Occupation en Irak et critique de l’anti-impérialisme

7 08 2011

Solidarité Irak, 7 août 2011 :

Cet article est paru dans le n° spécial commun d’Offensive et de Courant alternatif consacré aux luttes de libération nationales en juin 2011.

L’occupation de l’Irak par la coalition militaire dirigée par les USA a été l’occasion de vifs débats sur la question de l’anti-impérialisme. L’existence d’un mouvement jouant un rôle significatif dans les luttes ouvrières et féministes dans l’Irak occupé, sur des bases politiques en rupture avec les « luttes de libération nationale », a permis de soulever le débat sur des bases concrètes. Cet article vise à mettre en évidence les principales étapes de la genèse de ce courant, depuis la révolution iranienne jusqu’aux manifestations actuelles en Irak. En effet, pour en comprendre l’origine, il faut se tourner d’abord vers la révolution iranienne de 1979 et son écrasement par la république islamique.

La révolution iranienne

Dès l’année 1978, le régime monarchique du Shah d’Iran est ébranlé par les manifestations et les grèves. Deux mouvements puissants, mais qui se rencontrent difficilement : la jeunesse étudiante, très influencée par l’extrême-gauche, et le mouvement ouvrier, qui va bientôt s’organiser en conseils ouvriers, les shuras. Reza Shah Pahlavi, monarque absolu appuyé par une police politique omniprésente, la savak, est soutenu par les USA. L’Iran fait alors partie des dictatures réactionnaires qui constituent autant de pièces dans l’échiquier de l’impérialisme américain en lutte avec l’Union soviétique.

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Merde à l’impérialisme occidental ! Merde à l’islamisme politique !

29 12 2010

Partout dans le monde, en en particulier au Moyen-Orient où les populations crèvent de ces guerres entre ces deux pôles du terrorisme international que sont le militarisme occidental et l’islamisme politique, des voix s’élèvent pour affirmer qu’elles en ont assez d’être prises en otages par les différentes fractions réactionnaires qui ensanglantent le monde. Depuis toujours, et plus encore particulier depuis 2001 et l’invasion de l’Afghanistan suivie de l’occupation de l’Irak en 2003, nous avons toujours combattu les barbaries des différentes puissances impérialistes au Moyen-Orient sans soutenir les bandes réactionnaires islamistes ou nationalistes. Nous avons toujours mis en avant, au contraire, notre solidarité avec les organisations ouvrières, les mouvements de femmes et les luttes pour la liberté et l’égalité qui avancent au Moyen-Orient les mêmes aspirations à une vie meilleure que les luttes ouvrières d’Europe ou d’Amérique. Là, c’est depuis la Bande de Gaza, une de ces régions du monde où la population crève, derrière les murs de l’apartheid, des bombardements criminels du militarisme israélien, étouffe des exactions des bandes islamistes du Hamas, que s’élève un « Manifeste de la jeunesse de Gaza » qui commence par ces mots : « Merde au Hamas. Merde à Israël. Merde au Fatah. Merde à l’ONU et à l’Unrwa. Merde à l’Amérique ! » pour finir par cette aspiration, « Nous voulons être libres, nous voulons vivre, nous voulons la paix. »

Femmes israéliennes et palestiniennes au Check-point de Ramallah, 8 mars 2007

En Europe, y compris au sein des mouvements qui se disent progressistes, il a souvent semblé difficile de faire partager ce refus tant de l’oppression israélienne que celle des réactionnaires du Hamas et des corrompus du Fatah pour parler de liberté, de paix, de justice et d’égalité, bref de nos aspirations universelles, en Israël et en Palestine.  Cette fois, c’est de la Bande de Gaza qu’une voie s’élève pour affirmer ces refus. Et c’est bien de ces refus que peut naître un espoir pour toutes celles et tous ceux qui, en Irak, en Afghanistan, en Palestine, en Israël, en Iran et ailleurs, rêve d’un autre monde, libéré du racisme, de la guerre, du fanatisme religieux, du machisme et de l’oppression.

Manifeste de la jeunesse de Gaza

Merde au Hamas. Merde à Israël. Merde au Fatah. Merde à l’ONU et à l’Unrwa (1). Merde à l’Amérique ! Nous, les jeunes de Gaza, on en a marre d’Israël, du Hamas, de l’occupation, des violations permanentes des droits de l’homme et de l’indifférence de la communauté internationale.

Nous voulons crier, percer le mur du silence, de l’injustice et de l’apathie de même que les F16 israéliens pètent le mur du son au-dessus de nos têtes, hurler de toute la force de nos âmes pour exprimer toute la rage que cette situation pourrie nous inspire. Nous sommes comme des poux coincés entre deux ongles, nous vivons un cauchemar au sein d’un autre cauchemar. Il n’y a pas d’espace laissé à l’espoir, ni de place pour la liberté. Nous n’en pouvons plus d’être piégés dans cette confrontation politique permanente, et des nuits plus noires que la suie sous la menace des avions de chasse qui tournent au-dessus de nos maisons, et des paysans innocents qui se font tirer dessus simplement parce qu’ils vont s’occuper de leurs champs dans la zone «de sécurité», et des barbus qui se pavanent avec leurs flingues et passent à tabac ou emprisonnent les jeunes qui ont leurs idées à eux, et du mur de la honte qui nous coupe du reste de note pays et nous enferme dans une bande de terre étriquée.

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Faux amis… et vrais ennemis

25 08 2010

Nous n’avons pas attendu l’appel de Bernard-Henri Levy pour nous mobiliser contre la lapidation, la peine de mort et plus largement contre la République Islamique d’Iran. Pour les camarades iranien(ne)s cela fait 31 ans que le combat est mené, dans les rues, les usines et les universités des grandes villes, dans les montagnes du Kurdistan ou en exil. Ce combat n’est pas une lutte nationaliste, mais entre dans une lutte plus générale pour l’émancipation de l’humanité. Et cette lutte pour l’émancipation de l’humanité se dirige non seulement contre le régime de la République Islamique d’Iran mais plus généralement contre l’ensemble des dirigeants de cette planète, qu’ils oppriment et exploitent sous le drapeau de la religion, la bannière étoilée ou le fanion tricolore.

Depuis les manifestations insurrectionnelles du mois de juin 2009, et même avant depuis la contre-révolution islamique qui a brisé et réprimé le formidable élan populaire et les conseils ouvriers de la révolution de 1978-1979, nous avons toujours rappelé notre opposition résolue à toute intervention militaire ou sanctions économiques contre l’Iran. Loin d’être en guerre contre l’Iran, nous sommes solidaires de sa population, de ses femmes et de sa classe ouvrière qui luttent pour en finir avec 31 ans de barbaries, d’exécutions, d’apartheid sexiste, de misère et d’oppression.

BHL est connu pour avoir soutenu toutes les aventures militaristes des Etats occidentaux, des bombardements sur la Yougoslavie et leurs « dommages colatéraux » à l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak. Pour ne prendre que ces deux pays, il est facile de constater que l’occupation impérialiste, non seulement a ajouté à la population les souffrances de la guerre, mais n’a en rien favorisé les droits humains en général et les droits des femmes en particulier. En Irak, c’est sous l’oeil bienveillant des troupes d’occupation américaines que la Charia est entrée dans la législation, quant à l’Afghanistan, c’est bien Karzaï, chef de l’actuel République Islamique d’Afghanistan (c’est le nom officiel de ce régime), qui, il y a un an, a instauré des lois discriminatoires dignes des Talibans à l’encontre des femmes chiites, leur interdisant de sortir du domicile sans l’autorisation du mari ou du gardien et légalisant le viol conjugal. C’est ce même gouvernement Karzaï qui, aujourd’hui cherche l’alliance avec une fraction des Talibans alors même que, récemment, on apprenait qu’un couple avait été lapidé dans le nord du pays. Une intervention militaire contre l’Iran, non seulement est humainement inacceptable vu ce qu’elle signifierait pour nos soeurs et frères de classe qui vivent dans ce pays, mais serait le meilleur cadeau qui pourrait être fait au régime. Depuis toujours, nous avons proclamé que la seule solution, à la fois humaine et radicale, pour en finir avec 31 années de réaction moyen-âgeuse en Iran, c’est la révolution. Et pour accomplir cette révolution, la classe ouvrière et plus généralement la population iranienne peut certes compter sur les travailleuses et les travailleurs du monde entier, mais en aucun sur les Etats existants, quels qu’ils soient. Rappelons qu’en 1991, à la fin de la guerre du Golfe, les Etats-Unis et leurs alliés ont donné les moyens à Saddam Hussein pour réprimer l’insurrection ouvrière au Kurdistan. Les Etats peuvent se chamailler et même se faire la guerre, ce qu’ils craignent le plus au monde, c’est justement la révolte des exploité(e)s, où que ce soit.

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L’hypocrisie des Etats : L’impérialisme français et le régime fasciste iranien, main dans la main

12 05 2010

Article publié par la Coordination des Groupes Anarchistes sur les liens entre l’impérialisme français et la république Islamique d’Iran :

Le développement de la révolte populaire qui a eu lieu en Iran à l’occasion de la mascarade électorale organisée par le régime fasciste au pouvoir, a donné lieu à quelques grandes déclarations de l’Etat français sur la « défense des droits de l’homme ». L’Etat français tente ainsi de nous faire croire qu’il est opposé au régime iranien, ou tout du moins à sa fraction la plus réactionnaire, selon la rhétorique bien rodée de la « défense de la démocratie ».

Cela passe d’abord par la présentation faite par les médias bourgeois français de cette révolte, réduite à une contestation électoraliste, alors que l’Iran connait depuis plusieurs années un développement des luttes populaires face au régime : grèves ouvrières réprimées dans le sang, syndicalistes emprisonnés suite à des luttes sociales, mouvements étudiants, lutte des femmes contre la violence du régime patriarcal. Le silence des médias concernant cette montée en puissance des luttes vise à accréditer l’opinion selon laquelle il s’agirait là d’une lutte ayant pour seul cadre les institutions du régime fasciste iranien (et ainsi promouvoir l’une des fractions au pouvoir), alors qu’une part croissante de la population n’attendait rien des élections mais a saisi l’opposition entre deux fractions du régime et le coup de force d’Ahmadinedjad pour tenter d’élargir ses libertés.

L’Etat français, relayé par ces médias, a multiplié les déclarations condamnant la « répression » des manifestants, une répression pourtant qui ressemble fortement à ses pratiques face à la contestation sociale, par exemple la technique utilisée par les policiers anti-émeutes, qui s’apparente à celle des voltigeurs ayant abouti à la mort de Malek Oussekine lors des mouvements Devaquet.

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Pourquoi nous nous opposons à la guerre et aux sanctions

19 02 2010

Article d’Afshin Nikouseresht publié par Iran Solidarity Melbourne le 16 février 2010. Cet article explique pourquoi il faut s’opposer à toute guerre ou sanctions économiques contre l’Iran tout en rejetant les principaux arguments d’une certaine « gauche anti-impérialiste » en faveur du régime islamique.

Les gens qui suivent les débats au sein du mouvement pro-démocratique iranien ces derniers mois, ont peut-être eu échos des récentes accusations que certains secteurs et individus de fractions d’orientation réformiste du mouvement ont faites contre les sections les plus révolutionnaires du mouvement. Plus précisément, certains gens qui pensent que le mouvement devrait se restreindre à des réformes dans le cadre de la République Islamique ont lancé une campagne pour discréditer ceux qui demandent la fin du règne de la République Islamique comme condition préalable à des réformes démocratiques en Iran.

Un célèbre penseur religieux nationaliste, Monsieur Sahabi, a le mois dernier réprimandé les iraniens de l’étranger pour leur forte utilisation de slogans contre la République Islamique et on dit qu’Akbar Ganji, un autre célèbre penseur et militant religieux, aurait il y a quelques semaines accusé à Londres les iraniens qui soutiennent le renversement de la République Islamique par des moyens révolutionnaires de soutenir une invasion de l’Iran par des puissances étrangères comme les Etats-Unis ou Israël. A ce jour, la transcription de ce discours n’est pas disponible, et nous ne pouvons pas le vérifier, mais le fait est que résultent des tensions entre les deux courants dans le mouvement toutes sortes d’accusations infondées. Et en plus, ces accusations infondées sont utilisées entre les mains des ennemis du mouvement qui disent que le mouvement serait lié à l’étranger et l’accuse, implicitement ou explicitement, d’être une cinquième colonne américaine ou israélienne pavant la voie à une attaque militaire contre l’Iran.

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