Lettre d’une victime de viol en détention

11 04 2010

Lettre ouverte, publiée par Street Journalist le 11 avril 2010, de Bahareh Maghami, actuellement réfugiée en Allemagne après avoir été violée en détention par des agents des forces de répression.

Mon nom est Bahar (Printemps en persan). C’est le printemps et je vous écris avec des fleurs, mais avec des fleurs aux pétales éparpillés. Je vous écris avec du vert et des germes, mais des germes écrasés et piétinés par la haine, la haine envers la beauté, envers tout ce qui est beau et qui est brisé par des âmes laides, la haine à l’encontre de celles et ceux qui veulent la justice par une bande de vendus. Je vous écris à propos de ceux qui ne sont pas de vrais hommes.

Mon nom est Bahareh Maghami, 28 ans, et il ne reste plus rien de moi, et je n’ai plus de raison de cacher mon nom. J’ai perdu tout ce qui était important à mes yeux en une seule journée. J’ai perdu mes proches et mes ami(e)s, des voisins et mes compagnons, mes collaborateurs et mes collègues. Je les ai tous perdus. Ceux qui prétendent être des hommes m’ont injustement volée tout cela. Ils ont volé ma vie. Maintenant que j’ai quitté le pays, je veux partager ma peine avec quelqu’un, même si ce n’est qu’une fois. Je voudrais aussi demander à d’autres amies qui ont fait l’expérience d’une souffrance similaire d’écrire. Elles doivent écrire ce qui leur est arrivé. Même si elles craignent pour leurs vies ou leur dignité, elles peuvent utiliser des pseudonymes, mais elles doivent écrire. Elles doivent écrire pour que l’histoire sache ce qui est arrivé à notre génération, à cette génération en deuil. Elles doivent écrire aussi pour que celles et ceux qui viendront après nous et vivront dans un Iran libre sachent le prix qui a été payé pour leur liberté, combien de vie ont été brûlées et comment l’espoir a disparu, ils doivent savoir à propos des dos brisés et des genoux pliés !

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Tortures et atrocités dans les prisons

6 04 2010

Vidéo montrant les traces de tortures et de viols commis dans une prison de la République Islamique à l’encontre de jeunes manifestants.





En prison pour avoir refusé le hidjab

22 02 2010

Témoignage d’une iranienne réfugiée en Suède qui a refusé le hidjab dans une ville du sud de l’Iran, a été arrêtée et condamnée à trois ans de prison pour cela. Elle raconte ensuite comment, après deux ans de prison, trois hommes des forces de répression l’ont battue, violée à cinq reprises et lui ont cassé la jambe (en suédois sous titré en anglais).





Des journalistes et des prisons en Iran

17 02 2010

Article publié le 17 février sur le site du « Courrier International » :

Les arrestations massives de journalistes en Iran ont été dénoncées mardi 16 février par le Comité de protection des journalistes. Amnesty international s’inquiète aussi particulièrement de la situation de trois détenus. L’occasion pour plusieurs journaux de rappeler les terribles conditions de détention en Iran.

« Amnesty international alerte sur les conditions de détention des journalistes Saïd Leilaz, Bahman Ahmadi-Ahmouee et Keyvan Samimi et demande leur libération immédiate », relate le webzine Mardomak. Ces trois journalistes, dont Courrier international reprenait souvent les textes, ont été emprisonnés à la suite de la contestation populaire du mois de juin en Iran. Ils font partie des 47 journalistes, blogueurs ou écrivains actuellement sous les verrous en Iran, selon le Comité de Protection des journalistes, qui a donné mardi 16 février des chiffres accablants sur la situation de la presse dans le monde. Pour Reporters sans frontières, le nombre de journalistes emprisonnés en Iran serait de 65, un chiffre jamais atteint jusqu’ici depuis la création de RSF en 1985. Les chiffres demeurent difficiles à établir, certaines personnes disparaissant plusieurs semaines avant que les familles ne sachent ce qu’ils sont devenus.

Le 10 février dernier, le journaliste irano-canadien Maziar Bahari, qui a lui-même passé 118 jours en prison en Iran, adressait une lettre ouverte au guide suprême iranien Ali Khamenei. Il y raconte la torture qu’il a subie en prison et appelle à la libération de ses collègues, qui selon lui ne souhaite pas un changement de régime, mais simplement de pouvoir travailler. « La plupart des journalistes, même ceux qui sont critiques du gouvernement actuel, sont convaincus qu’il est possible de vivre et de travailler en Iran, même sous la censure. (…) Notre seule demande à notre gouvernement est de ne pas nous emprisonner, de ne pas nous torturer, de ne pas nous tuer ».

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«J’ai le devoir de parler des viols»

6 02 2010

Témoignage publié par Libération le 4 février 2010 :

Brisant un tabou, l’Iranien Ibrahim Mehtari raconte sa détention, en août, les violences et humiliations subies pour avoir défié le régime.

C’est l’un des tout premiers récits sur ce qui demeure un tabou absolu en Iran : le viol de manifestants et d’opposants dans les centres de détention. Ce que Mehdi Karoubi, l’un des trois principaux chefs de file de l’opposition, avait brusquement révélé fin juillet, s’attirant des menaces de mort, des insultes et des poursuites judiciaires de la part du régime islamique, un jeune journaliste de 27 ans vient de le confirmer. Battu pendant cinq jours, Ibrahim Mehtari a aussi été violé par l’un de ses tortionnaires qui, précise-t-il, s’est servi d’un bâton. C’est sous son propre nom qu’il a raconté à Libération sa terrible captivité qu’il a vécue les yeux bandés. Il a montré des photos qui témoignent des coups reçus, y compris les violences sexuelles.

A peine avait-il commencé à raconter que son ami, un autre journaliste, a préféré quitter la pièce. «Vous voyez, insiste Ibrahim Mehtari, dès que l’on parle de viol, il préfère s’en aller. Pourtant, il faut en parler. Ce que fait aussi un autre journaliste, Ibrahim Sharefi. Il ne faut pas avoir honte. Bien sûr, j’ai reçu des pressions, y compris de ma famille qui pense que c’est honteux. C’est ce régime, qui croit obéir à des valeurs sacrées, qui devrait avoir honte de violer ceux qu’il fait arrêter. Pas moi. C’est un devoir d’en parler.»

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Le régime nie les crimes commis

7 10 2009

Dépêche AFP du 7 octobre 2009 :

Photo : Esmail Ahmadi Moghadam, chef de la police iranienne.

Le chef de la police iranienne a affirmé mercredi qu’une enquête avait conclu qu’aucun cas de viol n’avait été constaté dans une prison de Téhéran où avaient été incarcérés des manifestants, contrairement aux accusations de l’opposition, a indiqué l’agence Isna.

« Il a été prouvé qu’aucun viol n’a été commis à Kahrizak » un centre de détention situé dans le sud de Téhéran et qui a été fermé en juillet, a déclaré Esmail Ahmadi Moghadam ajoutant toutefois que « des délits y ont été commis ».

Les responsables de l’opposition ont affirmé que plusieurs prisonniers, hommes et femmes, avait été violés à Kahrizak. Les autorités iraniennes avaient déjà démenti ces accusations.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a ordonné en juillet la fermeture du centre de détention déclaré « non conforme aux normes ».

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Encore à propos des viols dans les prisons du régime islamique

2 10 2009

Reportage de CNN daté du 2 octobre 2009 qui reprend le témoignage d’Ebrahim. Ce jeune homme ayant fuit récemment l’Iran pour la Turquie déclare avoir été violé en détention et être menacé de mort, ainsi que sa famille, par le régime. Il raconte également d’autres tortures commises par les agents du régime. A ceux qui refusent de le croire, il répond en disant qu’en témoignant sur ce qu’il a subi devant une caméra, il a « cassé un tabou dans la société iranienne » et que c’est comme avoir « commis un suicide social » (en anglais).