Iraniens et Israéliens refusent d’être ennemis

17 08 2012

Solidarité Ouvrière

Une fois encore, le bruit des bottes résonne au Moyen-Orient avec, une fois encore, la menace d’une guerre entre Israël et l’Iran. Dans les états-majors des deux pays et à la tête des gouvernements, on ressort les vieux discours nationalistes, bellicistes et militaristes, parfois teintés de religion. Mais, tant en Israël qu’en Iran, la population, les gens, ne veulent pas mourir pour les intérêts des puissants.

Comme au mois  de mars, des dizaines de milliers d’habitant(e)s d’Iran et d’Israël utilisent les réseaux sociaux, comme les pages Iran-loves-Israel et Israel-loves-Iran, pour échanger, au-delà des appels à la guerre des chefs d’Etats, et dénoncer les menaces de guerre.

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L’hypocrisie du régime : vidéo d’un mollah se frottant à une femme dans un bus

11 07 2012

France 24, 10 juillet 2012 :

Sur cette vidéo amateur, un membre du clergé islamique iranien est filmé en train de tripoter avec insistance une femme dans un bus. Selon notre Observatrice, une étudiante iranienne, ce genre de comportement lubrique est fréquent en Iran de la part des religieux. Elle-même en a fait les frais.

Filmée en gros plan par un passager du bus, la vidéo n’est pas claire pendant la première minute. Pourtant, à 0’54 seconde, on comprend que le religieux frotte ses doigts à travers sa robe contre le bas ventre d’une passagère du bus qui se trouve à côté de lui. Le visage de la femme n’apparaît pas et à aucun moment on entend sa voix, il est donc difficile de dire si ces derniers se connaissaient, ou encore si la femme était ou non consentante. Selon la description de la vidéo sur YouTube, la scène a été filmée dans un bus de la ville de Masshad, au nord-est du pays. Nos Observateurs iraniens confirment que l’accent des passagers du bus est bien celui des habitants de la région.

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Entretien avec Asqar Karimi

21 02 2012

La Bataille Socialiste, 20 février 2012 :

Asqar Karimi est président du bureau politique du Parti communiste-ouvrier d’Iran. Dans cette interview en plusieurs parties, il nous raconte son combat politique contre le régime du Chah d’Iran, puis de l’Ayatollah Khomeiny et son engagement dans la guérilla de Komala.

1) « On se considérait comme des Fedayin, mais on ne connaissait même pas leurs buts. »

La première chose que j’aimerais savoir, c’est où tu es né ?

Dans une petite ville au sud de l’Iran, Abarkû, entre Yazd, Ispahan et Chiraz, en 1952. J’ai habité là jusqu’à mes 15 ans. Ensuite, je suis allé étudier à Arvhâz, au Khuzestan, pendant un an, puis j’ai déménagé pour Chiraz, un an aussi, enfin la dernière année de lycée, j’étais à Ispahan, pour deux semaines. Mais c’était très cher, alors je suis allé à Abâdeh, une ville près de la mienne. Quand j’ai fini le lycée, je suis partie à l’université technique. J’ai étudié quatre ans jusqu’à mon arrestation et condamné à huit ans de prison, en 1975. Mais pendant la révolution, j’ai été libéré en février 1979. Je n’ai jamais terminé mes études.

Pourquoi est-ce que tu as été arrêté ?

Parce que j’avais participé à des manifestations à l’université et aussi, parce que j‘étais en lien avec l’organisation des Fedayin [organisation d’extrême-gauche pratiquant la guérilla urbaine], j’avais lu quelques livres, j’en avais fait circuler, voilà…

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Une brève histoire des organisations ouvrières en Iran

13 08 2011

Article de Saeed Salehinia, militant du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran, sur l’histoire des organisations ouvrières en Iran, Juillet 2011 :

Introduction:

L’histoire de l’émergence des travailleurs en Iran commence au début du vingtième siècle. Avec l’évolution de la lutte des classes, les organisations de travailleurs ont aussi évolué. Deux modèles distincts d’organisations peuvent être identifiées à travers l’histoire de la lutte des classes et de la dynamique entre la dictature et le mouvement de la gauche en Iran, avec différentes caractéristiques d’action et de fonction :
1- Le mouvement syndical (des années 1920 à nos jours)
2- Le mouvement des conseils et des assemblées générales (de la révolution de 1979 à nos jours).

Cet article cherche à mettre brièvement en lumière ces traits sus-mentionnés dans le mouvement ouvrier en Iran.

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Occupation en Irak et critique de l’anti-impérialisme

7 08 2011

Solidarité Irak, 7 août 2011 :

Cet article est paru dans le n° spécial commun d’Offensive et de Courant alternatif consacré aux luttes de libération nationales en juin 2011.

L’occupation de l’Irak par la coalition militaire dirigée par les USA a été l’occasion de vifs débats sur la question de l’anti-impérialisme. L’existence d’un mouvement jouant un rôle significatif dans les luttes ouvrières et féministes dans l’Irak occupé, sur des bases politiques en rupture avec les « luttes de libération nationale », a permis de soulever le débat sur des bases concrètes. Cet article vise à mettre en évidence les principales étapes de la genèse de ce courant, depuis la révolution iranienne jusqu’aux manifestations actuelles en Irak. En effet, pour en comprendre l’origine, il faut se tourner d’abord vers la révolution iranienne de 1979 et son écrasement par la république islamique.

La révolution iranienne

Dès l’année 1978, le régime monarchique du Shah d’Iran est ébranlé par les manifestations et les grèves. Deux mouvements puissants, mais qui se rencontrent difficilement : la jeunesse étudiante, très influencée par l’extrême-gauche, et le mouvement ouvrier, qui va bientôt s’organiser en conseils ouvriers, les shuras. Reza Shah Pahlavi, monarque absolu appuyé par une police politique omniprésente, la savak, est soutenu par les USA. L’Iran fait alors partie des dictatures réactionnaires qui constituent autant de pièces dans l’échiquier de l’impérialisme américain en lutte avec l’Union soviétique.

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Sur les révolutions en Egypte, Tunisie et en Iran

6 03 2011

Article de Mostafa Saber, membre du Comité Central et du Bureau Politique du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran, sur les révolutions au Moyen-Orient et en Afrique du Nord :

1.Les révolutions en Egypte, en Tunisie et bien sûr en 2009 en Iran, malgré leurs différences et leurs spécificités, ont des caractéristiques historiques et universelles communes. Caractériser ces révolutions (dans le contexte des mouvements récents révolutionnaires et d’opposition au Yémen, en Algérie et en Jordanie) comme des événements du « monde islamique », du « monde arabe » ou comme « régional » (Moyen-Orient et Afrique du Nord) explique certains aspects de ces évènements, mais ignore leurs caractéristiques essentielles et déterminantes. Ces mouvements et révolutions populaires sont l’étendard d’une nouvelle ère radicale et révolutionnaire à l’échelle mondiale. C’est une nouvelle page de l’histoire de la lutte des classes à l’ère du capital globalisé, et en apparence, cela n’a pas encore un impact mondial plus important que la « fin de la guerre froide » et le « 11 septembre », il n’en aura pas moins que ces deux événements. La différence c’est que si la « chute de l’Union Soviétique » et la « guerre au terrorisme » étaient dans le cadre de la lutte entre différents pôles bourgeois, et ont servi de tremplin à la réaction et au recul, les révolutions récentes se dressent contre ces évolutions réactionnaires et marquent le  début d’une période de participation large et directe de la classe ouvrière et de la population révolutionnaire dans la mise en place de changements sociaux mondiaux.

2. Ces révolutions et transformations mentionnées plus haut ont tout d’abord surgit dans le contexte économique et politique du capitalisme mondial de la fin du 20ème siècle et du début du 21ème siècle, en particulier celui des dix dernières années.  Les causes fondamentales de ces changements -la révolution technologique continue (depuis les années 1970), l’expansion rapide et sans précédent du capitalisme et du marché mondial à un niveau où des milliards d’êtres humains à travers le monde partagent le même sort d’esclaves salariés- se développent toutes. D’un côté, il y a un renforcement de la crise économique mondiale, une expansion exponentielle de la pauvreté relative, une explosion sans précédent du nombre de chômeurs, d’affamés et de personnes dépourvues de droits, dans la population. De l’autre, il y a une expansion historique de la richesse accumulée, une oligarchie de banques et d’institutions financières, une poignée de multimilliardaires, qui tous volent les êtres humains et pillent l’environnement naturel.

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Au nord comme au sud de la Méditerranée : Qu’ils dégagent tous !

4 03 2011

Editorial du numéro de mars de « Communisme-Ouvrier« , bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Après Ben Ali le 14 janvier, c’est Moubarak qui a, sous la pression de la rue, des grèves ouvrières et des manifestations, du quitter le pouvoir. Le formidable mouvement révolutionnaire commencé en Tunisie n’en finit pas de s’étendre : malgré la répression sanglante, avec des armes vendus par l’Etat et les capitalistes français, les jours de Kadhafi sont comptés, et les manifestations, grèves et protestations touchent désormais toute l’Afrique du Nord et tout le Moyen-Orient. Du Maroc à l’Iran, partout, la classe ouvrière et la population se lèvent pour le pain, la liberté et la dignité humaine. La même colère, la même révolte et les mêmes slogans apparaissent dans toute la région, que les régimes soient désignés « pro-occidentaux » ou « anti-occidentaux ». A la propagande du régime islamique qui affirmait que le peuple d’Egypte voulait l’application de la Charria, la population iranienne a répondu par de puissantes protestations les 14 et 20 février, criant « Moubarak, Ben Ali, et maintenant au tour de Said Ali » (c’est-à-dire Khamenei, le « leader suprême » du régime). En Irak, après des années d’occupation et de guerres sectaires entre réactionnaires religieux et nationalistes, chiites et sunnites, kurdes et arabes s’unissent dans une même lutte pour exiger une vie meilleure. Des manifestations sont déjà prévues le 20 mars dans cette monarchie ultra réactionnaire qu’est l’Arabie Saoudite, et, à des milliers de kilomètres des protestations se préparent en Chine alors que, pour la première fois depuis des décennies on a manifesté en Corée du Nord.

A l’inverse de l’espoir qui monte dans le coeur de celles et ceux qui souffrent de l’ordre capitaliste actuel, tous les régimes, Etats et gouvernements réagissent effrayés, devant la montée des protestations. Monarchistes, nationalistes kurdes ou arabes, islamistes ou démocrates occidentaux, tous les partis et toutes les fractions de la bourgeoisie locale comme internationale cherchent, par tous les moyens, à éteindre l’incendie. Sans parler du bain de sang en Libye, commis avec des armes françaises, les exécutions s’intensifient en Iran pour terroriser la population et les 14 et 20 février, les forces du régime ont assassiné à Téhéran et à Chiraz alors que la répression des manifestations du 26 février au Maroc ont fait un mort à Fez et des dizaines de blessés à Agadir dont trente camarades du groupe « Marxistes Révolutionnaires ». En Palestine, les deux factions rivales de la bourgeoisie, le Hamas qui contrôle la Bande de Gaza et le Fatah au pouvoir au Cisjordanie, ont toutes les deux réprimé les manifestations de soutien à la révolution en Egypte, alors que le gouvernement israélien faisait part de son soutien à Moubarak, démontrant une fois encore que bourgeois et politiciens peuvent se faire des guerres, que les populations paient par le sang et la mort, mais qu’ils se retrouvent bien unis face à la révolte des exploité(e)s. En Egypte, la junte militaire au pouvoir tente, après le départ de Moubarak, de mettre fin aux grèves ouvrières, et les Etats-Unis ont cherché toutes les possibilités de nouveau gouvernement pour remplacer Moubarak, allant jusqu’à discuter avec les Frères Musulmans qui ont oublié leur rhétorique anti-impérialiste pour répondre présents.

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