

Dans certaines provinces, notamment les provinces frontalières, la loi locale, la loi familiale et la loi tribale priment sur la loi de la République. Et d’autant plus ici, où le meurtre du mari de Sakineh est doublé d’une histoire familiale : le mari assassiné et l’amant présumé sont cousins. Il ne faut pas sous-estimer la part de la vendetta dans cette affaire.

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Sakineh passe aux aveux à la télévision, les ONG crient à la mascarade

11 12 2010

20 minutes, 11 décembre 2010 :

C’est la quatrième fois que Sakineh Mohammedi Ashtiani passe à la télévision pour une confession. Son avocat et son fils ont toujours répété par le passé que les aveux étaient extorqués via la torture et la coercition.

Dans une émission diffusée vendredi soir sur la télévision d’Etat et filmée à son domicile, elle a décrit comment elle avait drogué son mari pour le rendre inconscient avant que son amant ne l’électrocute. Elle a montré ‘sur un acteur jouant son mari’ comment son amant avait placé un câble autour de sa cheville et de sa taille. «Au bout du 7e essai, mon mari ne bougeait plus. Il était mort», a-t-elle dit.

«Mascarade»

«Une telle reconstitution est un acte de théâtre mélodramatique pour tenter de convaincre la communauté internationale qu’elle est coupable», a dénoncé le directeur de l’ONG International Campaign for Human Rights. Le Comité international contre la lapidation a pour sa part dénoncé «une mascarade, du théâtre qui n’a aucune valeur».

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Sakineh, Sajjad, Houtan et les deux journalistes allemands doivent immédiatement être libérés

10 12 2010

Communiqué du Comité International Contre la Lapidation et du Comité International Contre les Exécutions, 10 décembre 2010 :

La mascarade télévisée de la République Islamique d’Iran contre Sakineh et Sajjad doit être dénoncée

Sakineh, Sajjad, Houtan et les deux journalistes allemands doivent immédiatement être libérés

La République Islamique d’Iran a annoncé qu’elle diffuserait de nouveau des “interviews” avec Sakineh Mohammadi Ashtiani et son fils, Sajjad Ghaderzadeh, via sa chaîne de télévision en langue anglaise Press TV, aujourd’hui, 10 décembre, Journée Internationale des Droits Humains. Press TV veut diffuser de supposés aveux télévisées obtenus sous la torture. Press TV espère ainsi répondre à la vague de protestation de millions d’individus à travers le monde en jouant le rôle de l’interrogateur.

La fausse nouvelle de la libération de Sakineh et Sajjad a été rapidement diffusée dans le monde entier le 9 décembre et a amené une vague internationale de solidarité et d’euphorie. De toute évidence, partout dans le monde, les millions de personnes qui ont protesté et se sont mobilisées, attendent avec angoisse le moment de leur libération ainsi que celles des deux journalistes allemands et de l’avocat de Sakineh.

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